vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102617 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 novembre 2021 complétée par un mémoire enregistré le 23 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Beyrand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser une somme de 16 000 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) subsidiairement d'ordonner une expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier universitaire de Reims a commis une faute en pratiquant par erreur une kyphoplastie sur la vertèbre T12 avant de réitérer cette intervention sur la vertèbre L1 ;
- si l'expert a évalué les souffrances endurées du fait d'une double intervention à 2/7, le montant de ce poste de préjudice doit être fixé à 10 000 euros ;
- le préjudice esthétique, évalué à 0,5/7 par l'expert, doit être fixé à 1 000 euros ;
- le préjudice d'agrément correspond à 5 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par Me Cariou, conclut à ce que le montant de l'indemnisation soit ramené à de plus justes proportions, sans prescrire de nouvelle expertise.
Il fait valoir que s'il admet le principe de sa responsabilité, les demandes sont excessives, et que, dès lors qu'une expertise a été réalisée en toute indépendance par un médecin compétent, une nouvelle expertise n'est pas justifiée.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2024 par une ordonnance du 15 avril 2024.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deschamps, rapporteur,
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une chute survenue le 10 février 2021, Mme B a été admise au centre hospitalier de Troyes où a été diagnostiquée notamment une fracture du plateau supérieur de la vertèbre lombaire L1. Elle a été transférée le 11 février 2021 au centre hospitalier universitaire de Reims en vue d'une kyphoplastie qui a été pratiquée le 13 février 2021 vers 11 heures. A son réveil, la patiente a été informée d'une erreur de localisation, la kyphoplastie ayant été effectuée sur la vertèbre thoracique T12, et elle a été à nouveau opérée à 17 heures sur la vertèbre L1. Son assureur a présenté en son nom au centre hospitalier universitaire de Reims une demande indemnitaire qui a été rejetée par une décision du 1er octobre 2021. Au vu d'un rapport d'expertise amiable déposé le 2 novembre 2021, Mme B demande la condamnation du centre hospitalier de Reims à l'indemniser de ses préjudices.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes des dispositions de l'article L.1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. En se méprenant sur la localisation de l'intervention chirurgicale, alors que l'examen radiographique pratiqué au centre hospitalier de Troyes avait permis de diagnostiquer une fracture de la vertèbre L1, le centre hospitalier universitaire de Reims a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
Sur les préjudices :
4. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B souffre d'une raideur du rachis lombaire et de douleurs qui apparaissent dans le courant de l'après-midi et sont en lien spécifique avec la faute. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 7, en retenant une indemnisation de 1 800 euros.
5. D'autre part, la réalisation d'une intubation inutile a engendré deux orifices de trocart supplémentaires. Le préjudice esthétique en résultant, évalué par l'expert à 0,5 sur une échelle de 7, sera indemnisé à hauteur de 500 euros.
6. Enfin, si Mme B invoque un préjudice d'agrément pour avoir dû renoncer à la pratique du tennis et de l'équitation, elle n'avait pas fait état de ces activités lors des opérations d'expertise et n'apporte aucun élément permettant d'établir de telles pratiques avant l'intervention chirurgicale qu'elle a subie, le lien de causalité avec la faute n'étant au surplus pas non plus établi. Dans ces conditions, l'indemnisation de ce poste de préjudice ne peut être retenue.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à verser à Mme B une somme de 2 300 euros.
Sur les frais du litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à Mme B la somme de 2 300 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Reims.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le conseiller le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
P-H. MALEYRE
Le président,
Signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026