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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2102694

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2102694

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2102694
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 décembre 2021, M. C E et Mme D B, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Marne ne leur accordant qu'une remise partielle de 170,96 euros de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 1 626,57 euros ;

2°) de leur rembourser les sommes prélevées par l'administration en remboursement de cet indu.

Ils soutiennent être en situation de précarité financière.

La requête a été communiquée au département de la Marne qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par le département à la date de sa décision, justifie l'octroi d'une remise.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

3. Il résulte de l'instruction que l'indu initial de revenu de solidarité active d'un montant de 1 626,57 euros mis à la charge de M. E trouve son origine dans un versement de cette prestation sans que l'intéressé n'ait, au préalable, sollicité l'allocation chômage auprès de Pôle Emploi et se soit vu opposer un refus de cette demande par l'instance paritaire régionale. Il ressort de l'instruction que M. E vit en concubinage avec Mme B et leur enfant mineur. Les requérants justifient, par la production d'un bulletin de salaire pour le mois de décembre 2021 et d'un document attestant de leur situation d'endettement auprès de la Banque de France, de la précarité de leur situation financière. L'administration, qui s'est abstenue de proposer aux intéressés un échelonnement de leur dette et a prélevé des sommes particulièrement importantes sur ses prestations, ne produit pas de mémoire en défense dans la présente instance afin de contredire les allégations des requérants. Dès lors, compte tenu de l'origine de l'indu, de la situation financière des intéressés et des remboursements déjà effectués, il y a lieu de leur accorder une remise complémentaire à celles déjà accordée, d'un montant de 398,91 euros, correspondant à la somme restant à leur charge au titre de l'indu de solidarité active.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 21 octobre 2021 de la caisse d'allocations familiales en tant qu'elle n'accorde qu'une remise partielle de dette est annulée.

Article 2 : Il est accordé à M. E une remise de dette complémentaire à celle déjà accordée, pour un montant de 398,91 euros.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C G E à Mme D B et au département de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

O. ALa greffière,

Signé

I. DELABORDE

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