mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200062 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SF CONSEIL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 janvier 2022, 24 mai 2022,
18 juillet 2022 et 14 décembre 2022, Mme C D, représentée par Me Benjamin Madelenat, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 45 000 euros en réparation des discriminations et du harcèlement moral dont elle fait l'objet à raison de son handicap ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle subit des faits constitutifs d'un harcèlement moral et de discrimination en raison de son handicap, matérialisés par l'inertie de son administration à aménager son poste de travail en fonction de son handicap, le refus de réaliser un bilan de compétences et les irrégularités commises par son administration dans les modalités de mise en œuvre du télétravail dont elle bénéficie ;
- son préjudice doit être évalué à la somme de 45 000 euros.
Par des observations, enregistrées le 21 janvier 2022, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation fait valoir qu'il appartient à la seule préfète de l'Aube de défendre les intérêts de l'Etat dans le cadre de la présente instance.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 avril 2022, 27 juin 2022 et
15 novembre 2022, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A F,
- les conclusions de Mme E de Laporte, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, représentant la préfète de l'Aube.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Richter, secrétaire administrative de classe supérieure, exercice les fonctions de gestionnaire de paiement des dossiers de modernisation des exploitations au sein du service " économies agricole et forestière " de la direction départementale des territoires (DDT) de l'Aube. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 45 000 euros en réparation du harcèlement moral et des discriminations qu'elle soutient subir en raison de son handicap.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique, qui a repris à compter du 1er mars 2022 les dispositions du deuxième alinéa de l'article 6 de la loi du
13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7. " Aux termes de l'article L. 133-2 du même code, qui a repris à compter du 1er mars 2022 les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du
13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime de discriminations ou d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'une telle discrimination ou d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tous harcèlement ou discriminations. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les discriminations ou les agissements de harcèlement moral allégués sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Mme D, pour établir qu'elle subit des discriminations et des agissements constitutifs d'un harcèlement moral en lien avec son handicap, fait valoir que son administration a tardé à aménager ses conditions travail en vue d'atténuer les gênes que lui occasionne son handicap, compte tenu du retard mis, d'une part, pour mettre à sa disposition un casque à réduction de bruit et un lecteur mp3 et, d'autre part, pour mettre en place un télétravail adapté à la nature de son handicap. Elle fait valoir enfin que son administration tarde à lui faire réaliser un bilan de compétences.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que, si Mme D établit bénéficier de la reconnaissance de la qualité de travailleuse handicapée pour une période courant du
1er novembre 2018 au 31 octobre 2023, elle ne produit aucun des avis que le médecin du travail, en vertu de l'article 26 du décret du 28 mai 1982 susvisé, est seul habilité à émettre pour l'aménagement du poste de travail ou des conditions d'exercice des fonctions d'un agent en raison de son état de santé. Par ailleurs, elle ne produit aucune des demandes dont elle a saisi son administration qui concernent spécifiquement les difficultés qu'elle aurait rencontrées pour obtenir l'aménagement de ses conditions de travail au regard de son handicap. Alors qu'elle soutient que son harcèlement moral provient du retard mis par son administration pour adapter ses conditions de travail au regard de son handicap, elle ne met pas le tribunal à même de pouvoir apprécier la matérialité des carences qu'elle impute à cette dernière dans l'adaptation de son poste de travail et des conditions d'exercice de ses fonctions à raison de son handicap. En outre, la préfète de l'Aube produit en défense l'ensemble des mesures dont Mme D a bénéficié à raison de son handicap, depuis l'accompagnement personnalité " Cap Emploi " en mars 2019 jusqu'à la réalisation d'une étude sonore au sein de son bureau en octobre 2021.
6. Il résulte également de l'instruction que, si Mme D reproche à son administration d'avoir tardé à formaliser par une convention ses conditions de télétravail, elle ne soutient, ni même allègue avoir été empêchée de télétravailler, à titre provisoire, pendant la période au cours de laquelle cette convention a été négociée, alors qu'en outre l'épidémie covid-19 a désorganisé les services de la DDT de l'Aube chargés d'établir cette convention. Ainsi, Mme D n'établit pas la carence qu'elle impute à l'administration à ce sujet.
7. Enfin, si Mme D soutient que sa demande de bilan de compétences a été instruite avec un retard de plusieurs années, une telle circonstance, à la supposer établie, n'est pas de nature, à elle seule, à faire présumer qu'elle subirait des discriminations ou des agissements constitutifs d'un harcèlement moral en lien avec son handicap.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme D tendant à obtenir réparation des discriminations et du harcèlement moral qu'elle soutient subir en raison de son handicap doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Anne-Cécile Castellani, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
C. F
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026