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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2200527

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2200527

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2200527
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBONHOMME GOBLET AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2022 et le 10 octobre 2022, la société civile immobilière (SCI) H Gambetta, représentée par Me Bonhomme, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à concurrence des sommes, respectivement, de 6 098 euros et 21 682 euros.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration fiscale a méconnu les dispositions des II et III de l'article 202 ter du code général des impôts ;

- le compromis de vente concernant l'appartement du rez-de-chaussée prévoyait la réalisation de travaux qu'elle a renoncé à réaliser de sorte que le résultat de l'année 2017 aurait dû être diminué d'une somme de 5 000 euros ;

- le montant de la plus-value de la vente aurait dû être diminué d'une somme de 3 197 euros de charge déductibles.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 septembre 2022 et 22 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer à concurrence des sommes de 28 623 euros et de 1 220 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- des dégrèvements ont été prononcés le 15 septembre 2022 et le 21 février 2023 pour des montants respectifs de 28 623 euros et de 1 220 euros ;

- le surplus des moyens de la requête n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI H Gambetta exerce une activité de location meublée d'immeubles depuis sa création en 1999 et était propriétaire, depuis 2010, d'un immeuble situé 8 rue Paul Adam à Reims. Elle a opté pour le régime de l'impôt sur les sociétés à compter du 1er janvier 2016. Par acte notarié du 6 octobre 2017, cette société a procédé à la division de son bien en quatre appartements avant de les vendre séparément au cours des années 2017 et 2018. La SCI H Gambetta a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 à l'issue de laquelle l'administration fiscale a reconstitué les résultats imposables des années 2016 à 2018, notamment les plus-values réalisées lors de la vente de chacun des appartements. Par une proposition de rectification du 25 novembre 2019, le service a notifié à l'intéressée, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés d'un montant de 12 550 euros au titre de l'année 2017 et 28 993 euros au titre de l'année 2018, lesquelles ont été respectivement ramenées aux sommes de 6 098 euros et 27 024 euros. La SCI H Gambetta demande la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions à concurrence de la somme de 6 098 euros au titre de l'année 2017 et de 21 682 euros au titre de l'année 2018.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 15 septembre 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête, la direction départementale des finances publiques de la Marne a prononcé un dégrèvement total, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2017, soit 6 928 euros, ainsi qu'un dégrèvement partiel de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2018 à concurrence de la somme, en droits et pénalités, de 21 695 euros. Par une décision du 21 février 2023, l'administration fiscale a procédé à un second dégrèvement d'un montant de 1 220 euros, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2018. Dès lors, les conclusions de la requête relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

3. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () ".

4. La société requérante soutient que, pour la détermination de son résultat à la clôture de l'exercice 2017, l'administration fiscale aurait dû déduire une somme de 5 000 euros du prix de vente de l'appartement, de 186 000 euros, situé au rez-de-chaussée qui n'a pas obtenu d'attestation de conformité des installations électriques avant la signature de l'acte de vente, le 6 octobre 2017, alors qu'elle s'était engagée à réaliser les travaux de mise aux normes électriques en vue de son obtention, avant d'y renoncer. La société requérante allègue que l'accord conclu avec l'acheteur prévoyait qu'elle renoncerait définitivement à solliciter le paiement de la somme de 5 000 euros en contrepartie de l'absence d'attestation de conformité des installations électriques et de compteur électrique individuel. Toutefois, à l'appui de cette allégation, l'intéressée produit uniquement l'acte notarié du 6 octobre 2017 qui stipule, d'une part, que l'acquéreur a payé le prix comptant " aujourd'hui même " décomposé en une somme de 181 000 euros " ainsi qu'il résulte de la comptabilité de l'office notarial " et une somme de 5 000 euros " hors la comptabilité du notaire " et, d'autre part, que l'acquéreur a demandé au notaire de régulariser l'acte de vente en l'absence de cette attestation et de compteur électrique individuel et a déclaré faire son affaire personnelle des travaux de mise aux normes en dégageant le notaire et le vendeur de toute responsabilité à ce sujet. Cet acte notarié, s'il mentionne, certes, que l'acquéreur renonce à l'engagement du vendeur de réaliser les travaux de mise en conformité et d'obtention de l'attestation de conformité, stipule expressément qu'il a payé comptant une somme totale de 186 000 euros, y compris la somme de 5 000 euros litigieuse, somme déclarée à la publicité foncière et sur la base de laquelle ont été calculés les droits de mutation relatifs à cette vente. Par ailleurs, la société requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer qu'elle aurait renoncé à la perception de cette somme. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la SCI H Gambetta n'est pas fondée à demander la décharge du surplus des impositions restant en litige.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la SCI H Gambetta à concurrence de la somme totale, en droits et pénalités, de 29 843 euros.

Article 2 : L'Etat versera à la SCI H Gambetta une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière H Gambetta et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.

Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.

Le rapporteur,

Signé

V. TORRENTELa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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