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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2200657

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2200657

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2200657
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2022, M. B A demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018.

Il soutient qu'il était en droit de déduire les pensions alimentaires versées à sa fille au titre des années en litige, laquelle avait repris ses études pour devenir infirmière et avait perçu des revenus de 10 099 euros en 2017 et 11 927 euros en 2018, contrairement aux montants retenus par l'administration fiscale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés et que ce dernier ne justifie pas avoir effectivement versé des pensions alimentaires à sa fille au cours des années en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration fiscale a remis en cause, notamment, la déductibilité des pensions alimentaires versées à sa fille au titre des années 2017 et 2018. Par une proposition de rectification du 15 avril 2021, l'intéressé s'est vu, en conséquence, notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de ces deux années. L'intéressé demande la réduction de ces impositions supplémentaires.

2. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : () / II. - Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : () / 2° () pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil () ". Aux termes de l'article 208 du code civil : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit. () ".

3. Pour remettre en cause la déductibilité des pensions alimentaires que M. A soutient avoir versées à sa fille majeure, l'administration a estimé que cette dernière, au regard de ses revenus et de sa situation patrimoniale, ne se trouvait pas dans une situation de besoin de nature à justifier le versement d'une telle pension et que celle-ci a abandonné la situation rémunérée qu'elle occupait pour des raisons de convenances personnelles. Le requérant soutient, sans être sérieusement contredit, que sa fille a perçu 10 099 euros en 2017 et 11 927 euros en 2018. Si ces revenus sont légèrement inférieurs au montant du salaire minimum interprofessionnel garanti en vigueur au titre de ces années, l'intéressé ne produit aucun élément de nature à démontrer que les sommes ainsi perçues par sa fille, célibataire et sans charge de famille, ne lui permettaient pas de faire face aux nécessités de la vie courante alors qu'il est constant que celle-ci était propriétaire, depuis le 31 août 2017, de sa résidence principale qu'elle a acquise comptant au prix de 129 000 euros, en partie au moyen d'un financement de son père à l'égard duquel elle a signé une reconnaissance de dette pour une somme de 125 000 euros qu'elle s'est engagée à rembourser à hauteur de 630 euros par mois.

4. En tout état de cause, comme le soutient pour la première fois l'administration fiscale dans le cadre de la présente instance, M. A ne produit aucun justificatif de la réalité des versements qu'il prétend avoir effectués au bénéfice de sa fille. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre motif retenu par l'administration fiscale, c'est à bon droit que cette dernière a remis en cause la déductibilité des pensions alimentaires que le requérant a déclaré verser à sa fille au titre des années 2017 et 2018. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018. Sa requête doit, ainsi, être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

V. TORRENTELa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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