jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200668 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | Bignon Lebray |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2022 et le 24 mai 2023, la société à responsabilité limitée de droit luxembourgeois Euro Matr, représentée par Me Vignalou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe d'apprentissage, de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre de l'année 2015 et de la cotisation supplémentaire de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, auxquelles elle a été assujettie ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 6 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle ne dispose pas d'un établissement stable en France au regard de l'article 2 de la convention fiscale franco-luxembourgeoise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la société Euro Matr n'est pas fondé.
Par ordonnance du 20 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention signée le 1er avril 1958 entre la France et le Grand-Duché du Luxembourg tendant à éviter les doubles impositions et à établir des règles d'assistance administrative réciproque en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société de droit luxembourgeois Euro Matr, qui a pour objet social le négoce et le conditionnement de tous produits agroalimentaires, les prestations de services y afférentes et l'achat de terres agricoles, s'est vu notifier une proposition de rectification en date du 17 décembre 2018 portant sur des cotisations supplémentaires de taxe d'apprentissage, de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre de l'année 2015 et, au titre de l'année 2016, sur une cotisation supplémentaire de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, d'un montant total, en droits et pénalités, de 1 466 euros mis en recouvrement le 30 juillet 2021. Par une réclamation du 3 septembre 2021, la société Euro Matr a demandé à l'administration le dégrèvement total de ces impositions. Par une décision du 24 janvier 2022, l'administration a rejeté cette demande. Par sa requête, la société Euro Matr demande au tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations supplémentaires.
2. D'une part, aux termes du I de l'article 1586 ter du code général des impôts : " Les personnes physiques ou morales ainsi que les sociétés non dotées de la personnalité morale et les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent une activité dans les conditions fixées aux articles 1447 et 1447 bis et dont le chiffre d'affaires est supérieur à 152 500 € sont soumises à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ". Aux termes de l'article 1447 du même code : " I. La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. () / III. - Les personnes et sociétés mentionnées au I ne sont pas soumises à la cotisation foncière des entreprises à raison de leurs activités qui ne sont assujetties ni à l'impôt sur les sociétés ni à l'impôt sur le revenu en raison des règles de territorialité propres à ces impôts. ".
3. D'autre part, aux termes du 1 de l'article 1599 ter A du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " Il est établi une taxe, dite taxe d'apprentissage () / 2. () due :
1° Par les personnes physiques ainsi que par les sociétés soumises au régime fiscal des sociétés de personnes, lorsque ces personnes et ces sociétés exercent une activité mentionnée aux articles 34 et 35 du présent code ". Aux termes de l'article 235 ter C du même code, alors en vigueur : " Conformément aux dispositions de l'article L. 6331-1 du code du travail, tout employeur, à l'exception de l'Etat, des collectivités locales et de leurs établissements publics à caractère administratif, concourt au développement de la formation professionnelle continue dans les conditions définies par ce même article ". Les impositions prévues par ces dispositions sont dues par les employeurs dont le siège social est situé à l'étranger et qui disposent d'une installation en France, à raison des rémunérations qu'ils versent à ceux de leurs salariés rattachés à cette installation.
4. Enfin, aux termes de l'article 1er de la convention signée le 1er avril 1958 entre la France et le Grand-Duché du Luxembourg tendant à éviter les doubles impositions et à établir des règles d'assistance administrative réciproque en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune, dans sa version applicable au litige : " 1. Les impôts qui font l'objet de la présente Convention sont : () / b) En ce qui concerne la France : 1) l'impôt sur le revenu des personnes physiques ; / 2) la taxe complémentaire ; / 3) l'impôt sur les sociétés, ainsi que toutes retenues, tous précomptes et avances décomptés sur ces impôts. / 2. La présente Convention s'appliquera également aux autres impôts ou taxes analogues qui pourront être établis par l'un ou l'autre des deux Etats contractants après la signature de la présente Convention. () ". Aux termes de l'article 4 de cette convention : " 1. Les revenus des entreprises industrielles, minières, commerciales ou financières ne sont imposables que dans l'Etat sur le territoire duquel se trouve un établissement stable. () ". Les stipulations du 3 de l'article 2 de cette convention définissent le terme " établissement stable " au sens de la convention.
5. La société Euro Matr soutient que les règles de territorialité prévues par les stipulations précitées de la convention fiscale entre la France et le Luxembourg font obstacle à ce qu'elle soit assujettie à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, à la taxe d'apprentissage et à la participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue, dès lors qu'elle ne disposerait pas d'un établissement stable en France au sens de cette convention. Toutefois, d'une part, si les stipulations de cette convention fiscale ont pour objet de répartir, entre les deux parties contractantes, les impositions qu'elles visent, elles n'ont en revanche ni pour objet, ni pour effet, de modifier les règles de territorialité propres à l'impôt sur le revenu telles qu'elles résultent du code général des impôts, et par voie de conséquence celles de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises en vertu du même code, ni les règles de territorialité propres à la taxe d'apprentissage et à la participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue qui résultent également des dispositions légales précédemment rappelées. D'autre part, en ce qui concerne la France, les seules impositions visées par cette convention sont celles qu'énumèrent les stipulations de son article 1er, au nombre desquelles ne figurent pas la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la taxe d'apprentissage et la participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue. Dans ces conditions, alors même que la société Euro Matr n'aurait pas d'établissement stable en France au sens de la convention fiscale franco-luxembourgeoise ainsi qu'elle le soutient, elle resterait redevable des impositions précitées en litige. Il suit de là que le moyen ainsi soulevé est inopérant et doit dès lors être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Euro Matr doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Euro Matr est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée de droit luxembourgeois Euro Matr et à l'administratrice de l'Etat chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026