mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200688 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mars 2022 et 23 février 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a rejeté son recours administratif préalable formé contre les décisions des 7 octobre 2021 et 4 novembre 2021 portant réduction de moitié de ses droits à bénéficier du revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2021 et radiation de la liste des bénéficiers de cette allocation.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu le courrier de convocation au rendez-vous du 24 août 2021 ;
- le département de la Marne aurait dû lui notifier cette convocation par courrier avec accusé de réception ;
- il s'est manifesté pour prendre un rendez-vous en vue de signer un contrat d'engagement ;
- malgré l'absence de son nom sur sa boîte aux lettres, il n'a jamais cessé d'être joignable ;
- il effectue des recherches pour retrouver un emploi ;
- il n'a bénéficié d'aucune allocation pour le premier trimestre de l'année 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés à
l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. D a donné lecture de son rapport au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui était allocataire du revenu de solidarité active, a fait l'objet, par une décision du 7 octobre 2021, d'une mesure de réduction pour moitié de ses droits à percevoir le revenu de solidarité active au titre du mois de novembre 2021 et, par une décision du
4 novembre 2021, il a fait l'objet d'une mesure identique pour le mois de décembre 2021, assortie d'une décision de radiation de la liste des bénéficiaires de cette allocation à compter du 31 décembre 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a rejeté le recours administratif préalable formé par l'intéressé contre les décisions précitées des
7 octobre 2021 et 4 novembre 2021.
2. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil général : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ; () ". Aux termes de l'article L. 262-38 du même code : " Le président du conseil général procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une durée de suspension de son versement définie par voie réglementaire. () ".
3. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision suspendant le versement de l'allocation de revenu de solidarité active ou radiant l'intéressé de la liste des bénéficiaires de cette allocation, non seulement d'apprécier la légalité de cette décision, mais aussi de se prononcer sur les droits du demandeur à cette allocation jusqu'à la date à laquelle il statue, compte tenu de la situation de droit et de fait applicable au cours de cette période.
4. Il résulte de l'instruction que les décisions en litige, qui suspendent le versement à M. B du revenu de solidarité active pour les mois de novembre 2021 et décembre 2021 et prononce sa radiation de la liste des bénéficiaires de cette allocation, ont été prises au motif qu'il n'aurait pas justifié son absence au rendez-vous qui lui a été fixé le 24 août 2021 avec les services départementaux. Si M. B fait valoir ne pas avoir reçu en temps utile le courrier de convocation à ce rendez-vous et la décision du 7 octobre 2021 l'enjoignant à justifier son absence, il reconnaît cependant ne pas avoir indiqué ses nom et prénom sur la boîte aux lettres correspondant à l'adresse postale dont il n'est pas contesté qu'il s'agit de celle qu'il a déclarée auprès des services départementaux. Le problème d'acheminement trouve ainsi sa seule origine dans une négligence de M. B qui n'a pas veillé à ce que le courrier puisse lui être délivré à l'adresse qu'il a lui-même déclarée et, dès lors, il ne saurait reprocher au département de la Marne de ne pas démontrer avoir pris toutes les dispositions utiles pour s'assurer de la distribution effective des courriers précités dont il a été destinataire et, en particulier, de ne pas lui avoir adressé sa convocation par courrier avec accusé de réception. Par suite, et alors qu'il n'établit pas s'être rapproché des services départementaux dans les délais impartis pour signer un contrat d'engagement réciproque, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions en litige, qui ont eu pour objet de suspendre pour moitié le versement du revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2021, puis de le radier de la liste des bénéficiaires de cette allocation à compter du 31 décembre 2021, ne seraient pas fondées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le magistrat désigné,
C. DLa greffière,
N. MASSON
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