vendredi 27 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200711 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Pierre-Henry Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a rejeté son recours contre la décision du 2 novembre 2021 mettant à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 300 euros ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 300 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision n'est pas signée ;
- l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles a été méconnu ;
- les droits de la défense ont été méconnus ;
- elle n'est pas en concubinage ;
- elle doit bénéficier du droit à l'erreur.
Par un mémoire enregistré le 22 mars 2023, le département de l'Aube indique qu'il ne lui appartient pas de connaitre de cette requête.
Par un mémoire enregistré le 25 août 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle de sa situation, Mme B s'est vu notifier le 2 novembre 2021 par la caisse d'allocations familiales de l'Aube un indu d'un montant total de 20 079,70 euros comprenant notamment deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros chacun, ces aides ayant été versées sur le fondement des décrets du 5 mai 2020 et du 27 novembre 2020 visés ci-dessus. L'intéressée a saisi le 28 octobre 2021 la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Aube d'un recours portant notamment sur ces deux indus. Elle doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 6 décembre 2021 par laquelle cette commission a rejeté son recours.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
Sur l'étendue du litige :
3. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
4. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, et notamment pas des décrets des 5 mai 2020 et 27 novembre 2020 visés ci-dessus qui instituent l'aide exceptionnelle de solidarité, que la décision de récupération de l'indu de cette prime devrait faire l'objet d'un recours administratif préalable à défaut duquel l'intéressé serait irrecevable à saisir le juge pour la contester. Ainsi, dans le cas où l'intéressé forme un recours administratif contre une telle décision, ainsi qu'il en a le loisir, la décision rejetant ce recours ne se substitue pas à la décision initiale.
5. Si Mme B demande seulement l'annulation de la décision du 6 décembre 2021 portant rejet de son recours gracieux, elle doit être regardée, eu égard à ce qui a été dit au point 3, comme demandant également l'annulation de la décision initiale du 2 novembre 2021.
Sur la décision du 2 novembre 2021 :
6. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
7. Il résulte de l'instruction que la décision du 2 novembre 2021, qui mentionne le nom du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube, ne comporte aucune signature. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, cette décision doit être annulée.
Sur la décision du 6 décembre 2021 :
8. En premier lieu, en l'absence de caractère obligatoire du recours exercé par la requérante contre la décision du 2 novembre 2021, la décision prise sur recours ne se substitue pas à la décision initiale. Dès lors, la requérante ne peut pas utilement critiquer les vices propres de la décision par laquelle l'administration a rejeté son recours. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision du 6 décembre 2021 aurait été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration qui régissent les décisions intervenant après un traitement algorithmique, de la méconnaissance des droits de la défense et de l'absence de signature de cette décision doivent être écartés comme inopérants.
9. En deuxième lieu, le versement des aides exceptionnelles de solidarité en cause est subordonné, en l'espèce, à la condition que la requérante soit bénéficiaire du revenu de solidarité active d'une part au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et d'autre part au titre des mois de septembre ou octobre 2020. Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles (A). Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la requérante partage le logement d'une personne qu'elle présente comme étant son ancien compagnon. Si elle soutient ne pas avoir repris de vie commune et disposer de pièces séparées, les constats effectués dans le cadre d'une enquête judiciaire ne permettent pas de distinguer, au sein du logement, des espaces privatifs réservés à la requérante, lesquels ne figurent au demeurant pas dans le bail. Mme B se prévaut également d'un bail dont elle s'acquitte du montant en numéraire. Toutefois, l'étude des retraits des comptes bancaires de l'intéressée établit que le loyer n'est pas réglé sur certaines périodes et la mise en commun de moyens est également caractérisée dès lors que la requérante prend à sa charge, par l'intermédiaire de chèques énergie, des frais de chauffage non prévus dans le bail. Dans ces conditions, la requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir qu'elle avait droit au revenu de solidarité active durant une période qui lui permettait de bénéficier également de l'aide exceptionnelle de solidarité.
11. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, la fraude commise par l'intéressée fait obstacle à ce qu'elle puisse se prévaloir d'une simple erreur.
12. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales peut, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, être récupéré par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution ". Il résulte de ces dispositions qu'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité peut être recouvré par prélèvement sur d'autres prestations. Par suite, la requérante n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que ces prélèvements sont dépourvus de base légale.
Sur les conclusions à fin de décharge :
13. Le présent jugement, qui prononce seulement l'annulation de la décision initiale de récupération d'indu de prime exceptionnelle de solidarité pour un motif de forme, n'implique pas de prononcer la décharge des indus en cause.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, Mme B n'étant pas la partie gagnante pour l'essentiel, de faire droit aux conclusions présentées par la requérante au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre des solidarités et des familles.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
A. DLe greffier,
Signé
A. PICOT
No 2200711
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026