mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200767 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mars 2022, Mme E D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable a rejeté son recours dirigé contre la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aube a mis à sa charge un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 7 026 euros portant sur la période du 1er juin 2019 au 31 juillet 2021 ;
2°) de la décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Aube de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;
- aucun décompte de la dette en litige n'est fourni ;
- les retenues effectuées sur les prestations qu'elle perçoit méconnaissent les dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale ;
- il n'est pas justifié que le contrôle a été réalisé par un agent assermenté ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense et des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle n'est pas en concubinage ;
- elle doit bénéficier du droit à l'erreur.
Par un mémoire enregistré le 17 février 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, allocataire de diverses prestations sociales, a déclaré aux services de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube résider au 2 A rue des 3 communes à Troyes (Aube) depuis le 2 mai 2019 et être isolée depuis sa séparation de fait, en 2006, avec son compagnon, M. H D. L'intéressée a fait l'objet d'un contrôle de sa situation à l'issue duquel cet organisme a constaté que M. et Mme D vivaient dans le même logement, situation de nature à caractériser une communauté de vie. En conséquence, la caisse d'allocations familiales de l'Aube lui a notifié, le 2 novembre 2021 un indu d'un montant total de 20 079,70 euros comprenant notamment un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 7 026 euros. Par une lettre du 18 décembre 2021, Mme D a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Aube d'un recours portant notamment sur cet indu. Par une décision du 7 décembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube, après avis de la commission de recours amiable rattachée à cet organisme, a rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette décision.
Sur le bien-fondé de l'indu d'allocation de logement sociale :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
3. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". Selon l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement () ". En vertu de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable. ". Enfin, l'article R. 825-2 de ce code dispose : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. / Ses décisions sont motivées. ".
4. Il résulte de l'instruction que la décision du 7 décembre 2021 contestée a été signée par Mme B C, gestionnaire des litiges et créances du service Pôle recouvrement. Si la caisse d'allocations familiales de l'Aube fait valoir que celle-ci disposait d'une délégation de signature en vertu d'une décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube, M. A G, du 1er juin 2020 qu'elle produit, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, en dépit de la mesure d'instruction diligentée à cette fin, que cette décision de délégation, qui ne comporte aucune mention quant à ses modalités de publication, aurait été régulièrement publiée et aurait ainsi reçu force exécutoire. Par suite, Mme D est fondée à soutenir que la décision du 7 décembre 2021 contestée a été édictée par une autorité incompétente. Ce moyen doit, dès lors, être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Aube du 7 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin de décharge :
6. Le présent jugement, qui prononce seulement l'annulation de la décision par laquelle la caisse d'allocation familiale de l'Aube a rejeté le recours administratif préalable formée par Mme D contre la décision de récupération d'indu d'allocation de logement sociale litigieuse pour des motifs de régularité, n'implique pas de prononcer la décharge de l'indu en cause. Compte tenu du motif d'annulation retenu, tenant exclusivement à l'incompétence du signataire de la décision prise, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Compte tenu du motif de l'annulation de la décision de la commission de recours amiable du 7 décembre 2021, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Aube de réexaminer la situation de Mme D comme cette dernière le demande.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube, partie perdante, le versement à Me Desfarges, sous réserve de sa renonciation à la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a rejeté le recours administratif préalable de Mme D contre la décision de récupération de l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 7 026 euros qui lui a été notifiée le 2 novembre 2021, est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à Me Pierre Henry Desfarges et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
V. FLa greffière,
Signé
A. DEFORGE
No 2200767
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026