mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200830 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
| Avocat requérant | BRENER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2022, M. A D, représenté par Me Anne-Dominique Brener, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021 tendant à recouvrir un indu de revenu de solidarité active (INK002) pour un montant de 4 853,36 euros, ensemble la décision du
22 novembre 2021 par laquelle le directeur général des services du département des Ardennes a rejeté son recours administratif préalable formé contre la précédente décision et celle du
8 juillet 2021 qui l'a radié de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active à compter du 1er février 2021 et lui a réclamé un indu de revenu de solidarité active (INK001) pour un montant de 5 435,62 euros ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Ardennes de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er août 2021.
Il soutient que :
- il justifie de sa présence en France pour la période courant du 1er septembre 2018 au
31 décembre 2019 ;
- il ne s'est rendu en Algérie qu'à l'occasion des obsèques de sa mère, en février 2021 et est revenu en France à la fin du mois de juillet 2021 ;
- il n'a plus de moyens de subsistance ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, le département des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
11 février 2022.
Les parties ont été informées le 10 février 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que, en vertu de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, il appartient au président du conseil départemental de se prononcer sur un recours administratif préalable formé à l'égard de décisions afférentes au revenu de solidarité active et, dès lors que la décision du 22 novembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable formé par le requérant a été prise par le directeur général des services du département des Ardennes, en son nom propre, cette décision est entachée d'incompétence.
Des observations présentées par le département des Ardennes en réponse à l'information précédente ont été enregistrées le 28 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les litiges visés à
l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. F a donné lecture de son rapport au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, par une décision du 8 juillet 2021 prise par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Ardennes, a été radié de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active et s'est vu réclamer un indu de cette allocation (INK001) pour un montant de 5 435,62 euros au titre de la période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2021. Par une décision du
9 juillet 2021 prise par la même autorité, M. D s'est vu réclamer le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active (INK002) pour un montant de 4 853,36 euros au titre de la période du 1er septembre 2018 au 31 décembre 2019. L'intéressé a formé contre ces décisions un recours administratif préalable que le directeur général des services du département des Ardennes a rejeté par une décision du 22 novembre 2021. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler les décisions précitées des 9 juillet 2021 et 22 novembre 2021 et qu'il soit enjoint au président du conseil départemental des Ardennes et à la caisse d'allocations familiales des Ardennes de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er août 2021.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y a invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Si M. D demande l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 portant récupération d'un indu de revenu de solidarité active et celle du 22 novembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable que l'intéressé, par un courrier du 7 septembre 2021, a formé notamment contre la précédente décision, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que la seconde décision s'est substituée à la première. Par suite, il y a lieu de regarder les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D comme étant uniquement dirigées contre la décision du
22 novembre 2021.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 22 novembre 2021 :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Il résulte de l'instruction que la décision du 22 novembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable formé par M. D à l'encontre des décisions le radiant du droit au revenu de solidarité active et lui réclamant le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active a été signée par M. B C, directeur général des services du département des Ardennes, en son nom propre et non pas au nom du président du conseil départemental des Ardennes qui, en vertu des dispositions citées au point 2, a seul compétence pour se prononcer sur un tel recours. Ainsi, et indépendamment même de l'existence d'une délégation de signature qui donnerait compétence à M. C pour signer, au nom du président du conseil départemental des Ardennes, les décisions qui relèvent de la compétence de ce dernier en matière d'allocation du revenu de solidarité active, celui-là, qui est non seulement le signataire mais également l'auteur de la décision en litige, est incompétent pour prendre cette dernière.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens soulevés dans la requête, que la décision du 22 novembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable formé par M. D doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Si M. D sollicite le versement de l'intégralité de ses droits au bénéfice du revenu de solidarité active depuis le 1er août 2021, le présent jugement implique seulement, eu égard au motif pour lequel l'annulation de la décision du 22 novembre 2021 a été prononcée au point 7, que le président du conseil départemental des Ardennes procède au réexamen du recours administratif préalable formé par M. D. Il est enjoint au président du conseil départemental des Ardennes d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental des Ardennes, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au réexamen du recours administratif préalable formé par M. D.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au département des Ardennes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le magistrat désigné,
C. FLa greffière,
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026