lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201126 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DE LISLEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 mai 2022, 18 janvier 2023 et 22 juin 2023, la société Infosoft, représentée par le cabinet FPTA, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un expert ;
2°) de prononcer la restitution des sommes de 66 222 euros, 71 382 euros et 67 770 euros correspondant aux créances de crédit d'impôt innovation dont elle s'estime titulaire au titre respectivement des années 2018, 2019 et 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le logiciel " Crystal " qu'elle développe depuis 1994 constitue un produit innovant au sens des dispositions du k du II de l'article 244 quater B du code général des impôts dès lors que les travaux qu'elle a réalisés sur ce produit en 2018, 2019 et 2020 lui ont conféré des performances supérieures tant sur le plan technique que sur celui de ses fonctionnalités et qu'il se distingue des produits existants ou précédents sur le marché par ses performances supérieures sur le plan des fonctionnalités ainsi que sur le plan technique ;
- son produit présente des performances supérieures sur le plan de ses fonctionnalités ainsi que sur le plan technique au sens des paragraphes nos 160 et 240 de la documentation administrative de base référencée BOI-BIC-RICI-10-10-45-10 publiée le 2 mars 2016.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2022, 3 avril 2023 et 18 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête de la société Infosoft.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Maleyre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Infosoft exerce depuis 1994 une activité d'édition de logiciels applicatifs pour le secteur pharmaceutique. Par une lettre du 8 septembre 2021, elle a sollicité le remboursement de crédits impôt innovation au titre des années 2018 à 2020 pour des montants respectifs de 66 222 euros, 71 382 euros et 67 770 euros. Par une décision du 23 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Marne a rejeté cette demande. La société Infosoft demande la restitution de ces sommes.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts : " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. () / II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : () / k) () les dépenses exposées par les entreprises qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité et définies comme suit : / 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits autres que les prototypes et installations pilotes mentionnés au a ; () / Pour l'application du présent k, est considéré comme nouveau produit un bien corporel ou incorporel qui satisfait aux deux conditions cumulatives suivantes : / - il n'est pas encore mis à disposition sur le marché ; / - il se distingue des produits existants ou précédents par des performances supérieures sur le plan technique, de l'écoconception, de l'ergonomie ou de ses fonctionnalités. () ".
3. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, et compte tenu, le cas échéant, de tous éléments produits par l'une ou l'autre des parties, qu'une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater B du code général des impôts.
4. Il résulte de l'instruction que la demande de crédit d'impôt de la société Infosoft, qui intervient dans le domaine de l'édition de logiciels pour le secteur pharmaceutique, porte sur les travaux réalisés entre 2018 et 2020 ayant consisté à ajouter des nouvelles fonctionnalités au logiciel de gestion de pharmacie d'officine dénommé " Crystal " qu'elle a développé depuis sa création en 1994. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment du dossier technique présenté par la société requérante, que Crystal est un logiciel couvrant " l'ensemble des activités quotidiennes d'une pharmacie " sous la forme d'un " outil unique ", et que les travaux réalisés entre 2018 et 2020 ont consisté à lui ajouter de nouvelles fonctionnalités, à savoir la fonctionnalité de traitement et génération de documents PDF (2018), la fonctionnalité de représentation horaire d'une pharmacie (2018), la fonctionnalité de séquencement des commandes (2018), la fonctionnalité de borne d'affichage des prix (2018), la fonctionnalité d'adaptation et intégration d'un navigateur web (2019), la fonctionnalité de pilulier (2019), la fonctionnalité d'interfaçage de l'agenda avec le standard CalDAV (2019), la fonctionnalité d'envoi de notifications par mail et SMS (2019), la fonctionnalité de sérialisation des médicaments en pharmacie (2019 et 2020), l'intégration au logiciel d'un programme de fidélité (2019 et 2020), la fonctionnalité de gestion des étiquettes électroniques (2020), l'optimisation de la fonctionnalité d'embarquement des solutions Crystal dans les terminaux mobiles (2020), la fonctionnalité de groupement des commandes (2020) et le module Visiodroits, pour la télé-mise à jour des droits complémentaires des patients (2020). Toutefois, il résulte du dossier technique fourni par la société requérante qu'hormis le pilulier, les autres fonctionnalités développées entre 2018 et 2020 figurent dans la gamme des produits proposés par les sociétés concurrentes, alors qu'aucune information n'est fournie sur la fonctionnalité d'interfaçage de l'agenda et que le tableau reproduit dans son mémoire en réplique laisse apparaître une interrogation pour un concurrent à propos de cette fonctionnalité pour laquelle elle indique ne disposer d'aucune information. Si la société requérante soutient que l'intégration au sein d'un même logiciel de l'ensemble des fonctionnalités qu'elle propose sans l'alourdir ni affecter sa rapidité confère à son produit des performances supérieures sur les plans technique et fonctionnel par rapport à ce que propose la concurrence, elle n'apporte pas de démonstration suffisamment circonstanciée ni d'éléments suffisamment précis et mesurables permettant de considérer que le logiciel Crystal se distinguerait des produits existants par des performances supérieures, alors qu'il résulte des tableaux comparatifs issus de son dossier technique et de son mémoire en réplique que le logiciel Pharma-Vitale propose des fonctionnalités quasiment identiques, hormis les fonctions pilulier électronique, boitier SMS et interfaçage de l'agenda avec le standard CalDAV. Enfin, si l'administration ne conteste pas que la fonctionnalité pilulier électronique développée en 2019 n'est pas proposée par la concurrence, il ne résulte pas de l'instruction que cette fonctionnalité constituerait une amélioration suffisamment sensible. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, la société Infosoft n'est pas fondée à soutenir que les travaux réalisés sur son logiciel Crystal entre 2018 et 2020 constituent un nouveau produit au sens et pour l'application des dispositions du k du II de l'article 244 quater B du code général des impôts.
Sur le terrain de la doctrine :
5. Il résulte de l'instruction que la décision refusant à la société requérante le remboursement du crédit d'impôt sollicité ne constitue ni un rehaussement d'imposition ni un redressement. La garantie prévue par l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ne pouvant par conséquent être invoquée, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des énonciations des paragraphes 160 et 240 de la documentation administrative de base référencée BOI-BIC-RICI-10-10-45-10 publiée le 2 mars 2016.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société Infosoft n'est pas fondée à demander la restitution des crédits impôt innovation qu'elle a sollicitée au titre des années 2018 à 2020. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Infosoft est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Infosoft et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Briquet, président,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELe président,
Signé
B. BRIQUET
La greffière,
Signé
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026