mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202157 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2022, M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle la commission des recours amiables de la mutuelle sociale agricole Sud-Champagne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur un indu d'aide personnalisée au logement dont le montant s'élève à la somme de 3 690 euros.
Il soutient que :
- il n'est pas à l'origine de l'indu en cause, dès lors qu'il n'a jamais dissimulé la circonstance suivant laquelle sa mère réside avec lui ;
- ses ressources professionnelles ne lui permettent pas à elles seules de rembourser l'indu mis à sa charge, alors qu'il est père de deux enfants mineurs et que sa conjointe n'exerce aucune activité professionnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 octobre 2022 et 19 janvier 2024, la mutuelle sociale agricole Sud-Champagne conclut à ce que le jugement soit différé afin de lui permettre de procéder au recalcul de l'indu mis à la charge de M. A.
Elle soutient que M. A n'a pas porté à la connaissance de la commission des recours amiables le fait qu'il a déclaré être en colocation et, en raison du système informatique, elle ne peut procéder au recalcul de l'indu mis à sa charge sans que l'intéressé ne la saisisse de nouveau.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à
l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. B a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A demande au tribunal qu'une remise gracieuse lui soit accordée sur l'indu d'aide personnalisée au logement qui a été mis à sa charge pour un montant de 3 690 euros.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. À cet effet, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient qu'il lui soit accordé une remise ou une réduction de dette.
4. Il résulte de l'instruction que, si l'indu en cause trouve son origine dans une erreur commise par la mutuelle sociale agricole (MSA) Sud-Champagne qui a négligé de prendre en considération la circonstance, dûment déclarée par M. A, suivant laquelle celui-ci réside avec sa mère, outre sa conjointe et ses deux enfants mineurs. Ainsi, la bonne foi du requérant n'est pas mise en doute. Par ailleurs, le foyer de M. A, qui est constitué de trois adultes et deux enfants mineurs, disposent, pour subvenir à ses besoins, du seul salaire de celui-ci et de la pension de retraite de sa mère, alors que le requérant justifie supporter des charges courantes pour un montant global de 450 euros. Ainsi, compte tenu du nombre de personnes composant le foyer, du jeune âge des enfants de M. A et de la situation de chômage dans laquelle se trouve sa conjointe, sa situation financière justifie qu'une remise gracieuse lui soit accordée dans les proportions d'un tiers, indépendamment des remboursements déjà effectués. Eu égard au montant initial de l'indu d'aide personnalisée au logement, celui-ci doit ainsi être réduit à la somme de 2 460 euros, étant précisé que cette remise gracieuse devra être appliquée dans les mêmes proportions après le recalcul du montant de cet indu auquel la MSA Sud-Champagne s'est engagé afin de prendre en considération la prescription biennale.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à M. A une remise gracieuse dans les proportions d'un tiers sur le montant de l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la mutuelle sociale agricole Sud-Champagne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BLe greffier,
Signé
A. PICOT
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