mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202220 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 26 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur un indu de revenu de solidarité active.
Elle soutient qu'elle n'est pas en mesure de rembourser l'indu en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que la requérante est forclose à demander l'annulation de la décision du 26 mai 2021 ;
- à titre subsidiaire, que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président-rapporteur, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Alain Poujade a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A s'est vue réclamer, par une décision du 18 février 2021 prise par le directeur de la caisse de mutualité sociale agricole, le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active pour un montant de 331,37 euros. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 26 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a refusé de faire droit à sa demande de remise gracieuse de l'indu précité.
2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
3. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de cette créance en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A soutient que, pour couvrir les charges liées à ses dépenses courantes (essence, consommation d'eau et de gaz, assurance habitation et assurance auto), elle doit débourser une somme mensuelle de 550 euros. Toutefois, et alors que le département des Ardennes fait valoir en défense qu'elle n'établit pas être dans l'impossibilité de rembourser l'indu en cause, Mme A ne produit aucun élément de nature à démontrer l'exactitude de ses allégations et elle n'apporte aucun élément justificatif concernant les ressources dont elle dispose. Dans ces conditions, elle n'établit pas que sa situation financière ne lui permettrait pas de rembourser l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge sans que cela ne compromette durablement l'équilibre de son budget et ne menace la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par le département de la Marne, que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
A. POUJADELa greffière,
N. MASSON
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