vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202286 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAMMUT CROON JOURNÉ-LÉAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 octobre 2022 et 2 janvier 2024, Mme G D, M. C F et M. E F, agissant en leur qualité d'ayants droit de M. B F, décédé le 31 mars 2021, représentés par Me Opyrchal, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à leur verser la somme totale de 153 130,61 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date du dépôt de la requête et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Ils soutiennent que :
- le centre hospitalier universitaire de Reims a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans le cadre de la prise en charge de M. B F, époux de Mme D et père A. F ;
- la faute est constituée par la mauvaise interprétation, le 14 janvier 2013, d'un scanner préalable à une opération chirurgicale réalisée le 23 janvier 2013 ainsi que par un défaut d'information ;
- cette faute est la cause de préjudices qui doivent être évalués de la manière suivante :
* 5 000 euros au titre du défaut d'information dont a été victime M. B F ;
* 24 043,35 euros au titre de la perte de gains professionnels de M. B F pendant la période précédant la consolidation de son état de santé ;
* 208 euros au titre des dépenses de santé futures ;
* 101 651,76 euros au titre de la perte de gains professionnels de M. B F après consolidation ;
* 5 000 euros au titre de l'incidence professionnelle subie par M. B F ;
* 1 127,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire de M. B F ;
* 6 000 euros au titre des souffrances endurées par M. B F ;
* 1 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire de M. B F ;
* 7 900 euros au titre du déficit fonctionnel permanent de M. B F ;
* 1 200 euros au titre du préjudice esthétique permanent de M. B F.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 janvier 2023 et 08 février 2024, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par la SCP Sammut Croon Journé-Léau, demande au tribunal de limiter sa condamnation à la somme totale de 4 495 euros.
Il fait valoir qu'il n'est responsable des dommages subis par M. B F qu'à hauteur de 80%.
Vu :
- le rapport des experts désignés par l'ordonnance n° 1902635 du 10 février 2020 ainsi que les ordonnances de taxation du 8 juillet 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot,
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,
- et les observations de Me Opyrchal représentant, Mme G D, M. C F et M. E F.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, né le 26 février 1962, a bénéficié le 14 janvier 2013, au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims d'un scanner cardiaque préopératoire dans la perspective d'une opération chirurgicale qui a eu lieu le 23 janvier 2013. Lors de cette opération, il est apparu qu'une particularité anatomique de M. F rendant impossible la poursuite de l'intervention n'avait pas été identifié lors du scanner préalable. À la suite de cette opération, M. F a été victime d'une thrombose affectant sa jambe droite. Par une requête en date du 3 novembre 2019, M. F a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'ordonner une expertise en vue de déterminer si les soins qui lui ont été prodigués ont été conformes aux règles de l'art. Une expertise, ordonnée par une décision du 10 février 2020 du juge des référés, a donné lieu au dépôt d'un rapport le 12 février 2021. M. B F est décédé le 31 mars 2021. Mme D, veuve de M. B F, et MM. C et E F, ses fils, ont adressé une demande indemnitaire au CHU de Reims le 2 octobre 2022. Mme D et MM. F demandent au tribunal de condamner le CHU de Reims à leur verser la somme de 153 130,61 euros.
Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Reims :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 12 février 2021 que M. F souffrait d'une fibrillation atriale paroxystique qui a été diagnostiquée à la fin de l'année 2011. Cette arythmie cardiaque n'ayant pu être soignée par un traitement médicamenteux, les services du CHU de Reims ont proposé à M. F une opération chirurgicale de fulguration par radiofréquence. Un scanner préalable à l'opération a été réalisé le 14 janvier 2013. Le 23 janvier 2013, lors de l'intervention chirurgicale, il est apparu que M. F ne disposait pas de veine cave inférieure, ce qui rendait impossible l'introduction d'un cathéter dans le cœur du patient afin d'y réaliser la fulguration par radiofréquence. Le 25 février 2013, un nouvel examen du compte-rendu du scanner cardiaque du 14 janvier 2013 a permis de confirmer l'agénésie de la veine cave inférieure. Dans ces conditions, l'expert a estimé qu'une lecture attentive du scanner aurait dû permettre de déceler dès le 14 janvier la particularité anatomique de M. F se traduisant par l'absence de veine cave inférieure. Dès lors, ce vaisseau constituant la voie d'accès du cathéter pour la réalisation de la fulguration par radiofréquence, la bonne interprétation du scanner réalisé le 14 janvier 2013 aurait dû conduire à écarter l'opération
de fulguration par radiofréquence. Dans ces circonstances, le CHU de Reims, qui ne conteste pas l'existence d'un manquement dans l'interprétation du scanner cardiaque réalisé le 14 janvier 2013, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. Elle est également informée de la possibilité de recevoir, lorsque son état de santé le permet, notamment lorsqu'elle relève de soins palliatifs au sens de l'article L. 1110-10, les soins sous forme ambulatoire ou à domicile. Il est tenu compte de la volonté de la personne de bénéficier de l'une de ces formes de prise en charge. Lorsque, postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver. Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. La volonté d'une personne d'être tenue dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic doit être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission. "
5. Il résulte de l'instruction que si M. F n'a pas été informé dès le 14 janvier 2013 de sa particularité anatomique liée à l'absence de veine cave inférieure et de l'impossibilité, du fait de cette agénésie, de traiter son arythmie cardiaque par une opération de fulguration par radiofréquence, cette absence d'information n'est pas la conséquence d'une omission du CHU de Reims mais de l'ignorance dans laquelle se trouvait celui-ci de cette agénésie. En outre, M. F a été informé dès le 23 janvier 2013 des causes de l'échec de l'opération de fulguration par radiofréquence intervenue le même jour. Dès lors, la mauvaise information de M. F sur son état de santé n'est pas la conséquence d'un défaut d'information mais du manquement commis dans l'interprétation du scanner réalisé le 14 janvier 2103. Par suite, le CHU de Reims n'a pas commis de manquement à son devoir d'information.
Sur le lien de causalité :
6. Le droit à réparation de la victime ne peut être réduit en raison d'une prédisposition pathologique lorsque l'affection dont elle est atteinte n'a été provoquée ou révélée que par le fait dommageable.
7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 12 février 2021 que l'opération de fulguration par radiofréquence ne pouvait être pratiquée sur M. F, du fait de son absence de veine cave inférieure qui devait permettre le passage d'un cathéter vers le cœur. Dès lors, une telle opération n'aurait pas été envisagée en l'absence de la faute commise par le CHU de Reims. Or, l'introduction d'un cathéter par l'aine droite de M. F lors de l'opération du 23 janvier 2013 a provoqué chez le patient, dans la période suivant l'opération, le développement d'une thrombose ayant affecté plusieurs segments de ce membre. L'expert a estimé que l'opération du 23 janvier n'a contribué à l'apparition de la thrombose qu'à hauteur de 80% en considération du fait que la survenance d'une telle pathologie était plus fréquente pour les patients souffrant, comme M. F, d'une agénésie de la veine cave inférieure. Néanmoins, les symptômes de la thrombose dont a souffert M. F sont apparus immédiatement après l'opération en litige, dès le 23 janvier 2013, et le patient n'avait pas souffert d'une telle pathologie avant cette date. Dès lors, la thrombose affectant la jambe droite de M. F n'a été provoquée que par l'opération du 23 janvier 2013. Par suite, la faute commise par le CHU de Reims est la cause directe, certaine et intégrale de la thrombose dont a souffert M. F à compter du 23 janvier 2013 et de ses conséquences.
Sur les préjudices :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 12 février 2021, que la date de consolidation de l'état de santé de M. F doit être fixée au 10 juin 2014. Par ailleurs, M. F est décédé le 31 mars 2021.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des pertes de gains professionnels antérieurs à la consolidation :
9. Il résulte de l'instruction, en l'absence d'éléments faisant état des sommes perçues par M. F à titre d'indemnités journalières malgré une mesure d'instruction tendant à la production de tels éléments, que le revenu annuel net de M. F s'élevait à la somme de 18 577 euros en 2010 et 19 650 euros en 2011. M. F n'ayant pas produit son avis d'impôt relatifs aux revenus de l'année 2012, son revenu quotidien moyen durant la période antérieure à l'opération du 23 janvier 2013 doit être évalué à la somme de 52,37 euros. En outre, le revenu de M. F pour l'année 2013 s'élevait à 18 399 euros, soit un revenu quotidien moyen de 50,41 euros et le revenu pour l'année 2014 s'élevait à 18 229 euros, soit un revenu quotidien moyen de 49,42 euros. Dès lors, pour la période du 23 janvier 2013, date de l'opération en litige, au 10 juin 2014, date de la consolidation, M. F a perçu un revenu quotidien moyen de 50,41 euros durant 343 jours et un revenu quotidien moyen de 49,42 euros durant 116 jours, soit, sur l'ensemble de la période de 504 jours, la somme quotidienne de 45,80 euros. Dès lors, M. F a subi une perte de revenus d'un montant de 6,57 euros par jour durant 504 jours, soit la somme totale de 3 311,28 euros.
S'agissant des pertes de gains professionnels postérieurs à la consolidation :
10. Il résulte de l'instruction, que le revenu annuel net de M. F s'élevait à 18 229 euros en 2014, 15 209 euros en 2016, 15 242 euros en 2017, 15 107 euros en 2018, 15 198 euros en 2019 et 15 326 euros en 2020, les requérants n'ayant pas produit l'avis d'imposition relatifs aux revenus de l'année 2021 malgré une mesure d'instruction. Dès lors, sur la période du 11 juin 2014 au 31 décembre 2020, M. F a perçu la somme totale de 104 355 euros, soit 43,55 euros par jour en moyenne. Dès lors, M. F a subi une perte de revenus d'un montant de 8,82 euros par jour du 11 juin 2014 au 31 mars 2021, date de son décès, son revenu quotidien moyen étant de 52,37 euros avant l'opération du 23 janvier 2013, pour les motifs exposés au point précédent. Par suite, la perte de gains professionnels de M. F pour la période considérée s'élève à la somme totale de 21 926,52 euros.
S'agissant des dépenses de santé :
11. Les requérants soutiennent que M. F aurait exposé la somme de 208 euros au titre de ses dépenses de santé sans pour autant justifier de ces dépenses. Dès lors, le préjudice lié aux dépenses de santé n'est pas établi.
S'agissant de l'incidence professionnelle :
12. Il résulte de l'instruction qu'antérieurement à la dégradation de son état de santé à compter du mois de janvier 2013, M. F exerçait la profession de conducteur de camion dans le secteur du bâtiment et travaux publics depuis l'année 2007. M. F n'a pas pu reprendre son activité malgré la consolidation de son état de santé le 10 juin 2014 et n'a exercé aucune activité professionnelle jusqu'à son décès le 31 mars 2021. Dans ces conditions, M. F a été privé de la possibilité d'exercer son activité de conducteur de camion du fait de la faute commise par le CHU de Reims dès lors qu'il ne résulte pas des pièces du dossier que l'arythmie cardiaque dont il souffrait l'aurait rendu inapte à sa profession comme le fait valoir l'établissement. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'incidence professionnelle, distinct de la perte de gains professionnel et constitué notamment par la privation des bénéfices relationnels et sociaux induits par l'activité professionnelle, en l'évaluant à hauteur de 5 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
S'agissant de la période antérieure à la consolidation :
13. En premier lieu, les requérants soutiennent que le droit de M. F d'être informé sur son état de santé a été méconnu. Néanmoins, la méconnaissance de ce droit ne constitue pas, en tant que tel, un préjudice. En outre, les requérants n'établissent pas que le patient aurait subi un quelconque préjudice du fait du défaut d'information allégué.
14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'entre le 23 janvier 2013, date
de la survenance du fait dommageable et le 10 juin 2014, date de consolidation de son état
de santé, M. F a subi un déficit fonctionnel temporaire total lors des périodes durant lesquelles il était hospitalisé et un déficit fonctionnel temporaire qui doit être évalué à 10 % durant les autres périodes. D'une part, M. F a été hospitalisé entre le 14 février et le 5 mars,
du 12 au 22 mars et du 25 au 28 mars 2013, soit pendant 38 jours. Dès lors, en retenant un taux journalier de 20 euros, il sera fait une juste appréciation de son déficit fonctionnel temporaire total en l'évaluant à hauteur de 760 euros. D'autre part, M. F est demeuré à son domicile entre le 24 janvier et le 13 février, du 6 au 11 mars, les 23 et 24 mars et du 29 mars 2013 au 10 juin 2014, soit pendant 439 jours. Dès lors, en retenant un taux journalier de 20 euros réduit à 10 %, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire partiel en l'évaluant à hauteur de 936 euros. Par suite, la somme totale de 1 696 euros devra être versée à Mme D et A. F, en leur qualités d'ayants droit, au titre du déficit fonctionnel temporaire subi par M. B F.
15. En troisième lieu, les souffrances endurées par M. F entre le 23 janvier 2013 et le 10 juin 2014 ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 7. Dès lors, prenant en considération de la durée de cette période, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 4 000 euros.
16. En quatrième lieu, le préjudice esthétique subi par M. F entre le 23 janvier 2013 et le 10 juin 2014 a été évalué par l'expert à 2 sur une échelle de 7. Dès lors, prenant en considération de la durée de cette période, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 1 000 euros.
S'agissant de la période postérieure à la consolidation :
17. En premier lieu, le déficit fonctionnel permanent de M. F a été fixé par l'expert à 5 %. Dès lors, compte tenu du fait que M. F était âgé de 52 ans à la date de consolidation de son état de santé, le 10 juin 2014, et qu'il est décédé le 31 mars 2021, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
18. En deuxième lieu, le préjudice esthétique subi par M. F à compter de la consolidation de son état le 10 juin 2014 a été évalué par l'expert à 1 sur une échelle de 7. Dès lors, prenant en considération le fait que M. F est décédé le 31 mars 2021, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 1 000 euros.
19. En troisième lieu, s'il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. F lui interdisait les longues marches et la pratique du football, les requérants ne produisent aucun élément de nature à établir que M. F pratiquait ces activités antérieurement à la dégradation de son état de santé. En outre, les incidences sur la situation professionnelle de M. F ne sauraient être indemnisées au titre du préjudice d'agrément. Dès lors, les requérants n'établissent pas l'existence d'un tel préjudice.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
20. Les intérêts moratoires dus en application des dispositions de l'article 1231-6 du code civil, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
21. La demande indemnitaire des requérants ayant été adressée au CHU de Reims postérieurement à l'introduction de leur requête le 2 octobre 2022, les intérêts moratoires sollicités ont commencé à courir à compter de cette date. La capitalisation des intérêts a été sollicitée par Mme D et A. F pour la première fois le 2 janvier 2024. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter de cette date, à laquelle était due plus d'une année d'intérêts.
Sur les frais liés au litige :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Reims la somme globale de 1 500 euros au bénéfice de Mme D et A. F. Enfin, les frais d'expertise taxés à la somme totale de 3 900 euros par des ordonnances du 8 juillet 2021 sont mis à la charge définitive du CHU de Reims.
DECIDE :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à Mme D et à MM. F la somme de 42 933,80 euros. Ces sommes sont assorties des intérêts au taux légal à compter du 2 octobre 2022. Les intérêts échus à la date du 2 janvier 2024 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera la somme globale de 1 500 euros à Mme D et A. F au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 3 900 euros par des ordonnances du 8 juillet 2021 sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Reims.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G D, M. C F, M. E F, le centre hospitalier universitaire de Reims, la caisse primaire d'assurance maladie des Ardennes ainsi qu'à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026