vendredi 27 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202318 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 octobre 2022, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Ardennes a limité à 385,75 euros le montant de la remise gracieuse qu'elle lui a accordée concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 514,33 euros correspondant à la période du 1er février 2022 au 30 juin 2022, laissant à sa charge un montant de 128,58 euros.
Elle soutient que l'indu résulte d'un retard de traitement de la caisse d'allocations familiales et qu'elle rencontre des difficultés pour vivre.
Par un mémoire enregistré le 24 août 2023, la caisse d'allocations familiales des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'indu est fondé et qu'il a été tenu compte de la situation financière du foyer.
Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable faute d'exercice d'un recours préalable obligatoire, que l'indu est fondé et que la situation financière de la requérante a été prise en compte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de cette créance en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Il résulte de l'instruction que l'indu trouve son origine dans une erreur commise par la caisse d'allocations familiales des Ardennes qui n'a pas pris en compte la circonstance que le fils de la requérante a bénéficié de l'allocation aux adultes handicapés à compter du mois de janvier 2022. De ce fait, la bonne foi de Mme B est établie. Toutefois, elle n'apporte aucun élément permettant de justifier que la précarité de sa situation justifierait une remise supplémentaire de sa dette, alors que le montant des remboursements mensuels est limité à 49 euros tandis que les éléments produits par la caisse d'allocations familiales des Ardennes font état d'un excédent du montant mensuel des ressources sur les charges de 271,26 euros. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département des Ardennes, la requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Ardennes.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
A. CLe greffier,
Signé
A. PICOT
No 2202318
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