mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202331 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 7 octobre 2022, 27 novembre 2023, ainsi que les 28 février, 29 mars et 17 juin 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme B E, M. A E et M. D F, représentés par Me Ludot, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à verser
à Mme B E, mère de la défunte Mme C E et agissant tant en qualité d'ayant droit de cette dernière qu'en son nom propre, la somme totale de 333 697,06 euros en réparation des préjudices subis en raison de la prise en charge de sa fille ;
2°) de condamner cet établissement de santé à verser à M. A E, fils
de la défunte et agissant tant en qualité d'ayant droit de cette dernière qu'en son nom propre,
la somme totale de 330 000 euros au même titre ;
3°) de condamner l'hôpital à verser à M. D F, oncle
de Mme C E, la somme de 20 000 euros ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme
de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors que le courrier du 1er avril 2019 ne saurait être assimilé à une décision de refus d'indemnisation, faute d'émaner du centre hospitalier universitaire de Reims lui-même ;
- il n'a pas été adressé aux requérants eux-mêmes ;
- ce courrier ne revêt pas la qualification de courrier officiel au sens de l'article 3.2 du règlement intérieur national de la profession d'avocat ;
- ils sont bien fondés à demander l'indemnisation de l'ensemble des préjudices à l'hôpital dans la mesure où l'exécution des protocoles transactionnel est suspendu en raison de refus de ce dernier et de la saisine du tribunal administratif ;
- la responsabilité pour faute du centre hospitalier universitaire de Reims est engagée dans la mesure où aucun suivi post-opératoire adapté de l'intervention du 23 mars 2018 n'a été mis en place ;
- les souffrances endurées, mesurées à 3,5/7, le préjudice esthétique temporaire, évaluée à 3 sur une échelle de 7, et la perte de chance de survie seront indemnisés à la somme totale de 240 000 euros, à verser à Mme E en sa qualité d'héritière de sa fille décédée ;
- Mme B E a exposé des frais d'obsèques pour un montant
de 3 697,06 euros ;
- elle a subi un préjudice d'affection dont l'indemnisation donnera lieu
à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme
de 80 000 euros ;
- elle a exposé des frais d'assistance pour un montant de 10 000 euros ;
- les souffrances endurées, mesurées à 3,5/7, le préjudice esthétique temporaire, évalué à 3 sur une échelle de 7, et la perte de chance de survie seront indemnisés à la somme totale de 220 000 euros, à verser à M. E en sa qualité d'héritier de sa mère décédée ;
- il a subi un préjudice moral lié au décès de sa mère qui sera indemnisé à hauteur de 80 000 euros ;
- il a également subi un préjudice en raison de la communauté de vie effective pour lequel l'hôpital sera condamné à lui verser la somme de 50 000 euros ;
- le préjudice économique en sa qualité de mineur sera indemnisé à la somme
de 150 000 euros ;
- le préjudice d'accompagnement donnera lieu au versement de la somme
de 50 000 euros ;
- le préjudice moral de M. F sera indemnisé à la somme de 20 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne conclut à ce que le centre hospitalier universitaire de Reims soit condamné à lui verser 37 105,18 euros assortis des intérêts au taux légal à compter de la mise à disposition du jugement à intervenir au titre de débours, 1 114 euros d'indemnité forfaitaire de gestion
et 1 000 euros s'agissant des frais de justice.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 novembre 2023, 7 février 2024
et 27 mars 2024, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par Me Cariou, conclut, à titre principal, au rejet des demandes présentées à son encontre et, à titre subsidiaire,
à la limitation du montant des sommes auxquelles il sera condamné à verser aux requérants
et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour cause de tardiveté et partiellement irrecevable pour défaut d'intérêt donnant qualité pour agir ;
- les moyens de celle-ci ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 11 juin 2024, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté
par Me Saumon, conclut au rejet de la requête.
Par un courrier du 27 mai 2024 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la demande de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement à intervenir, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier universitaire de Reims est susceptible d'être condamné à lui verser est dépourvue de tout objet et par suite irrecevable dès lors qu'en vertu de l'article 1231-7 du code civil et même en l'absence de demande en ce sens, tout jugement prononçant une condamnation
à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution.
Les parties ont été invitées, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des pièces en vue de compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maleyre, premier conseiller,
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,
- et les observations de Me Flageul pour le centre hospitalier universitaire
de Reims.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E, née le 3 septembre 1976, alors âgée de 42 ans et souffrant d'insuffisance rénale au stade terminal nécessitant une hémodialyse depuis 2016, a fait l'objet
le 26 mai 2018 d'une chirurgie vasculaire consistant dans l'amputation de trois orteils due à une surinfection. Le 28 mai suivant, l'intéressée a bénéficié, vers 19h, d'une séance d'épuration extra rénale qui a été rapidement interrompue en raison de douleurs abdominales. Vers 23h30,
la patiente a été retrouvée dans sa chambre en arrêt cardiocirculatoire et la présence d'un volumineux hématome sur le flanc gauche, à proximité du point de ponction fémorale, a été constatée. Elle a alors été opérée le 29 mai 2018 afin d'évacuer cet hématome et traiter un faux anévrysme sur l'artère fémorale gauche. Mme E a ensuite présenté une encéphalopathie postanoxique qui a conduit à son décès le 11 juin 2018. Saisie le 23 août 2018, la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CCI) des accidents médicaux de Champagne-Ardenne a chargé, le 30 août suivant, les docteurs Mauvady, spécialisé en chirurgie vasculaire, et Pertek, spécialisé en anesthésie-réanimation, de procéder à une expertise, dont le rapport a été remis le 9 novembre 2018. Par un avis du 6 décembre 2018, la commission a estimé
que la responsabilité du CHU de Reims était directement et entièrement engagée. L'hôpital a refusé de présenter une offre de règlement amiable. L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), substitué à l'assureur de l'établissement de santé, a proposé une offre d'indemnisation à Mme et M. E, qui ont conclu des protocoles d'indemnisation transactionnelle les 25 et 26 mars 2020. Mme et M. E, ainsi que M. F, ont saisi
le CHU de Reims d'une demande indemnitaire préalable par un courrier du 29 juillet 2022, reçu le 5 août suivant, qui a été implicitement rejetée. Mme et M. E, agissant tant en qualité d'ayants droit de Mme C E qu'en leur nom propre, ainsi que M. F, demandent au tribunal de condamner le CHU de Reims à les indemniser des différents préjudices subis par la victime et par eux-mêmes.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Il résulte des dispositions des articles 4 et 6 de la loi du 31 décembre 1971 que, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires excluant l'application d'un tel principe dans les cas particuliers qu'elles déterminent, les avocats ont qualité pour représenter leurs clients devant les administrations publiques sans avoir à justifier du mandat qu'ils sont réputés avoir reçu de ces derniers dès lors qu'ils déclarent agir pour leur compte. Si ces dispositions autorisent également les personnes publiques à se faire représenter par des avocats dans leurs relations avec les autres personnes publiques ou avec les personnes privées, aucune décision administrative ne saurait toutefois résulter des seules correspondances de ces derniers, en l'absence de transmission, à l'appui de ces correspondances, de la décision prise par
la personne publique qu'ils représentent.
3. Il ne résulte pas de l'instruction que le courrier du 1er avril 2019 de l'avocat du CHU de Reims était accompagné d'une décision de refus d'indemnisation de ce dernier. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête de Mme et M. E et de M. F doit être écartée.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale () le cas échéant, en application des articles L. 1142-15 () ". Aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " () L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil () / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 2044 du code civil : " La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître. / Ce contrat doit être rédigé par écrit ". Aux termes de l'article 2049 du même code : " Les transactions ne règlent que les différends qui s'y trouvent compris, soit que les parties aient manifesté leur intention par des expressions spéciales ou générales, soit que l'on reconnaisse cette intention par une suite nécessaire de ce qui est exprimé " et son article 2052 dispose : " La transaction fait obstacle à l'introduction ou à la poursuite entre les parties d'une action en justice ayant le même objet ".
6. Il résulte de l'instruction, d'une part, que Mme E a conclu un protocole transactionnel avec l'ONIAM le 26 mars 2020 d'un montant de 10 197,06 euros indemnisant les frais d'obsèques de sa fille défunte, ainsi que le préjudice d'affection qu'elle a subi, et ne s'est prévalue d'aucun frais d'assistance. D'autre part, M. E a également conclu avec cet établissement public un protocole le 25 mars 2020 s'élevant à 21 660 euros représentant l'indemnisation des souffrances endurées de sa mère défunte, son préjudice esthétique temporaire, le préjudice d'accompagnement de l'intéressé ainsi que son préjudice d'affection. Dans ces conditions, Mme et M. E sont irrecevables à demander au tribunal l'indemnisation de ces postes de préjudice. Les conclusions correspondantes doivent donc être rejetées dans cette mesure.
Sur la responsabilité du CHU de Reims et le lien de causalité :
En ce qui concerne la responsabilité du CHU :
7. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé,
les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute / () ".
8. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport des experts désignés par la CCI de Champagne-Ardenne, que l'état de santé de Mme E était fragile en raison des pathologies lourdes dont elle était atteinte et que l'apparition tant d'un faux anévrisme que d'un hématome rétro-péritonéal constituait des complications classiques après la réalisation d'une chirurgie vasculaire et aurait dû conduire à la réalisation d'un écho-doppler après la chirurgie
du 26 mai 2018. En dépit des complications survenues lors de la séance de dialyse
du 28 mai 2018 à 19h, qui a dû être écourtée en raison des douleurs abdominales de l'intéressée et a seulement donné lieu à la prescription de lavements sans information particulière de la part du service d'hémodialyse à destination de celui de diabétologie en charge d'assurer
la surveillance de la patiente dialysée, et du constat de l'augmentation très importante des données du temps de céphaline activée (TCA) lors de la mesure effectuée à 22h15,
Mme E n'a pas bénéficié d'une surveillance adaptée, qui aurait permis d'identifier l'existence du faux anévrisme et de l'hématome rétro-péritonéal avant qu'elle ne soit découverte en arrêt cardiovasculaire à 23h30 en raison d'un choc hémorragique. Dans ces conditions,
la surveillance inadaptée de Mme E, qui a entraîné un retard de diagnostic, est constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne le lien de causalité :
9. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
10. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport des experts désignés par la CCI de Champagne-Ardenne que la faute commise par le CHU de Reims décrite au point 8 du présent jugement, est à l'origine d'une perte de chance d'avoir évité le décès de la patiente. Si
le CHU de Reims fait valoir, en s'appuyant sur l'avis de son médecin-conseil
du 27 novembre 2018 adressé à la CCI, que le pourcentage lié à l'état antérieur de la patiente doit être pris en compte à hauteur de 50% en raison de ses nombreux antécédents défavorables, conduisant à ramener le taux de perte de chance à 28%, les éléments avancés ne suffisent pas à remettre en cause l'analyse des experts. Dans ces conditions, le taux de perte de chance doit être fixé à 45%. Dès lors, la responsabilité du CHU de Reims est engagée à hauteur de cette fraction du dommage corporel.
Sur l'évaluation des préjudices :
En ce qui concerne la victime directe :
11. Si les requérants se prévalent d'une " perte de chance de survie indéniable ", cette seule mention ne permet pas d'identifier un poste de préjudice déterminé.
En ce qui concerne Mme B E :
12. Aux termes de l'article 731 du code civil : " La succession est dévolue par la loi aux parents et au conjoint successibles du défunt dans les conditions définies ci-après ". Aux termes de l'article 734 du même code : " En l'absence de conjoint successible, les parents sont appelés à succéder ainsi qu'il suit : / 1° Les enfants et leurs descendants ; / 2° Les père et mère () ".
13. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers en application des règles du droit successoral résultant du code civil.
14. Il résulte de ces dispositions que Mme E, mère de la défunte, qui n'est pas héritière de sa fille, ne saurait être indemnisée des préjudices propres de celle-ci.
En ce qui concerne M. E :
15. M. E demande à ce que le CHU de Reims soit condamné à lui verser
la somme de 150 000 euros en réparation du préjudice économique subi en raison
de la disparition de sa mère.
16. Il résulte de l'instruction, notamment de l'avis d'impôt sur le revenu de 2017, année précédant son décès, que M. E, célibataire avec un enfant à charge, disposait d'un revenu annuel se montant à 13 326 euros. De cette somme, il convient de déduire la part d'autoconsommation de la défunte qui peut être fixée à 40 % compte tenu de sa situation personnelle et du montant de ses revenus. Dès lors, la perte annuelle de revenus du foyer s'élève à 7 995,60 euros.
17. En l'absence de conjoint survivant et M. E étant le seul enfant
de la défunte, son préjudice économique est équivalent à la somme de 7 995,60 euros. En retenant un coefficient de capitalisation de 7.273 issu du barème hommes (taux -1) pour 2022 publié par la Gazette du palais jusqu'à l'âge de 25 ans, le préjudice économique de M. E s'élève à la somme de 58 151,99 euros de laquelle il convient de retrancher les revenus perçus par l'intéressé sans lien avec le décès de Mme E, soit 22 809 euros entre 2018 et 2023 au regard de ses avis d'impôt sur le revenu, ainsi que le capital-décès de 3 450 euros versé par
la caisse primaire d'assurance maladie, qui doit être regardé comme ayant un caractère indemnitaire. Il en résulte que M. E a subi un préjudice économique de 31 892,99 euros, soit 14 351,84 euros après application du taux de perte de chance.
En ce qui concerne M. F :
18. Si M. F, oncle de Mme E, soutient qu'il a subi un préjudice d'affection en raison de sa disparition, il n'apporte aucun élément permettant d'établir les liens qu'il entretenait avec sa nièce. Dès lors, la réalité du préjudice dont il demande à être indemnisé n'est pas établi.
19. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Reims doit êtrte condamné à verser
à M. E la somme de 14 351,84 euros.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM)
de la Haute-Marne :
20. La CPAM de la Haute-Marne demande à ce que le CHU de Reims soit condamné au remboursement des débours qu'elle a exposés au profit de Mme E constitués de frais hospitaliers pour la période allant du 29 mai au 11 juin 2018 pour un montant
de 37 105,18 euros. Elle sollicite également le versement de la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
21. Cependant, la faute commise par l'hôpital, qui a eu pour seule conséquence de favoriser le décès de Mme E à hauteur de 45%, est sans lien avec les débours
dont la CPAM de la Haute-Marne demande le remboursement, la prolongation de son hospitalisation au-delà du 26 mai 2018 étant due à une complication non fautive et il ne résulte pas de l'instruction qu'en l'absence de faute de la part du CHU de Reims, Mme E aurait quitté l'hôpital avant le 11 juin 2018. Dans ces conditions, les conclusions de la CPAM
de la Haute-Marne doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Reims une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme E,
M. E et M. F. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le CHU de Reims verse à la CPAM de la Haute-Marne
une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à M. E la somme de 14 351,84 euros en réparation des préjudices liés au décès de Mme E.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera à Mme E, à M. E et à M. F une somme globale de 1 500 euros en application en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à M. A E,
à M. D F, au centre hospitalier universitaire de Reims, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et aux caisses primaires d'assurance maladie des Ardennes et de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
P. H. MALEYRELe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026