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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202612

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202612

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202612
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de Mme A contestant la suspension de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) pour avril 2022. La suspension était motivée par le défaut de transmission de documents demandés par la CAF, malgré l'obligation déclarative pesant sur l'allocataire en vertu des articles L. 262-37, R. 262-37 et R. 262-83 du code de l'action sociale et des familles. Le tribunal a estimé que les difficultés techniques invoquées par Mme A (problèmes de téléphone et d'internet) ne constituaient pas un motif valable, car elle n'avait pas informé la CAF ni entrepris de démarches alternatives pour consulter son dossier. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2022, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 septembre 2022 en tant que par cette décision le président du conseil départemental de la Marne a rejeté sa demande contestant la suspension de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) au titre du mois d'avril 2022.

Elle soutient que :

- elle n'a pas pu prendre connaissance des courriels qui lui ont été envoyés ou effectuer les formalités qui lui étaient demandées par la CAF de la Marne en raison de problèmes de téléphone, d'ordinateur et d'accès à internet ;

- la CAF de la Marne ne lui a jamais envoyé de courrier postal ;

- sa précarité financière justifie que lui soit attribué le bénéfice du RSA sur la période en cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : /()/ 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". L'article R. 262-83 de ce code dispose que : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources, notamment les bulletins de salaire. En cas de non-présentation des pièces demandées, il est fait application des dispositions de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale. () ". Et aux termes de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale : " () Sauf cas de force majeure, la non-présentation par le demandeur de pièces justificatives, la présentation de faux documents ou de fausses informations ou l'absence réitérée de réponse aux convocations d'un organisme de sécurité sociale entraînent la suspension () du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées ou la réponse à la convocation adressée. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de RSA, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

4. Il résulte de l'instruction que la suspension des droits au RSA de Mme A pour le mois d'avril 2022 résulte de l'absence de communication par cette dernière des documents sollicités par la CAF de la Marne dans son courrier électronique du 12 janvier 2022. Pour contester la décision en litige, Mme A se borne à évoquer sa précarité financière et à soutenir qu'elle n'a pas pu prendre connaissance de ce courrier électronique ou transmettre les documents sollicités en raison de problèmes de téléphone, d'ordinateur et d'accès à internet. Toutefois, les dispositions précitées font peser sur l'allocataire les obligations déclaratives permettant d'établir ses droits, ainsi que l'obligation de fournir à l'organisme chargé du versement du RSA, les documents qu'il sollicite à cette fin. Par suite, alors que la requérante était informée que les échanges avec la CAF de la Marne s'effectuaient via une plateforme d'échange Internet et qu'elle soutient qu'elle n'a pu y accéder pendant une période de quatre mois, il lui revenait de prendre toutes dispositions, afin de consulter son dossier, ce qu'elle pouvait faire en se rendant dans les locaux de la CAF. Alors que l'intéressée n'a pas informé la CAF de la Marne des difficultés alléguées, n'y entrepris aucune démarche pour consulter son dossier, c'est à bon droit que le président du conseil départemental de la Marne a pu confirmer la suspension des droits au RSA de Mme A pour le mois d'avril 2022.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le magistrat désigné,

O. B

La greffière,

I. DELABORDE

N°220261

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