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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202866

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202866

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202866
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantDE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2022 et 28 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Van Teslaar, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à lui verser la contrevaleur en euros au jour du paiement de la somme de 91 266,36 dollars canadiens ainsi que la somme de 61 333,15 euros, assorties des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne la somme de 2 010,83 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Il soutient que :

- le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans le cadre de sa prise en charge le 28 octobre 2015 ;

- la faute est constituée par l'erreur commise dans l'exécution d'une coloscopie ayant entrainé une déchirure du haut rectum ;

- cette faute est la cause de préjudices à hauteur de 75 % ;

- les préjudices doivent être évalués de la manière suivante :

* 1 1632,40 euros au titre des honoraires de médecins conseil ;

* la contrevaleur en euros au jour du paiement de 3 524,16 dollars canadiens au titre des frais de transport ;

* la contrevaleur en euros au jour du paiement de 84 614,70 dollars canadiens au titre de la perte de gain professionnels actuels ;

* la contrevaleur en euros au jour du paiement de 3 127,50 dollars canadiens au titre des dépenses de santé futures ;

* 48 750 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

* 300,75 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 4 500 euros au titre des souffrances endurées ;

* 1 050 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

* 2 100 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 1 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par un mémoire en intervention enregistré le 5 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à lui verser la somme de 12 175,70 euros, assortie des intérêts à compter du prononcé du jugement, au titre des débours qu'elle a exposés pour le compte de M. A ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'ordonnance n° 96-51 du 24 janvier 1996.

Elle fait valoir que M. A a été victime d'une complication médicale dont la responsabilité incombe au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne.

Par un mémoire en intervention enregistré le 21 août 2023, la Mutuelle Familiale demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à lui verser la somme de 1 421,12 euros au titre des frais de santé qu'elle a exposés pour le compte de M. A.

Elle fait valoir qu'elle est subrogée dans les droits de M. A à l'encontre du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à hauteur de 1 421,12 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2023 et 1er février 2024, le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, représenté par la société d'avocats Sammut Croon Journé-Léau, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter sa requête ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter sa condamnation à la somme de 5 760,53 euros s'agissant des demandes de M. A et à la somme de 11 288,19 euros s'agissant des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire qu'il n'est responsable des dommages subis par M. A qu'à hauteur de 75%.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 février 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, représenté par la société d'avocats De la Grange et Fitoussi, conclut à sa mise hors de cause et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la réparation des dommages de M. A ne lui incombe pas.

La clôture de l'instruction a été fixée au 14 mars 2024 par une ordonnance du même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 17 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la demande de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement à intervenir, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne est susceptible d'être condamné à lui verser est dépourvue de tout objet et par suite irrecevable dès lors qu'en vertu de l'article 1231-7 du code civil et même en l'absence de demande en ce sens, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution.

Les parties n'ont produit aucune observation en réponse à ce courrier.

Vu :

- le rapport des experts désignés par l'ordonnance n° 1602414 du 9 février 2017 ainsi que l'ordonnance de taxation du 16 août 2017 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Henriot,

- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,

- et les observations de Me Journé-Léau pour le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 17 avril 1961, a bénéficié d'une coloscopie à visée thérapeutique le 28 novembre 2015 au sein du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne. Il a subi, lors de cette intervention, une déchirure du haut rectum. M. A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) qui s'est déclarée incompétente par une décision du 14 janvier 2016. Par un courrier électronique du 8 avril 2016, M. A a indiqué au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne qu'il entendait solliciter l'indemnisation de ses préjudices. Par un courrier du 23 juillet 2016, le directeur du centre hospitalier a refusé de reconnaître la responsabilité de son établissement. Par une requête en date du 23 novembre 2016, M. A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'ordonner une expertise en vue de déterminer si les soins qui lui ont été prodigués ont été conformes aux règles de l'art. Une expertise, ordonnée par une décision du juge des référés du 9 février 2017, a donné lieu au dépôt d'un rapport le 24 mai 2017. M. A a adressé une demande indemnitaire au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne le 12 août 2022. M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à lui verser la contrevaleur en euros au jour du paiement de la somme de 91 266.36 dollars canadiens ainsi que la somme de 61 333,15 euros.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dans sa rédaction applicable au litige : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification () de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Selon les dispositions de l'article R. 421-7 du même code " () Ce même délai est augmenté de deux mois pour les personnes qui demeurent à l'étranger. () ". Par ailleurs, la saisine du juge des référés devant le tribunal administratif d'une demande d'expertise médicale aux fins de rechercher les causes des dommages imputés au service public hospitalier interrompt le délai de recours contentieux contre la décision par laquelle l'établissement hospitalier présente une offre d'indemnisation ou rejette la demande d'indemnisation. Ce délai commence à courir à nouveau à compter de la notification au requérant du rapport de l'expert ou de l'ordonnance du juge des référés rejetant la demande d'expertise.

3. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 7 juillet 2016, que le requérant indique avoir reçu le 23 juillet 2016, le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne a refusé d'indemniser M. A des conséquences de l'intervention dont il a bénéficié le 28 novembre 2015. Ce courrier indiquait à M. A, qui réside au Canada, qu'il disposait d'un délai de quatre mois à compter de sa réception pour contester la décision devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Si M. A soutient que cette décision n'avait pour objet que de rejeter une demande d'expertise qu'il avait adressée à l'assureur de l'établissement, et non pas une demande indemnitaire, il ne produit pas le courrier en cause. En outre, il ressort des termes même de la décision du 7 juillet 2016 que celle-ci refuse à M. A toute indemnisation, l'établissement estimant qu'il n'a commis aucune faute dans le cadre de sa prise en charge à compter du 28 octobre 2015. Par conséquent, la décision du 7 juillet 2016 constitue un refus d'indemnisation qu'il appartenait à M. A de contester dans un délai de quatre mois à compter du 23 juillet 2016, date de sa notification. La saisine par M. A du juge des référés d'une demande d'expertise médicale le 23 novembre 2016 a eu pour effet d'interrompre de délai qui a commencé à courir à nouveau le 24 mai 2017, date à laquelle M. A affirme avoir reçu la notification du rapport d'expertise. Dès lors, le requérant disposait d'un délai de quatre mois à compter de cette date, soit jusqu'au 27 novembre 2017, pour introduire sa requête. Par conséquent, la requête de M. A, qui a été enregistrée le 8 décembre 2022, est tardive, ainsi que le fait valoir le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne et doit, de ce fait, être rejetée.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne :

4. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ouvre aux caisses de sécurité sociale la possibilité de poursuivre le remboursement, par le responsable d'un dommage corporel, des dépenses qu'elles ont exposées en faveur de la victime, indépendamment de l'exercice par celle-ci ou par ses ayants droit d'un recours indemnitaire au titre des préjudices qui sont demeurés à sa charge. Bien que cette disposition qualifie de subrogatoires les recours dont disposent les caisses de sécurité sociale contre les tiers, la circonstance que la victime n'a pas, dans le délai du recours contentieux, contesté la décision par laquelle la collectivité publique à laquelle le dommage est imputé a rejeté sa demande indemnitaire n'a pas pour effet de rendre irrecevables les conclusions des caisses tendant au remboursement par cette collectivité des dépenses qu'elles ont engagées à la suite de l'accident.

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne :

5. Aux termes des dispositions de l'article L.1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 24 mai 2017, que M. A a bénéficié d'une première coloscopie thérapeutique le 30 septembre 2015 au sein du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne afin qu'il soit procédé au retrait de plusieurs polypes situés sur la paroi de son côlon, apparus dans un contexte de diverticulite. Certains polypes situés dans la partie basse du côlon n'ayant pu être retirés lors de cette première opération, M. A a bénéficié d'une seconde coloscopie le 28 octobre 2015 au sein du même établissement. Selon le rapport de l'expert, si la destruction des polypes a pu être effectuée avec succès, le retrait de l'endoscope a provoqué une déchirure de la partie haute du rectum d'une longueur de 6 cm du fait d'une mauvaise exécution du geste médical. Dans ces conditions, cette erreur de manipulation de l'opérateur, qui n'est pas sérieusement contestée par le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement.

En ce qui concerne le lien de causalité :

7. Le droit à réparation de la victime ne peut être réduit en raison d'une prédisposition pathologique lorsque l'affection dont elle est atteinte n'a été provoquée ou révélée que par le fait dommageable.

8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 24 mai 2017 que des adhérences intra-abdominales ont été observées lors de la coloscopie dont M. A a bénéficié le 28 octobre 2015, ces adhérences pouvant être la conséquence d'une appendicectomie ancienne ou de la diverticulite dont a souffert le requérant durant l'année 2015. L'expert estime que ces adhérences intra-abdominales constituent un facteur ayant favorisé la déchirure du rectum et que, par conséquent, la faute commise dans la manipulation de l'endoscope n'est la cause de la déchirure subie par M. A qu'à hauteur de 75 %. Néanmoins, d'une part, si les adhérences intra-abdominales décrites précédemment ont pu rendre plus délicate la manipulation de l'endoscope, elles ne sont pas la cause de la déchirure qui ne serait pas intervenue sans intervention extérieure. D'autre part, à supposer même que les adhérences constituent une prédisposition pathologique à la déchirure du rectum, une telle prédisposition ne pourrait avoir pour effet de réduire le droit à réparation de M. A dès lors que ladite déchirure n'a été provoquée que par la mauvaise manipulation de l'endoscope. Par suite, la faute commise par le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne est la cause directe, certaine et intégrale de la déchirure du rectum dont a été victime M. A le 28 octobre 2015 et de ses conséquences.

9. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la déchirure dont il a été victime, M. A a bénéficié d'une opération chirurgicale le 28 octobre 2015 consistant en une laparotomie puis en une suture des tissus déchirés du rectum, opération qui a nécessité l'hospitalisation du requérant jusqu'au 6 novembre 2015. Le 9 novembre 2015, M. A a été pris en charge par le service des urgences du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne en raison d'un abcès pariétal consécutif à l'opération du 28 octobre 2015. La réparation des préjudices causés par ces évènements, qui sont la conséquence directe de la déchirure du rectum dont a été victime M. A, incombe par conséquent au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne pour les motifs exposés au point précédent.

En ce qui concerne les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne :

10. En premier lieu, la CPAM de la Haute-Marne a produit une note de débours ainsi qu'une attestation d'imputabilité selon laquelle elle a exposé la somme de 13 110,52 euros au titre des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques et de transport dans le cadre de la prise en charge de M. A consécutive à la déchirure du rectum dont il a été victime le 28 octobre 2015 ainsi que la somme de 3 123,75 euros à titre d'indemnités journalières. Par suite, il y a lieu de lui allouer la somme de 12 175,70 euros qu'elle sollicite au titre de ces dépenses.

11. En deuxième lieu, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023, il y a lieu d'allouer à la caisse la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

12. En troisième lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. La demande de la CPAM de la Haute-Marne tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne est condamné à lui verser est donc dépourvue de tout objet et doit être rejetée.

Sur les conclusions de La Mutuelle Familiale :

13. La Mutuelle Familiale a produit une note de débours selon laquelle elle a exposé la somme de 1 421,12 euros au titre des frais hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques de M. A non pris en charge par la CPAM de la Haute-Marne. Néanmoins, le document produit fait mention d'une somme de 36 euros exposée au titre de frais d'hospitalisation le 28 octobre 2015, alors que M. A aurait été pris en charge à cette date même en l'absence de toute complication, la coloscopie initialement programmée étant sans lien avec la faute du centre hospitalier, d'une somme de 31 euros pour des frais exposés les 17 novembre, 3 et 4 décembre 2015 et une somme de 19,35 euros qui ne correspondent pas à des soins apparaissant dans l'attestation d'imputabilité de la CPAM de la Haute-Marne ainsi qu'une somme de 38,18 euros correspondant à des frais d'imagerie dentaire. Dès lors que le lien entre les dépenses précités et la faute du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne n'est pas établi, il y a lieu de déduire ces sommes du préjudice allégué par La Mutuelle Familiale. Par suite, il y lieu de condamner le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne à verser à La Mutuelle Familiale la somme de 1 296,59 euros.

Sur les frais liés au litige :

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme sollicitée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que la somme sollicitée par M. A soit mise à la charge du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne. Enfin, dans les circonstances particulières de l'espèce, les frais d'expertise taxés à la somme totale de 1 980 euros par une ordonnance du 16 août 2017 sont mis à la charge définitive de ce même établissement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne la somme de 12 175,70 euros ainsi que la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne est condamné à verser à La Mutuelle Familiale la somme de 1 296,59 euros.

Article 4 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 1 980 euros par une ordonnance du 16 août 2017 sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Marne, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne ainsi qu'à La Mutuelle Familiale.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

J. HENRIOTLe président,

signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

signé

A. PICOT

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