vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202962 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022 Mme B A, représentée
par Me Denis-Vauchelin, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme
de 44 997,50 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme
de 4 518,54 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que
les dépens.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier universitaire de Reims a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans le cadre de sa prise en charge à compter du 17 décembre 2016 ;
- la faute est constituée par une erreur de diagnostic ;
- elle a été victime d'une infection nosocomiale dont la réparation incombe au centre hospitalier universitaire de Reims ;
- cette faute et cette infection nosocomiale sont la cause des préjudices qu'elle a subis ;
- les préjudices doivent être évalués de la manière suivante :
* 1 967,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 1 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
* 8 850 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
* 5 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
* 20 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 7 680 euros au titre des souffrances endurées.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2023, et un mémoire enregistré le 21 mars 2024 qui n'a pas été communiqué, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par Me Cariou, demande au tribunal de limiter sa condamnation à la somme totale de 21 602 euros.
Il fait valoir que Mme A sollicite une indemnisation excessive de ses préjudices.
Par un mémoire en intervention enregistré le 8 février 2024 la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme de 9 464,56 euros, assortie des intérêts à compter du prononcé du jugement, au titre des débours qu'elle a exposés pour le compte de Mme A ;
2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'ordonnance n°96-51 du 24 janvier 1996 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme de 700 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que Mme A a été victime d'un accident dont la responsabilité incombe au centre hospitalier universitaire de Reims.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 mars 2024 par une ordonnance du même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 17 mai 2024 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la demande de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement à intervenir, des intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier universitaire de Reims est susceptible d'être condamné à lui verser est dépourvue de tout objet et par suite irrecevable dès lors qu'en vertu de l'article 1231-7 du code civil et même en l'absence de demande en ce sens, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution.
Les parties n'ont pas produit d'observation en réponse à ce courrier.
Vu :
- le rapport des experts désignés par l'ordonnance n°2002249 du 21 février 2021 ainsi que les ordonnances de taxation du 11 août 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, conseiller ;
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 13 mars 1983, a été prise en charge au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims le 16 décembre 2016 dans le cadre de son accouchement. Elle a bénéficié d'une césarienne le 17 décembre 2016 puis elle a présenté des symptômes infectieux à compter du 20 décembre 2016. Elle a néanmoins quitté le CHU de Reims le 24 décembre 2016 avant de se présenter au service des urgences de ce même établissement le 29 janvier 2017, date à laquelle a été diagnostiquée une suspicion de pneumopathie bactérienne récidivante. Le 10 février 2017, un praticien extérieur à l'établissement a finalement diagnostiqué une endocardite infectieuse ainsi qu'une pathologie mitrale qui nécessitera divers soins et en particulier la réalisation d'un pontage fémoro-poplité le 27 juin 2017. Par une requête en date du 27 octobre 2020, Mme A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'ordonner une expertise en vue de déterminer si les soins qui lui ont été prodigués ont été conformes aux règles de l'art. Une expertise, ordonnée par une décision du juge des référés du 22 février 2021, a donné lieu au dépôt d'un rapport le 20 juin 2022. Mme A a adressé une demande indemnitaire au CHU de Reims le 3 octobre 2022. Mme A demande au tribunal de condamner le CHU de Reims à lui verser la somme de 44 997,50 euros.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Reims :
2. Aux termes des dispositions de l'article L.1142-1 du code de la santé publique applicables au litige : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Selon les dispositions de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ".
3. En premier lieu, doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022, que Mme A, qui a bénéficié d'une césarienne le 17 décembre 2016, a présenté des symptômes infectieux à compter du 20 décembre 2016. Dès lors, l'endocardite infectieuse qui a été diagnostiquée le 10 février 2017 est survenue au cours de la prise en charge de la requérante au sein du CHU de Reims du 16 au 24 décembre 2016, l'infection ayant été contractée, selon les experts, lors de la césarienne. Dans ces conditions, le caractère nosocomial de l'infection en litige, qui n'est pas contesté par le CHU de Reims, est établi. En outre, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022 que le taux d'atteinte permanente à l'indemnité physique de Mme A est de 5 %, ce qui n'est pas davantage contesté par le CHU de Reims. Par suite, la réparation des conséquences de l'infection nosocomiale dont a été victime Mme A relève de la responsabilité de CHU de Reims.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise
du 20 juin 2022, que l'endocardite infectieuse dont a été victime Mme A n'a été diagnostiquée par le CHU de Reims ni lors de son hospitalisation le 20 décembre 2016 ni lorsqu'elle s'est présentée aux urgences le 29 janvier 2017. L'infection n'a été correctement diagnostiquée que le 10 février 2017, par un praticien extérieur à l'établissement. Dès lors, les services du CHU de Reims ont commis une erreur de diagnostic en n'identifiant pas le type d'infection dont a été victime la requérante. Or, si le 20 décembre 2016 le CHU de Reims a conclu à l'existence d'une pneumopathie infectieuse, les experts ont estimé qu'un tel diagnostic n'était pas compatible avec les symptômes dont souffrait Mme A, et en particulier avec un bilan biologique évocateur d'une insuffisance cardiaque aigüe. De plus, les experts ont estimé que le diagnostic d'une pneumopathie bactérienne récidivante réalisé le 29 janvier 2017 n'était pas cohérent avec un examen radiographique considéré comme normal. Dans ces circonstances, les erreurs de diagnostic commises les 20 décembre 2016 et 29 janvier 2017, qui ne sont pas contestées par l'établissement défendeur, constituent des fautes de nature à engager la responsabilité du CHU de Reims.
Sur le lien de causalité :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022, que l'endocardite infectieuse dont a été victime Mme A est la cause d'embolies cérébrales mineures, diagnostiquées le 16 février 2017, ainsi que d'une embolie de l'artère poplitée du genou droit, diagnostiquée en mai 2017 et qui a nécessité la réalisation d'un pontage fémoro-poplité le 27 juin 2017. Néanmoins, les experts ont estimé que le rétrécissement mitral rhumatismal dont souffre la requérante et qui a été diagnostiqué le 10 février 2017 était antérieur à l'infection nosocomiale en litige et qu'il n'est donc pas la conséquence de celle-ci, ce qui n'est pas contesté par les parties. Par conséquent, l'infection nosocomiale dont a été victime Mme A est la cause directe et certaine des embolies cérébrale et artérielle poplitée dont elle a souffert, ainsi que des conséquences de ces affections.
Sur les préjudices :
7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme A doit être fixée au 29 mai 2018.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
8. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022 que, du 24 décembre 2016 au 30 avril 2017, du fait de l'infection nosocomiale dont elle a été victime, Mme A était handicapée pour réaliser les actes de la vie courante et en particulier pour s'occuper de ses trois jeunes enfants. Elle affirme, sans être contredite, qu'elle a bénéficié durant cette période de l'assistance du père de son dernier né, y compris du 10 février au 1er mars 2017 durant son hospitalisation. Les experts évaluent à une moyenne de 3 heures par jour les besoins d'assistance, non spécialisée, induits par l'état de santé de Mme A du 24 décembre 2016 au 30 avril 2017. Dans ces conditions, en retenant un taux de rémunération horaire de 17 euros, afin de tenir compte des charges patronales ainsi que des majorations de rémunération les dimanches et jour fériés et en calculant l'indemnisation des besoins sur la base d'une année de 412 jours, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés, le préjudice de Mme A doit être évalué, pour les 128 jours compris entre le 24 décembre 2016 et le 30 avril 2017, à la somme de 7 369 euros.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
S'agissant de la période antérieure à la consolidation :
10. En premier lieu, résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 20 juin 2022 que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire total lors des périodes durant lesquelles elle était hospitalisée, soit du 10 février au 1er mars 2017 puis du 26 juin au 1er juillet 2017, pendant 26 jours au total. Dès lors, en retenant un taux journalier de 20 euros, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 520 euros. En outre, Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 2 au 15 mars 2017, du 17 mai au 25 juin 2017, puis du 2 au 21 juillet 2017, soit durant une période de 74 jours. Dès lors, en retenant un taux journalier de 20 euros réduit à 25 %, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 370 euros. Enfin, Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 10 % du 16 mars au 16 mai 2017 et du 22 juillet 2017 au 29 mai 2018, soit durant une période de 374 jours. Dès lors, en retenant un taux journalier de 20 euros réduit à 10 %, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 748 euros. Par suite, l'ensemble du déficit fonctionnel temporaire de Mme A doit être évalué à la somme totale de 1 638 euros.
11. En deuxième lieu, le préjudice esthétique subi par Mme A entre le 27 juin 2017, date à laquelle elle a bénéficié d'un pontage fémoro-poplité à la jambe droite qui a occasionné des cicatrices importantes, au 29 mai 2018, date de la consolidation, a été évalué par les experts à 2 sur une échelle de 7. Dès lors, en tenant compte de la durée de la période considérée, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 1 500 euros.
12. En troisième lieu, les souffrances endurées par Mme A ont été évaluées par les experts à 4 sur une échelle de 7. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 8 000 euros.
S'agissant de la période postérieure à la consolidation :
13. En premier lieu, le déficit fonctionnel permanent de Mme A a été fixé par les experts à 5 %. Dès lors, compte tenu du fait que Mme A, née le 13 mars 1983, était âgée de 35 ans à la date de consolidation de son état de santé, le 29 mai 2018, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 000 euros.
14. En second lieu, le préjudice esthétique permanent subi par Mme A a été évalué par l'expert à 2 sur une échelle de 7. Mme A présente à la jambe droite des cicatrices qui demeurent fortement apparentes. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à hauteur de 3 000 euros.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne :
15. En premier lieu, la CPAM de la Haute-Marne a produit une note de débours ainsi qu'une attestation d'imputabilité selon laquelle elle a exposé la somme de 9 464,56 euros au titre des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques et de transport dans le cadre de la prise en charge de Mme A du fait de l'infection nosocomiale dont elle a été victime. Dès lors, il y a lieu de condamner le CHU de Reims à verser cette somme à la CPAM de la Haute-Marne
16. En deuxième lieu, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023, il y a lieu d'allouer à la caisse la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
17. En troisième lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. La demande de la CPAM de la Haute-Marne tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du jugement, des intérêts au taux légal sur la somme que le CHU de Reims est condamné à lui verser est donc dépourvue de tout objet et doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Reims la somme de 1 500 euros au bénéfice de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'octroyer à la CPAM de la Haute-Marne la somme qu'elle sollicite à ce titre, car, alors qu'elle n'est pas représentée, elle n'établit pas avoir exposé de frais dans le cadre de la présente instance. Enfin, les frais d'expertise taxés à la somme totale de 5 070 euros par des ordonnances du 11 août 2022 doivent être mis à la charge définitive du CHU de Reims.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à Mme A la somme de 27 507 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne la somme de 9 464,56 euros ainsi que la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera la somme totale de 1 500 euros à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 5 070 euros par des ordonnances du 11 août 2022 sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Reims.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier universitaire de Reims ainsi qu'à la caisse primaire d'assurance maladie de la Marne et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026