mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2203018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAMMUT CROON JOURNÉ-LÉAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 décembre 2022 et le 7 novembre 2023, Mme C B, représentée par Me Royaux, demande au tribunal, dans le dernier état
de ses écritures :
1°) de condamner le groupement hospitalier Sud-Ardennes à lui verser la somme de 49 074 euros en réparation du préjudice résultant de sa prise en charge par le centre hospitalier de Rethel à compter du 30 décembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge du groupement hospitalier Sud-Ardennes la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens y compris les frais d'expertise.
Elle soutient que :
- elle a contracté une infection nosocomiale lors de son hospitalisation au centre hospitalier de Rethel dans le cadre d'une ostéosynthèse ;
- la date de consolidation a été fixée par les experts au 8 mai 2020 ;
- ses antécédents et son tabagisme ne peuvent pas entrainer une diminution de la réparation de ses préjudices ;
- les préjudices subis doivent être indemnisés par le groupement hospitalier Sud-Ardennes à hauteur de 66 % ;
- l'assistance par une tierce personne à hauteur de 2 heures par jour pendant 491 jours et 5 heures par semaine pendant 32 semaines doit être indemnisée à 13 566 euros après prise en compte de la part imputable au groupement hospitalier Sud-Ardennes ;
- son déficit fonctionnel temporaire doit être indemnisé à hauteur de 5 412,00 euros compte tenu d'une imputabilité à 66 % ;
- les souffrances endurées, évaluées à 4,5/7, et le syndrome dépressif qu'elle a vécu doivent être indemnisés à hauteur de 13 200 euros après prise en compte de la part imputable au groupement hospitalier Sud-Ardennes ;
- le préjudice esthétique temporaire, évalué par les experts à 2,5% doit être indemnisé à hauteur de 2 640 euros compte tenu d'une imputabilité à 66 % ;
- son déficit fonctionnel permanent évalué à 15% doit être indemnisé à hauteur de 10 296 euros compte tenu d'une imputabilité à 66 % ;
- son préjudice d'agrément doit être indemnisé à hauteur de 3 960 euros en prenant en compte la part imputable au groupement hospitalier Sud-Ardennes .
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 juillet 2023 et le 7 décembre 2023, le groupement hospitalier sud Ardennes (GHSA), représenté par Me Journé-Léau, conclut à la limitation de la part de responsabilité du GHSA dans le préjudice subi par la requérante à 33% et à la limitation de l'indemnisation de ses préjudices à de plus justes proportions. Le GHSA conclut également à la limitation de la somme versée à la CPAM au titre de ses débours à la somme de 9 083,53 euros.
Il fait valoir que :
- l'assistance par tierce personne ne pourra être indemnisée au-delà de 3 763,82 euros ;
- il ne saurait être mis à sa charge une somme supérieure à 1 515,36 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
- il ne saurait être mis à sa charge une somme supérieure à 3 300 euros au titre des souffrances endurées ;
- l'indemnisation du préjudice esthétique temporaire sera limité à 495 euros ;
- l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent sera limité à 6 435 euros ;
- il ne saurait être mis à sa charge une somme supérieure à 495 euros en réparation du préjudice d'agrément.
Par des mémoires enregistrés le 27 mars 2023 et le 10 octobre 2023, la CPAM du Puy-de-Dôme, représentée par Me Nolot, demande la condamnation du GHSA à lui verser la somme de 28 682,34 euros au titre de ses débours assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 mars 2023 avec capitalisation des intérêts à compter du 27 mars 2024 et les sommes de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Mme B a été victime d'une infection nosocomiale ;
- les prédispositions en lien avec le tabagisme ne peuvent ni exclure ni réduire l'indemnisation de la victime.
La requête a été transmise à la société Pacifica qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 15 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 décembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances du 22 septembre 2022 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisées par le Dr A et le Dr D.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et M. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Alibert, première conseillère,
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été prise en charge le 30 décembre 2017 au centre hospitalier de Rethel pour une fracture complexe du pilon tibial gauche. Elle y a subi une ostéosynthèse par plaque vissée associée à un embrochage centromédullaire. Elle a souffert d'une nécrose cutanée le 11 janvier 2018 et a fait l'objet de quatre hospitalisations afin de la traiter. Par une requête en date du 14 août 2019, Mme B a saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne afin de voir désigner un expert. Par ordonnances du 6 février 2020, le juge des référés a désigné les docteurs A et D en qualité d'experts. Ces derniers ont rendu leur rapport le 26 août 2022. Le 27 septembre 2022, Mme B a demandé l'indemnisation du préjudice lié à sa prise en charge au GHSA puis a saisi le tribunal de Châlons-en-Champagne afin d'obtenir réparation de son préjudice.
Sur la responsabilité du GHSA :
2. Au titre de l'article L. 1142-1 alinéa 2 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".
3. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme B a contracté une infection nosocomiale lors de sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Rethel. Le GHSA ne conteste ni le caractère nosocomial de l'infection ni l'engagement de sa responsabilité à ce titre. Cette infection nosocomiale, est, dès lors, de nature à engager la responsabilité du GHSA pour les préjudices en lien direct et certain avec cette dernière. Au contraire, les préjudices de Mme B liés à la fracture initiale n'ont pas à être mis à la charge du GHSA.
4. Si le GHSA affirme que l'état de santé de Mme B et notamment son tabagisme a conduit le chirurgien à mettre en place une antibiothérapie préventive qui a contribué à la propagation de l'infection, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'infection nosocomiale contractée par Mme B est liée à une fermeture cutanée incomplète contraignant la mise en place d'une antibioprophylaxie prolongée au-delà de la durée préconisée par les bonnes pratiques. Par suite, le tabagisme de Mme B, qui n'a pas de lien direct avec la réalisation du préjudice, ne peut exonérer le GHSA d'une partie de sa responsabilité. Il convient, dès lors, de déterminer, pour chaque poste de préjudice, s'il doit être rattaché à la fracture initiale ou à l'infection nosocomiale contractée au sein du GHSA.
Sur les préjudices de Mme B :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
5. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 30 décembre 2017 au 05 janvier 2018, du 11 janvier 2018 au 22 janvier 2018, le 23 mars 2018, du 25 avril 2018 au 07 mai 2018 et le 03 aout 2018. Il résulte également de l'instruction que l'infection nosocomiale de la requérante n'est survenue que le 11 janvier 2018. Par suite, la période s'étendant du 30 décembre 2017 au 5 janvier 2018, correspondant à l'hospitalisation de la requérante des suites de sa fracture et de l'opération qu'elle a subie est sans lien avec l'infection nosocomiale survenue postérieurement. S'agissant des autres périodes, représentant un total de 27 jours, correspondant à des hospitalisations en lien avec l'infection nosocomiale contractée au sein du centre hospitalier de Rethel, il convient d'évaluer le déficit fonctionnel temporaire total de la requérante à hauteur de 20 euros par jour et de condamner le centre hospitalier de Rethel à verser à Mme B
la somme de 540 euros en réparation de son déficit fonctionnel temporaire total.
6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire évalué à 50% du 6 janvier au 10 janvier 2018, du 23 janvier au 22 mars 2018, du 24 mars 2018 au 24 avril 2018, du 8 mai 2018 au 2 août 2018 et du 4 août 2018 au 3 août 2019 soit pendant 548 jours. En l'absence d'infection, elle aurait subi un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 50% pendant 8 semaines soit 56 jours. Il y donc lieu d'évaluer le déficit fonctionnel partiel à 50% de la requérante pour une durée de 492 jours à hauteur de 10 euros par jours, soit 4 920 euros. La requérante a également subi un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 25% du 4 août 2019 au 8 mai 2020 soit pendant 279 jours. En l'absence d'infection nosocomiale, elle aurait subi un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 25% pendant 8 semaines soit 56 jours. Il y donc lieu d'évaluer le déficit fonctionnel partiel de la requérante à 25% pour une durée de 223 jours à hauteur de 5 euros par jour, soit 1 115 euros. Enfin, il résulte du rapport d'expertise que la requérante aurait subi, en l'absence d'infection nosocomiale et du seul fait de la fracture un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 15% sur une durée de 8 mois, soit pendant 244 jours. Ce déficit fonctionnel partiel, auquel la requérante aurait été exposée en l'absence d'infection nosocomiale mais qu'elle n'a pas subi du fait de celle-ci, aurait correspondu à une somme de 732 euros qu'il y a lieu de retrancher de l'évaluation du préjudice de la requérante. Ainsi, le GHSA doit être condamné à verser à la requérante la somme de 5 303 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel.
7. Mme B n'allègue ni ne démontre avoir eu besoin de l'assistance d'une tierce personne. Par suite, sa demande d'indemnisation à ce titre doit être rejetée.
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a été consolidée le 8 mai 2020, elle était alors âgée de 53 ans et présentait un déficit fonctionnel permanent égal à 15%. En l'absence de toute complication, Mme B aurait tout de même présenté un déficit fonctionnel permanent évalué à 5% lié à la fracture. Par suite, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent subi par Mme B en lien direct avec l'infection contractée en condamnant le GHSA à lui verser la somme de 15 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les souffrances endurées par Mme B peuvent être évaluées à 4,5 sur une échelle de 1 à 7. En l'absence d'infection, Mme B n'aurait subi de souffrances qu'à hauteur de 3,5 sur 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme B en lien direct avec l'infection contractée en condamnant le GHSA à lui verser la somme de 5 000 euros.
10. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le préjudice esthétique ressenti par Mme B peut être évalué à 2,5 sur une échelle de 1 à 7. En l'absence d'infection, Mme B n'aurait subi ce préjudice qu'à hauteur de 2 sur une échelle de 1 à 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique de Mme B en lien direct avec l'infection contractée en condamnant le GHSA à lui verser la somme de 900 euros.
11. Si la requérante sollicite l'indemnisation d'un préjudice d'agrément lié à sa gêne dans ses marches quotidiennes et sa pratique de la natation, elle ne justifie pas avoir pratiqué ces activités avant de contracter une infection nosocomiale dans le cadre de sa prise en charge au centre hospitalier de Rethel. Par suite, il convient de rejeter la demande d'indemnisation de ce poste de préjudice.
12. Il résulte de ce qui précède que le GHSA doit être condamné à verser à Mme B la somme de 26 743 euros en réparation des préjudices causés par l'infection nosocomiale dont elle a été victime suite à sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Rethel.
Sur les demandes de la CPAM du Puy-de-Dôme :
13. La CPAM du Puy-de-Dôme sollicite au titre de ses débours le versement des frais d'hospitalisation de Mme B en dehors de l'hospitalisation initiale, des frais médicaux et notamment des frais de biologie, de prélèvements, de radiographies et de consultations à compter du 24 janvier 2018, des frais pharmaceutiques comprenant principalement des compresses, des antidouleurs et des antibiotiques à compter du 6 juillet 2018, des frais de béquilles, d'orthèse et d'atèle à compter du 6 juillet 2018, des soins infirmiers à compter du 22 janvier 2018, des frais de kinésithérapie à compter du 15 juillet 2019 et des frais de transport à compter du 11 juillet 2018. D'une part, si le GHSA allègue que les frais de transport ne sont pas en lien direct avec l'infection nosocomiale, il ressort de la liste produite par la CPAM du Puy-de-Dôme que ces transports étaient soit en lien avec une hospitalisation de la requérante en lien avec l'infection nosocomiale, soit ont eu lieu pendant une période où celle-ci nécessitaient des soins rendus nécessaires par la survenance de l'infection. D'autre part, si le GHSA sollicite de voir sa responsabilité réduite à un tiers, l'ensemble des actes et dépenses présentées par la CPAM ont pour seule origine l'infection présentée par la requérante. Par suite, le GHSA doit être condamné à verser à la CPAM du Puy-de-Dôme la somme de 28 682,34 euros au titre de ses débours assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 mars 2023, date de la requête, avec capitalisation des intérêts à compter du 27 mars 2024. La CPAM du Puy-de-Dôme est également fondée à demander le versement de l'indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros.
Sur les dépens :
14. Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros s'agissant du Dr A et à la somme de 2 400 euros s'agissant du Dr D, deux ordonnances du 22 septembre 2022, sont mis à la charge définitive du GHSA.
Sur les frais liés au litige :
15. D'une part, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du GHSA une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la CPAM du Puy-de-Dôme.
16. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du GHSA présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En outre, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de Mme B, admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Le groupement hospitalier Sud-Ardennes est condamné à verser à Mme B la somme de 26 743 euros en réparation des préjudices causés par l'infection nosocomiale dont elle a été victime suite à sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Rethel.
Article 2 : Le groupement hospitalier Sud-Ardennes est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 28 682,34 euros au titre de ses débours assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 mars 2023, date de la requête, avec capitalisation des intérêts à compter du 27 mars 2024 ainsi que la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Le groupement hospitalier Sud-Ardennes versera la CPAM du Puy-de-Dôme la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 4 400 euros par deux ordonnances du 22 septembre 2022, sont mis à la charge définitive du groupement hospitalier Sud-Ardennes.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au groupement hospitalier Sud-Ardennes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, à la société PACIFICA, à la ministre de la santé et de l'accès aux soins.
Copie en sera adressée à M. le docteur F A, expert
et à M. le docteur E D, expert.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
Mme Alibert, première conseillère,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
B. ALIBERTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
La République mande et ordonne à la ministre de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui
la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026