jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300116 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 janvier 2023, M. A C demande au tribunal la décharge du titre exécutoire du 26 octobre 2022 émis par le président du conseil départemental des Ardennes en vue du recouvrement d'une somme de 10 121 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er avril 2020 au 28 février 2022.
Il soutient que :
- il a déposé un recours écrit devant la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales qui n'a pas donné de réponse ;
- il a accepté un plan d'apurement de sa dette qui ne concernait que l'allocation de logement sociale ;
- il a créé, sans aide de ses différents référents, une activité économique qui ne lui procure actuellement aucun salaire ;
- il ne lui a pas été indiqué que les aides ponctuelles reçues de ses parents devaient être déclarées.
Par un mémoire enregistré le 8 mars 2024, le département des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas exercé de recours administratif préalable obligatoire et subsidiairement que l'indu est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un de ces organismes décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge et en application des dispositions combinées des articles L. 262-47 et R. 262-87 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, former un recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental et la décision que ce dernier prend après avoir consulté, le cas échéant, la commission de recours amiable, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ".
4. Lors d'un contrôle de la situation de M. C, bénéficiaire du revenu de solidarité active, il a été relevé que celui-ci avait bénéficié, de la part de ses parents, outre de la prise en charge du montant de son assurance d'habitation et d'une partie de son loyer, de virements bancaires dont le montant s'est élevé à 16 980 euros pour l'année 2019, à 10 356 euros pour l'année 2020 et à 5 016 euros pour l'année 2021. Il résulte de l'instruction que ces secours ne présentent pas le caractère d'aides ponctuelles, contrairement à ce qu'expose l'intéressé. Cette pension alimentaire devait, par suite, être intégrée dans le montant de ses ressources pour le calcul du montant de ses droits au revenu de solidarité active, ce qui a conduit la caisse d'allocations familiales des Ardennes à lui notifier, par courrier du 6 avril 2022, un indu d'un montant de 10 121 euros à ce titre, puis le département des Ardennes à émettre le titre de recettes en cause. Pour en contester le bien-fondé, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de ce qu'il n'aurait pas été spécifiquement informé de la nécessité de déclarer ces sommes. Par ailleurs, les circonstances qu'il a conclu avec la caisse d'allocations familiales des Ardennes un plan d'apurement de sa dette d'allocation de logement sociale et qu'il aurait développé sans aide institutionnelle une activité économique sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu correspondant au montant du titre de recettes en cause, qui est ainsi établi.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département des Ardennes, la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département des Ardennes.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. BLa greffière,
signé
I. ROLLAND
No 2300116
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