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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300144

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300144

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300144
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 20 janvier 2023, 31 janvier 2023 et 7 février 2023, la société par actions simplifiée La Sirène et La Marina doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 à 2022 dans les rôles de la commune de Givet.

Elle soutient qu'elle remplit les conditions pour obtenir un dégrèvement sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts dès lors qu'elle n'a pu exploiter une salle de sport depuis 2020 en raison de la crise sanitaire et du manque de financements.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société La Sirène et La Marina ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mach, magistrate désignée,

- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS La Sirène et La Marina, qui exerce une activité de location, d'acquisition et de vente de biens immobiliers, a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2021 et 2022 à raison de locaux dont elle est propriétaire situés 7 rue Flayelle et 16 rue Gambetta à Givet. Par la présente requête, la SAS La Sirène et La Marina demande la décharge de ces impositions ainsi que celle établie au titre de l'année 2020.

2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1389 du même code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ".

3. Aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. () ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".

4. D'une part, il résulte de l'acte de vente conclu le 20 mai 2020 entre la société Alliance Givet et la société requérante que cette dernière n'a acquis les locaux litigieux situés rue de Gambetta à Givet qu'à compter du 20 mai 2020. En application des articles 1400 et 1415 du code général des impôts, la société La Sirène et La Marina n'était pas redevable de la taxe foncière sur les propriétés bâties due au 1er janvier 2020, alors même que la société requérante a procédé au remboursement d'une fraction de cette imposition au vendeur, redevable légal. Dans ces conditions, la société requérante ne peut utilement solliciter le dégrèvement de la taxe foncière afférente à ces locaux au titre de l'année 2020.

5. D'autre part, il résulte des dispositions citées au point 2 que si l'inexploitation d'un immeuble peut ouvrir droit au dégrèvement qu'elles prévoient, c'est notamment à la double condition que le contribuable utilise lui-même cet immeuble à des fins commerciales ou industrielles et que son exploitation soit interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté. Le respect de cette condition exige, en principe, que le contribuable exploite lui-même l'établissement avant l'interruption de l'exploitation. Toutefois, lorsqu'un contribuable achète un immeuble dont l'exploitation à des fins industrielles ou commerciales est interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté, il peut prétendre à l'exonération prévue par les dispositions précitées s'il résulte de l'instruction qu'il a acquis cet immeuble en vue de l'exploiter lui-même à des fins industrielles et commerciales.

6. Pour l'application des dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts, un immeuble à usage industriel ou commercial, dépourvu de moyens de production ou d'exploitation, donné en location par une société dont l'objet est la location de locaux ne saurait être regardé comme utilisé par la société bailleresse elle-même.

7. La société La Sirène et La Marina fait valoir que la crise sanitaire et des problèmes de financement ont fait obstacle à l'exercice de son activité et à sa tentative d'exploiter une salle de sport. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société requérante, qui a pour activité la location, l'acquisition et la vente de biens immobiliers, a entrepris des démarches en vue de la signature d'un bail commercial pour l'exploitation des locaux situés rue Gambetta, notamment avec des entreprises gérant des salles de sport. Dans ces conditions, ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, cet immeuble à usage commercial litigieux, lequel était dépourvu de moyens de production ou d'exploitation, ne peut être regardé comme utilisé par la société requérante elle-même. Par ailleurs, et ainsi que le relève l'administration fiscale, la société requérante n'apporte aucun élément de nature à établir l'inexploitation des locaux situés 7 rue Flayelle, qui constituent le siège social de la société. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle peut prétendre au bénéfice du dégrèvement prévu aux dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société La Sirène et La Marina doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la société La Sirène et La Marina est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée La Sirène et La Marina et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A.-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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