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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300162

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300162

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300162
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 janvier 2023, 14 mars 2023, 3 mai 2023 et 18 octobre 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur un indu d'aide personnalisée au logement qui a été mis à sa charge pour un montant de 4 514,40 euros.

Il soutient que :

- l'indu en cause trouve son origine dans une erreur qui, pour lui être imputable, ne remet pas en cause sa bonne foi ;

- ses ressources professionnelles ne lui permettent pas à elles seules de rembourser l'indu mis à sa charge, cela l'obligeant à s'endetter.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, la caisse d'allocations familiales des Ardennes conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B s'est vu réclamer, par une décision du 27 septembre 2022, le remboursement d'un indu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 4 514,40 euros. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur cet indu.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. À cet effet, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient qu'il lui soit accordé une remise ou une réduction de dette.

4. Il résulte de l'instruction que, si l'indu en cause trouve son origine dans l'absence de déclaration par M. B des précomptes professionnels en lien avec les revenus perçus au titre de son activité salariée exercée en Belgique, sa bonne foi est établie par les courriels échangés avec les services de la caisse d'allocations familiales des Ardennes. Toutefois, M. B, en se bornant à alléguer qu'il ne peut rembourser l'indu en cause sans s'endetter, n'établit pas que, à la date du présent jugement, il se trouverait dans une situation financière dont la précarité ferait obstacle à ce qu'il puisse rembourser cet indu sans compromettre durablement l'équilibre de son budget et sans menacer la satisfaction des besoins élémentaires des membres de son foyer. Par ailleurs, les éléments rapportés dans l'avis émis par la commission de recours amiable le 27 octobre 2022 préalablement à la décision lui refusant une remise gracieuse, qui sont ceux les plus récents parmi les pièces du dossier, révèlent qu'il est célibataire, que son quotient familial a été fixé à 805,53 euros et que les ressources mensuelles du foyer après soustraction des charges s'élèvent aux alentours de 1 200 euros. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il se trouverait dans une situation financière justifiant qu'une remise gracieuse lui soit accordée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.

Le magistrat désigné,

signé

C. CLe greffier,

signé

A. PICOT

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