mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL AHMED HARIR |
Vu la procédure suivante :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
(2ème chambre)
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier 2023 et 5 mars 2024,
Mme B A, représentée par Me Touchon, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Noyers Pont Maugis à lui verser la somme de
70 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 20 novembre 2022, date de sa demande indemnitaire préalable, et de la capitalisation de ceux-ci ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noyers Pont Maugis la somme de
2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Noyers Pont Maugis a commis une faute de nature à engager sa responsabilité :
- en ne respectant pas le délai de prévenance prévu par l'article 38-1 du décret
n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- en s'abstenant de lui proposer un contrat à durée indéterminée ;
- les irrégularités commises entachant la procédure de licenciement ont causé un préjudice tiré de la perte de chance d'obtenir un contrat à durée indéterminée ;
- elle a subi un préjudice moral en raison de l'absence d'information concernant le renouvellement de son contrat qui l'a privée de rechercher un nouvel emploi en temps utile.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2023, la commune de Noyers Pont Maugis, représentée par Me Harir, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de
Mme A d'une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Oscar Alvarez, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est employée au sein de la commune de Noyers Pont Maugis depuis 2013 en qualité d'adjoint administratif contractuel sous divers contrats à durée déterminée. A l'échéance de son dernier contrat au 31 décembre 2020, son contrat n'a pas été renouvelé. Suite au silence gardé par la commune à sa demande indemnitaire, Mme A demande au tribunal la condamnation de la commune de Noyers Pont Maugis à lui verser la somme de 70 000 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les fautes :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 :
" I. - Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : / - trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la méconnaissance de la règle prévue par l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, dont l'objet est de faire bénéficier l'intéressé d'un préavis, est de nature à engager la responsabilité de l'administration à son égard.
4. Il résulte de l'instruction que la commune de Noyers Pont Maugis a convoqué, le
17 septembre 2020, Mme A à un entretien préalable à la déclaration de vacance du poste de secrétariat qu'elle occupait au sein de ces services et il est constant qu'elle s'est rendue le 24 septembre 2024. En revanche, il ne ressort pas des termes du courrier du 17 septembre 2020, que cet entretien allait porter sur le non renouvellement de son contrat. Par ailleurs, en se bornant à alléguer que l'information relative au non renouvellement de son contrat a été délivrée à l'intéressée lors de cet entretien dont l'objet était différent, la commune n'en justifie pas par les pièces qu'elle produit au débat. En outre, si la commune fait valoir que la procédure de recrutement mise en œuvre visait au recrutement à compter du 4 janvier 2021 d'un emploi permanent de secrétaire de mairie dans le grade d'adjoint principal de 2ème classe ou d'adjoint administratif de 1ère classe relevant de la catégorie C ou dans le grade de rédacteur relevant de la catégorie B à temps complet, celle-ci ne faisait pas obstacle, selon les termes de la délibération du 10 octobre 2020, au recrutement d'un agent contractuel auquel Mme A pouvait raisonnablement candidater permettant la poursuite de la relation contractuelle et auquel elle a, au demeurant, postulé en novembre 2020. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que la commune de Noyers Pont Maugis a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne respectant le délai de prévenance de trois mois, prévu par les dispositions visées au point 2.
5. En second lieu, aux termes de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, alors applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du
13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / 3° Pour les communes de moins de 1 000 habitants et les groupements de communes regroupant moins de 15 000 habitants, pour tous les emplois; () /Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée ". Aux termes de l'article 3-4 de la même loi : " () / II. - Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. /La durée de six ans, mentionnée au premier alinéa du présent II est comptabilisée au titre de l'ensemble des services accomplis auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés sur le fondement des articles 3 à 3-3. Elle inclut, en outre, les services effectués au titre du deuxième alinéa de l'article 25 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement l'ayant ensuite recruté par contrat. /Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps non complet et à temps partiel sont assimilés à des services effectués à temps complet. /Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. /Lorsqu'un agent remplit les conditions d'ancienneté mentionnées aux deuxième à quatrième alinéas du présent II avant l'échéance de son contrat en cours, les parties peuvent conclure d'un commun accord un nouveau contrat, qui ne peut être qu'à durée indéterminée. En cas de refus de l'agent de conclure un nouveau contrat, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours ".
6. Si Mme A soutient qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier d'un contrat à durée indéterminée avant l'expiration de son contrat, et que son contrat à durée déterminée aurait dû être transformé en contrat à durée indéterminée dans le cadre d'un avenant, la durée de services effectifs au sein de la commune ayant atteint six années au cours de ce dernier engagement, il ne résulte ni des dispositions précitées ni d'autres dispositions législatives ou réglementaires que la commune de Noyers Pont Maugis était tenue de transformer le contrat à durée déterminée de Mme A en contrat à durée indéterminée. En outre, il n'est allégué ni établi que Mme A, qui ne bénéficiait, au demeurant, d'aucun droit au renouvellement de son contrat, aurait sollicité au cours de cette période, la conclusion ou la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de la commune à ce titre.
En ce qui concerne les préjudices :
7. Eu égard à ce qui a été exposé au point 4, Mme A, qui n'a pas bénéficié d'un délai suffisant afin d'effectuer les démarches nécessaires à la recherche d'un autre emploi dès octobre 2020, a subi un préjudice moral direct et certain. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant la commune de Noyers Pont Maugis à verser à la requérante une somme de 500 euros. En revanche, Mme A n'établit pas que l'absence de transformation de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée serait la conséquence de l'irrégularité tirée du non-respect du délai de prévenance. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de l'existence d'un préjudice à ce titre.
8. En l'absence de faute commise par la commune concernant la transformation du contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée comme cela a été dit au point 6, il n'y a pas lieu d'indemniser la requérante. Dans ces conditions, ses conclusions indemnitaires à ce titre, seront rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Noyers Pont Maugis est condamnée à verser à Mme A la somme de 500 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
10. Mme A a droit aux intérêts au taux légal à compter du 25 novembre 2022, date de réception par la commune de sa réclamation préalable.
11. Par ailleurs, Mme A a demandé la capitalisation des intérêts le 31 janvier 2023, date de l'enregistrement de sa requête, et a donc également droit à la capitalisation des intérêts à compter du 31 janvier 2024, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune de Noyers Pont Maugis une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à la requérante. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A, une somme sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Noyers Pont Maugis est condamnée à verser à Mme A la somme de 500 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 25 novembre 2022 et ces intérêts seront eux-mêmes capitalisés pour produire intérêts à compter du 31 janvier 2024.
Article 2 : La commune de Noyers Pont Maugis versera à Mme A une somme de
1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Noyers Pont Maugis au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune Noyers Pont Maugis.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sylvie Mégret, présidente,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
O. ALVAREZ
La présidente,
S. MEGRETLa greffière,
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026