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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300808

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300808

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300808
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 10 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur un indu d'aide personnalisée au logement qui a été mis à sa charge pour un montant de 1 489,43 euros.

Il soutient qu'il n'a effectué aucune déclaration tardive et qu'il se trouve actuellement dans une situation financière précaire qui fait obstacle à ce qu'il puisse rembourser l'indu mis à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, la caisse d'allocations familiales des Ardennes conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. A s'est vu réclamer, par une décision du 18 décembre 2022, le remboursement d'un indu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 1 489,43 euros. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur cet indu.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. À cet effet, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient qu'il lui soit accordé une remise ou une réduction de dette.

4. Il résulte de l'instruction que M. A soutient avoir toujours effectué ses déclarations trimestrielles à temps alors que, en défense, la caisse d'allocations familiales des Ardennes n'explicite pas l'origine de l'indu en cause. Ainsi, et indépendamment du bien-fondé de cet indu, il doit être regardé comme étant de bonne foi. Par ailleurs, M. A est célibataire et exerce en intérim une activité professionnelle dont les revenus qu'il en tire sont en baisse. Alors que la caisse d'allocations familiales des Ardennes s'est prononcée sur la demande de remise gracieuse en prenant en considération des revenus pour un montant supérieur de près de 300 euros à ceux qu'il perçoit désormais, M. A produit des éléments dont il ressort que ses charges courantes peuvent être évaluées à la somme mensuelle de 870 euros. Ainsi, il établit que, en disposant de près de 450 euros pour subvenir mensuellement à ses besoins élémentaires, il se trouve dans une situation financière dont la précarité fait obstacle à ce qu'il puisse rembourser cet indu sans compromettre durablement l'équilibre de son budget. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de la situation financière de M. A en lui accordant la remise de sa dette initiale à hauteur de la moitié de celle-ci, laissant ainsi à sa charge la somme de 744,71 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'indu d'aide personnalisée au logement mis à la charge de M. A est réduit à la somme de 744,71 euros.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024

Le magistrat désigné,

signé

C. CLe greffier,

signé

A. PICOT

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