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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300949

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300949

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300949
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 avril 2023 et 30 mai 2023, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur un indu d'allocation de logement sociale qui a été mis à sa charge pour un montant de 1 198 euros.

Il soutient qu'il a toujours effectué ses déclarations trimestrielles à temps et qu'il est actuellement dans l'impossibilité de rembourser l'indu mis à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. B a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. C s'est vu réclamer, par une décision du 18 novembre 2022, le remboursement d'un indu d'allocation de logement sociale pour un montant de 1 198 euros. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur cet indu.

Sur l'étendue du litige :

2. Le courrier présenté par M. C à la caisse d'allocations familiales de la Marne suite à la réception de la décision lui notifiant son indu d'allocation de logement sociale est rédigé en des termes qui lui confère un double objet, à savoir contester le bien-fondé de cet indu et solliciter une remise gracieuse. Dès lors, la décision du 1er mars 2023 doit être regardée comme rejetant le recours administratif préalable formé contre la décision en récupération de cet indu et comme refusant à M. C une remise gracieuse sur ce même indu.

Sur le bien-fondé de l'indu :

3. Alors que la caisse d'allocations familiales de la Marne soutient en défense que l'indu d'allocation de logement sociale mis à la charge de M. C résulte d'une erreur de déclaration relatif aux frais professionnels, celui-ci, en se bornant à soutenir qu'il a effectué à temps chacune des déclarations trimestrielles, ne remet pas utilement en cause le bien-fondé de cet indu.

Sur la demande de remise gracieuse :

4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / () 2° Les allocations de logement : / () b) L'allocation de logement sociale. " Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. À cet effet, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient qu'il lui soit accordé une remise ou une réduction de dette.

6. Il résulte de l'instruction que, après un arrêt de travail déposé le 5 décembre 2022, M. C a repris son activité professionnelle qui, entre les mois d'avril à juin 2023, lui a procuré un revenu avoisinant la somme de 1 100 euros. Alors qu'il est célibataire et sans enfant à charge, les allégations faisant état de frais consécutifs à un déménagement et de la diminution temporaire de ses ressources en lien avec son arrêt de travil ne sont pas suffisantes pour établir qu'il serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu en cause sans que cela ne compromette durablement l'équilibre de son budget et ne menace la satisfaction de ses besoins élémentaires. Dans ces conditions, et indépendamment de la condition relative à la bonne foi, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il se trouverait dans une situation financière dont la précarité justifierait qu'une remise gracieuse lui soit accordée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.

Le magistrat désigné,

signé

C. BLe greffier,

signé

A. PICOT

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