jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, M. A C demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2022 dans les rôles de la commune de Bar-sur-Aube.
Il soutient que :
- il remplit les conditions prévues par les dispositions de l'article 1389 du code général des impôts ;
- le logement est en parfait état et dispose des commodités pour assurer une habitation décente ;
- la vacance résulte du marché locatif inexistant à Bar-sur-Aube.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mach, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022 à raison d'un immeuble à usage d'habitation dont il est propriétaire situé 7 rue du Baron B à Bar-sur-Aube. M. C demande la décharge de cette imposition.
2. D'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1389 du même code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ".
3. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. Le contribuable qui prétend obtenir le bénéfice de cette décharge doit apporter la preuve qu'il a accompli toutes diligences pour mettre l'immeuble en location et démontrer ainsi que la vacance est indépendante de sa volonté.
4. M. C soutient que sept des neuf logements au sein de l'immeuble dont il est propriétaire situé 7 rue du Baron B à Bar-sur-Aube n'ont pu être loués à raison de l'inexistence du marché locatif dans cette commune. D'une part, le requérant n'apporte aucun élément de nature à étayer ses allégations sur les difficultés de trouver un locataire à Bar-Sur-Aube. Il résulte en outre d'un courriel du 1er mars 2023 de l'agence immobilière Aube Location que les logements ont fait l'objet de plusieurs visites et n'ont pu être loués notamment à raison de la décoration. D'autre part, et alors même que les logements disposeraient de l'ensemble des commodités et que la décoration relève d'une appréciation subjective, M. C n'allègue ni ne justifie avoir pris des mesures destinées à réduire le taux de vacance de son parc immobilier locatif ou s'être trouvé, du fait de circonstances particulières, dans l'impossibilité de les mettre en œuvre. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de vacance est indépendante de la volonté de M. C au sens et pour l'application des dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts. Dès lors, M. C n'est pas fondé à demander le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties prévu par les dispositions de l'article 1389 du code général des impôts.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A.-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
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