jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301511 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, la société par actions simplifiée La Sirène et La Marina doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022 dans les rôles de la commune de Givet.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions pour obtenir un dégrèvement sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts dès lors qu'elle n'a pu exploiter une salle de sport depuis 2020 en raison de la crise sanitaire et du manque de financements.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2024, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société La Sirène et La Marina ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mach, magistrate désignée,
- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS La Sirène et La Marina, qui exerce une activité de location, d'acquisition et de vente de biens immobiliers, a été assujettie à la taxe sur les friches commerciales au titre de l'année 2022 à raison de locaux dont elle est propriétaire situés 16 rue Gambetta à Givet. Par la présente requête, la SAS La Sirène et La Marina demande la décharge de cette imposition.
2. Aux termes de l'article 1530 du code général des impôts : " I. - Les communes peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, instituer une taxe annuelle sur les friches commerciales situées sur leur territoire. () / II. - La taxe est due pour les biens évalués en application de l'article 1498, à l'exception de ceux visés à l'article 1500, qui ne sont plus affectés à une activité entrant dans le champ de la cotisation foncière des entreprises défini à l'article 1447 depuis au moins deux ans au 1er janvier de l'année d'imposition et qui sont restés inoccupés au cours de la même période. () / VI. - La taxe n'est pas due lorsque l'absence d'exploitation des biens est indépendante de la volonté du contribuable. () ".
3. D'une part, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts afférentes au dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour solliciter la décharge de la taxe annuelle sur les friches commerciales prévue par l'article 1530 du code général des impôts.
4. D'autre part, il n'est pas contesté que le local à usage commercial situé 16 rue Gambetta à Givet à raison duquel la société La Sirène et La Marina a été assujettie à l'imposition en litige, était vacant depuis au moins deux ans au 1er janvier 2022. La société requérante fait valoir qu'en 2020, la société Basic Fit avec laquelle elle envisageait de conclure un bail commercial a renoncé au projet d'exploitation d'une salle de sport en raison de la crise sanitaire et qu'elle recherche des locataires professionnels. Si elle produit des échanges de courriels d'octobre et novembre 2020 concernant le projet de location avec la société Basic Fit, elle ne justifie pas d'autres démarches en vue de l'exploitation des locaux litigieux au cours des deux années antérieures à 2022, les éléments concernant la communauté de communes Ardennes rives de Meuse et M. A étant afférents à des projets en 2022 et 2023. Par suite, la société requérante ne démontre pas avoir accompli les diligences nécessaires pour louer son bien immobilier et que l'absence d'exploitation est indépendante de sa volonté. La société La Sirène et La Marina n'est dès lors pas fondée à solliciter le dégrèvement de la taxe sur les friches commerciales prévue à l'article 1530 du code général des impôts.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société La Sirène et La Marina doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société La Sirène et La Marina est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée La Sirène et La Marina et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A.-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026