mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301552 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur l'indu d'aide personnalisée au logement qui a été mis à sa charge pour une somme de 2 244,74 euros.
Elle soutient que :
- elle a commis une erreur déclarative involontaire ;
- elle est actuellement en arrêt de travail pour une durée indéterminée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés à
l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A s'est vue réclamer, par une décision du 18 décembre 2022, le remboursement d'un indu d'aide personnalisée au logement pour un montant
de 2 244,74 euros et, par la présente requête, elle conteste la décision du 16 mai 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur cet indu.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () La créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. À cet effet, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient qu'il lui soit accordé une remise ou une réduction de dette.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A, pour contester la décision en litige qui a refusé de lui accorder une remise gracieuse sur l'indu d'aide personnalisée au logement qui a été mis à la charge, se borne à soutenir qu'elle est placée en arrêt de travail suite à un accident. Toutefois, elle n'apporte aucune précision sur les ressources qu'elle perçoit à ce jour et les charges courantes qu'elle supporte pour subvenir à ses besoins. Dans ces conditions, et indépendamment de la condition relative à la bonne foi, elle n'établit pas que, au jour du présent jugement, elle se trouverait dans une situation financière dont la précarité ne lui permettrait pas de rembourser le solde de l'indu en cause sans que cela ne compromette durablement l'équilibre de son budget et ne menace la satisfaction de ses besoins élémentaires.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A doit être rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. CLe greffier,
Signé
A. PICOT
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