vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301591 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2023, M. A, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 octobre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a rejeté le recours gracieux adressé à la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne en vue de l'annulation des décisions des 2 et 13 août 2021 mettant à sa charge, d'une part, un indu d'allocation de logement familiale de 55,70 euros au titre de la période de janvier à juillet 2021 et, d'autre part, un indu de prime d'activité de 212,30 euros au titre de la même période ;
2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Aube de lui rembourser les sommes indûment récupérées.
Il soutient que :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d'une irrégularité de procédure, en ce que l'administration ne l'a pas informé de la teneur et de l'origine des informations obtenues auprès des tiers ;
- le caractère contradictoire de la procédure a été méconnu ;
- l'agent ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'un agrément pour ce faire, non plus que d'une assermentation ;
S'agissant de la décision relative à l'indu de prime d'activité :
- elle n'est pas signée, en méconnaissance des articles L. 212-1 à L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi ;
S'agissant de la décision relative à l'indu d'aide personnalisée au logement :
- le montant de la somme réclamée fait obstacle à son exigibilité ;
- elle est entachée d'une irrégularité de procédure, en ce qu'elle n'a pas été précédée d'une consultation de la commission de recours amiable, en méconnaissance de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le recours préalable adressé à la commission de recours amiable le fut tardivement, de sorte que la requête est irrecevable ;
- le moyen tiré de ce que la décision n'est pas signée est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 5 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Castellani en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Castellani, magistrate désignée, a présenté son rapport.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme A a bénéficié de l'allocation de logement familial et a perçu la prime d'activité au titre de l'année 2021, qui lui étaient versées par la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne. Par un courrier du 2 août 2021, le directeur de cette caisse l'a informée qu'elle avait à tort perçu une somme de 1 624, 96 euros depuis le 1er janvier 2021, alors qu'elle n'avait droit qu'à 248,26 euros. Par un courrier du 13 août 2021, elle fut informée que le montant de ces deux prestations dont elle aurait dû bénéficier s'élevait à 1 356, 96 euros, ramenant ainsi l'indu à la somme de 268 euros, soit 55,70 euros au titre de l'allocation de logement familial et 212,30 euros au titre de la prime d'activité.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". En vertu des dispositions combinés de l'article R. 825-1 du même code et de l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale, ce recours doit être introduit auprès de la commission de recours amiable dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / Les recours contentieux relatifs aux décisions mentionnées au premier alinéa du présent article sont portés devant la juridiction administrative. / Le bénéficiaire de la prime d'activité est informé, par tout moyen, des modalités de réclamation et de recours décrites aux deux premiers alinéas du présent article ". En vertu des dispositions combinées des articles R. 847-2 et R. 142-1 du même code, la commission de recours doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation.
4. Il ressort de ces dispositions qu'une décision portant indu d'aide personnelle au logement ou de prime d'activité ne peut être déférée directement au tribunal administratif, l'intéressé devant au préalable, et à peine d'irrecevabilité de son recours, avoir saisi, dans le délai de deux mois courant à compter de la notification de l'indu, la commission de recours amiable de l'organisme qui lui a versé ces prestations. Lorsque la saisine de cette commission intervient après l'expiration de ce délai de deux mois, la réclamation est tardive et donc irrecevable.
5. Il résulte des écritures non contestées du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube que la décision du 13 août 2021, par laquelle ladite caisse a fixé en dernier lieu le montant de l'indu de Mme A et qui a dès lors implicitement mais nécessairement abrogé la décision du 2 août 2021, a été mise à disposition de l'allocataire par son espace personnel sur le site internet de l'organisme et que celle-ci en a pris connaissance le 18 août suivant. Cette décision comportait la mention des voies et délais de réclamation, de sorte que le délai ouvert pour saisir la commission de recours de la caisse d'allocations familiales a commencé à courir le 18 août 2021. L'allocataire n'a toutefois formé sa réclamation que le 2 février 2022, soit postérieurement au terme du délai qui lui était imparti pour ce faire. Il en résulte que la caisse d'allocations familiales de l'Aube est fondée à soutenir que le recours est pour ce motif irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A.-C. CASTELLANILa greffière,
Signé
A. DEFORGE
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