mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2302213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BROCHETON AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 septembre 2023 et 22 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Ludot, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Troyes à lui verser l'intégralité des salaires qu'elle aurait du percevoir pour la période du 1er août 2022 au 15 mai 2023, soit la somme de 32 554,80 euros ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Troyes la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision du tribunal de céans du 13 juillet 2023 la rend titulaire d'une créance envers le centre hospitalier de Troyes ;
- le montant de cette créance s'élève à la somme de 32 554,80 euros.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 septembre et 28 octobre 2024, le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Troyes, représenté par Me Brocheton, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le dispositif de la décision du 13 juillet 2023 a été modifié par l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Nancy du 11 juillet 2024 ;
- l'annulation d'une décision administrative pour vice de procédure implique de rechercher si la même décision aurait pu être légalement prise par l'administration à l'issue d'une procédure régulière ;
- il appartenait à la requérante de chiffrer son préjudice, non pas de demander à être rémunérée pour une période à laquelle elle n'a pas travaillé ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêt NC02302844 de la Cour administrative de Nancy du 11 juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mégret ;
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est infirmière en soins généraux et spécialisés au centre hospitalier de Troyes (CHT) depuis le 21 avril 1992. Par une décision du 1er août 2022, son directeur l'a suspendue de ses fonctions sans traitement à compter de cette date et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination, sur le fondement de la loi du 5 août 2021. Par un arrêt NC02844 du 11 juillet 2024 devenu définitif, la Cour administrative d'appel de Nancy a confirmé l'annulation de cette décision ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux prononcée par le jugement du tribunal administratif de céans du 13 juillet 2023 en ce qu'elle avait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière mais a annulé l'injonction de réintégration de ce même jugement. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Troyes à lui verser la somme de 32 554,80 euros correspondant aux salaires impayés sur la période du 1er août 202au 15 mai 2023.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Lorsqu'est sollicité le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'un vice de procédure, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement intervenir et aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, à l'issue d'une procédure régulière. Dans le cas où il juge qu'une même décision aurait été prise par l'autorité compétente, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice de procédure qui entachait la décision administrative illégale.
3. Il résulte de l'instruction, d'une part, que l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy a jugé que le motif d'annulation retenu n'implique ni la réintégration de Mme B dans ses fonctions au 1er août 2022, ni le versement de l'ensemble des traitements à compter de cette même date. D'autre part, même si le centre hospitalier a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, Mme B n'établit pas de lien de causalité entre la faute commise par l'administration et le préjudice qu'elle invoque résultant de sa suspension de ses fonctions sans versement de salaire, dans la mesure où le centre hospitalier de Troyes aurait pris légalement la même décision même en l'absence de ce vice de procédure. Il s'ensuit que la demande de Mme B n'est pas fondée et doit être rejetée.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées
par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Troyes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, les conclusions du centre hospitalier de Troyes sur le même fondement doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Troyes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Troyes.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
M. Amelot, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
F. AMELOT
La présidente-rapporteure,
signé
S. MÉGRET
Le greffier,
signé
A. PICOT
La République mande et ordonne à la ministre de ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026