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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2302426

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2302426

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2302426
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a examiné les demandes de Mme B, qui contestait les décisions de la CAF de l'Aube et du Conseil départemental de l'Aube de ne lui accorder qu'une remise partielle de ses dettes d’APL, de prime d’activité et de RSA. La requérante soutenait ne pas être responsable des trop-perçus, ceux-ci résultant d’une erreur de l’administration qui avait continué à geler ses revenus après la fin de son contrat "Garantie jeunes". Le tribunal a rejeté les requêtes, considérant que les organismes avaient fait une exacte application des textes (notamment le code du travail, le code de l'action sociale et des familles, le code de la sécurité sociale et le code de la construction et de l'habitation) en ne prononçant qu'une remise partielle, faute pour Mme B d'avoir fourni l'attestation de fin de droit nécessaire pour éviter le trop-perçu.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : I. Par une requête enregistrée sous le n° 2302426 le 20 octobre 2023, Mme A B demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 3 octobre 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube n'a fait droit qu'à une remise partielle de sa dette de l'aide personnelle de logement (APL) ; 2°) de lui accorder la remise totale de sa dette. Elle soutient qu'elle n'est pas responsable de l'erreur commise par l'administration et qu'elle a toujours déclaré ses revenus. Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2024, la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la requérante n'a pas fourni l'attestation de fin de droit pour la garantie Jeunes qui aurait permis d'éviter l'existence du trop-perçu. II. Par une requête enregistrée sous le n° 2302427 le 20 octobre 2023, Mme A B demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 3 octobre 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube n'a fait droit qu'à une remise partielle de sa dette de prime d'activité ; 2°) de lui accorder une remise totale de sa dette. Elle soutient qu'elle n'est pas responsable de l'erreur commise par l'administration et qu'elle a toujours déclaré ses revenus. Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2024, la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la requérante n'a pas fourni l'attestation de fin de droit pour la garantie Jeunes qui aurait permis d'éviter l'existence du trop-perçu. III. Par une requête enregistrée sous le n° 23025276 le 6 novembre 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler : 1°) la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le Président du conseil départemental de l'Aube n'a fait droit qu'à une remise partielle de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) ; 2°) de lui accorder une remise totale de sa dette. Elle soutient qu'elle n'est pas responsable de l'erreur commise par l'administration et qu'elle a toujours déclaré ses revenus. Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2024, le Président du conseil départemental de l'Aube conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la requérante n'a pas fourni un document qui aurait permis d'éviter l'existence du trop-perçu. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code du travail ; - le code de l'action sociale et des familles ; - le code de la sécurité sociale ; - le code de la construction et de l'habitation ; - le code de justice administrative. Le rapporteur public a été dispensé, sur la proposition de la Présidente, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de Mme Mégret, présidente du tribunal, a été entendue au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Mme B, bénéficiaire de l'allocation " Garantie jeunes ", a perçu à partir de 2018, le revenu de solidarité active (RSA), la prime d'activité et l'allocation logement familiale. Elle a informé le 6 août 2021 la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube de la fin de son contrat " garantie jeunes " depuis le 18 juin 2021 ayant conclu un contrat de travail à durée déterminée à mi-temps. A la suite d'un contrôle de sa situation en juin 2023, plusieurs trop-perçus d'allocation de logement familiale, de RSA et de prime d'activité d'un montant respectif de 2 269 euros, de 4 376,83 euros et de 395,76 euros ont été constatés, la CAF de l'Aube ayant continué à " geler " ses revenus, faute d'avoir reçu l'attestation de fin du contrat " garantie jeunes ", par une décision en date du 26 juin 2023. Mme B ayant sollicité une remise gracieuse à la CAF et au conseil départemental de l'Aube, par deux décisions en date des 3 et 19 octobre 2023, dont la requérante demande l'annulation, ces organismes ne lui ont accordé qu'une remise gracieuse partielle des trop-perçus.Sur le bien-fondé des trop-perçus : 2. D'une part, aux termes de l'article L. 5131-6 du code du travail : " L'accompagnement mentionné à l'article L.5131-3 peut également prendre la forme d'un accompagnement intensif : le contrat d'engagement jeune, élaboré avec le jeune et adapté à ses besoins identifiés lors d'un diagnostic. (.) Une allocation mensuelle dégressive en fonction des ressources est attribuée, à partir de la signature du contrat, aux jeunes qui vivent hors du foyer de leurs parents ou au sein de ce foyer sans recevoir de soutien financier ou en ne percevant qu'un soutien financier limité de la part de leurs parents. Cette allocation est incessible et insaisissable. Elle n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu ni aux contributions prévues à l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale et au chapitre II de l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale. () ". Aux termes de l'article R. 5131-24 de ce code : " I.- L'allocation mentionnée à l'article L. 5131-6 n'est pas cumulable avec le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, sauf pour les personnes à charge mentionnées à l'article R. 262-3 du même code. Les bénéficiaires du revenu de solidarité active et leur conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité qui ont conclu un contrat d'engagement jeune dans le cadre fixé à l'article R. 5131-6 ne bénéficient pas de l'allocation prévue à l'article L. 5131-6. II- L'allocation mentionnée à l'article L. 5131-6 n'est pas cumulable avec la prime d'activité mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, sauf pour les personnes à charge mentionnées à l'article R. 842-3 du même code. Toutefois, lorsqu'un droit à la prime d'activité est ouvert au titre d'une activité antérieure au premier mois de bénéfice de l'allocation, la prime correspondant à cette période d'activité demeure cumulable avec l'allocation. Le versement de l'allocation prend fin, le cas échéant, à compter de l'ouverture du droit à la prime d'activité. III.- Les rémunérations, allocations et indemnités suivantes ne sont pas cumulables avec l'allocation mentionnée à l'article L. 5131-6 et, le cas échéant, le versement de l'allocation est suspendu pendant la période durant laquelle le jeune perçoit ces prestations [] ". Enfin, aux termes de l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation : " " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage dont bénéficie l'intéressé, à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies. " 3. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. ()La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. " Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". 4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. 5. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis. 6. Il résulte de l'instruction que la CAF a demandé à Mme B le 27 août 2021, après que celle-ci ait informée de la fin de son contrat " garantie jeunes ", de lui transmettre le document indiquant le début et la fin de ce contrat pour que la fin de son contrat jeune soit pris en compte, ce qu'elle n'a pas fait. La non transmission du document sollicité a alors conduit la CAF à ne pas modifier le dossier de l'intéressée et à contionuer de geler les revenus de Mme B provenant de son contrat de travail, comme le prévoit les dispositions précitées au 2. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir qu'elle n'est pas, pour partie, à l'origine de la naissance des trop-perçus en litige. Il s'ensuit, alors que la requérante qui ne se prévaut pas d'une situation de précarité pour obtenir la remise totale de ses indus, n'est pas fondée à soutenir qu'elle peut bénéficier d'une remise totale des indus. 7. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme B doivent être rejetées D É C I D E : Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au conseil départemental de l'Aube et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024. La Présidente-rapporteure,SignéS. MégretLa greffière,SignéF. Daroussi Djanfar La République mande et ordonne au ministre au ministre du logement et de la rénovation urbaine, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les hommes et les femmes en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 2N°s 2302426,

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