jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2400090 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 janvier, 22 mars et 17 juin 2024, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2023 de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Marne confirmant après avis de la commission de recours amiable la décision du 4 juillet 2023 un indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 1 068,36 euros pour la période du 1er novembre 2022 au 31 juin 2023 ; 2°) d'enjoindre à la CAF de lui rembourser la somme de 614,01 euros, retenue à tort ; 3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Marne de rétablir pour l'avenir le bénéfice de l'abattement de 30% sur ses ressources prévu par l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation dans le calcul de ses droits à l'aide personnalisée au logement ; 4°) de mettre à la charge de la CAF de la Marne le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ; - elle est insuffisamment motivée ; - elle méconnait les stipulations de l'article 6-1 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les droits de la défense ; - elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation de sa situation ; - elle méconnait les dispositions de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation ; - l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence d'une créance envers lui en l'absence de production d'un décompte précis de la créance litigieuse ; - elle a procédé à des retenues illégales sur ses prestations familiales. Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2024, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Marne conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de la construction et de l'habitation ; - le code de justice administrative ; Le rapporteur public a été dispensé, sur la proposition de la Présidente, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme Mégret, présidente du tribunal ; - et les observations de M. B. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. M. B était bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement (APL) pour un logement situé à Reims depuis le mois de septembre 2021. Etant demandeur d'emploi depuis le mois de septembre 2022, il a créé une micro-entreprise et en a informé les services de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Marne le 30 décembre 2022. Après avoir mis à jour sa situation professionnelle, le 4 juillet 2023, la CAF lui a notifié un indu d'un montant de 1 068,36 euros pour la période de novembre 2022 à juin 2023. Par un courrier du 25 août 2023, M. B a sollicité des services de la CAF de la Marne le réexamen de sa situation et l'annulation de sa dette. Par une décision du 15 novembre 2023 prise après avis de la commission de recours amiable, la CAF de la Marne a maintenu le trop-perçu. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision, de condamner l'organisme à lui rendre les sommes qui lui ont été prélevées et de le rétablir dans ses droits pour l'avenir. Sur la décision du 15 novembre 2023 : 2. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () " Aux termes de l'article R. 822-14 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint se trouve, depuis au moins deux mois consécutifs, à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux mois consécutifs au cours de la période de paiement, en chômage total et qu'il perçoit l'allocation d'assurance prévue à l'article L. 5422-1 du code du travail ou lorsqu'il se trouve en chômage partiel et qu'il perçoit l'allocation spécifique prévue à l'article L. 5122-1 du même code, ou perçoit l'allocation des travailleurs indépendants mentionnée à l'article L. 5424-25 du même code, les revenus d'activité professionnelle dont bénéficie l'intéressé sont affectés d'un abattement de 30 %.Cette mesure s'applique à partir du premier jour du deuxième mois civil suivant celui au cours duquel est intervenu le changement de situation () / Lorsque l'intéressé reprend une activité professionnelle rémunérée, l'abattement est supprimé à partir du premier jour du mois civil au cours duquel intervient la reprise d'activité." 3. En outre, une activité professionnelle rémunérée au sens de ces dispositions est une activité qui permet à la personne qui l'exerce de disposer de revenus professionnels réguliers. Ne peuvent être regardés comme des revenus professionnels réguliers des revenus faibles et épisodiques. 4. Il résulte de l'instruction que M. B était demandeur d'emploi depuis le mois de septembre 2022 et qu'il a créé une micro-entreprise le 1er octobre 2022 pour laquelle il n'a perçu aucune recette et ce jusqu'à la radiation du régime d'auto-entrepreneur le 19 mai 2023. Ainsi, en admettant même que la seule affiliation de l'intéressé au régime de l'auto-entrepreneur conduise à le faire regarder comme ayant repris une activité professionnelle rémunérée au sens des dispositions précitées, il n'a perçu aucun revenu de cette activité et par suite, il devait être considéré comme n'ayant jamais repris une activité professionnelle rémunérée au sens des dispositions précitées. Dès lors, la situation de M. B doit être regardée comme n'ayant pas changé depuis le 1er octobre 2022. C'est donc à tort que le pôle recouvrement de la CAF de la Marne a appliqué l'abattement de 30%. 5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision de la CAF de la Marne du 15 novembre 2023 ayant maintenu à la charge de M. B un indu d'APL d'un montant de 1 068,36 euros doit être annulée. Sur les conclusions à fins d'injonction : 6. Eu égard à l'annulation prononcée, il est seulement enjoint à la CAF de reverser à M. B la somme de 614,01 euros, retenue à tort dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. 7. En revanche, il ressort des écritures de la CAF, une incohérence, celle-ci ayant indiqué d'une part, dans l'avis du pôle recouvrement du 3 novembre 2023 que " le statut d'auto-entrepreneur entraîne un abattement de 30% sur les ressources prises en compte pour le calcul de l'APL " et d'autre part dans ses écritures que " M. B était connu comme étant au chômage indemnisé. A ce titre, la CAF de la Marne a procédé à un abattement sur ses ressources. Or, l'intéressé bien qu'étant inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, avait également le statut de chef d'entreprise depuis le 1er octobre 2022. En conséquence, cet abattement n'avait pas lieu d'être ". Ainsi, la CAF de la Marne ne met pas le juge en mesure de comprendre le motif du trop-perçu en litige. Dès lors, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la CAF de la Marne de rétablir le bénéfice de l'abattement de 30% sur ses ressources pour le calcul de son APL de M. B. En revanche, il y a lieu d'enjoindre à la CAF de la Marne de réexaminer la situation du requérant tort dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Sur les frais liés à l'instance : 8. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, M. B ayant renoncé à recourir à un conseil et ne justifiant d'aucune dépense à ce titre, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.D É C I D E : Article 1er : La décision du 15 novembre 2023 de la caisse d'allocations familiales de la Marne est annulée. Article 2 : Il est enjoint à la CAF de la Marne de restituer à M. B la somme retenue au titre du trop-perçu litigieux dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Article 3 : Il est enjoint à la CAF de la Marne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de la Marne. Copie sera adressé au département de la Marne. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024. La Présidente-rapporteure, Signé S. Mégret La greffière, Signé F. Daroussi Djanfar La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2N° 2400090
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026