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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400177

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400177

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400177
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de Mme B, qui contestait la décision partielle de remise de dette d’allocation logement prise par la CAF de l’Aube. La requérante sollicitait une remise totale du trop-perçu de 355,02 euros, dont 266,26 euros restaient à sa charge. Le tribunal a estimé que, bien que Mme B soit de bonne foi, elle ne justifiait pas de la précarité de sa situation financière, faute d’avoir communiqué les ressources de son compagnon vivant à son foyer. La décision s’appuie sur les articles L. 823-1 et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 janvier et 13 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube n'a fait droit que partiellement à sa demande de remise de sa dette d'allocation logement ; 2°) de lui accorder une remise totale de sa dette. Elle soutient que l'erreur commise n'est pas de son fait et qu'elle ne peut compte tenu de sa situation s'acquitter du trop-perçu restant à sa charge compte tenu de sa situation financière. Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2024, la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aube conclut au rejet de la requête. Elle soutient : - le trop-perçu est fondé ; - la situation de la requérante a été prise en compte lors de l'étude de la remise demandée. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de la sécurité sociale ; - le code de la construction et de l'habitation ; - le code de justice administrative. Le rapporteur public a été dispensé, sur la proposition de la Présidente, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de Mme Mégret, présidente du tribunal, a été entendue au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Mme B s'est vue attribuer l'allocation logement le 31 août 2021. Après étude de sa situation, son logement n'étant pas conventionné et l'allocation étant versée à son bailleur, les services de la CAF ont procédé au paiement de l'aide personnalisée au logement (APL) et de l'allocation de logement social (ALS) pour les mois de janvier et février 2022 ce qui a généré un trop-perçu d'un montant de 355,02 euros. Mme B a alors sollicité une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 7 décembre 2023, la CAF de l'Aube lui a accordé une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 88,76 euros et a laissé à sa charge celle de 266,26 euros. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 7 décembre 2023 et la remise totale de sa dette. 2. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer.() " Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Le premier alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () ". Aux termes du quatrième alinéa de ce même article L. 553-2, la créance de l'organisme peut toutefois être réduite ou remise " en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. " 3. Il résulte de ces dispositions que le montant de l'indu d'APL peut être remis en cause en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. 4. D'une part, il n'est pas contesté que suite au réexamen de sa situation par la CAF de l'Aube, son logement n'étant pas conventionné, les services de la CAF ont versé par erreur pour les mois de janvier et février 2022 l'ALS et l'APL, ce qui a généré un trop-perçu de 355,02 euros et que la requérante n'est pas à l'origine de cette erreur. Elle doit donc être considérée comme étant de bonne foi. 5. D'autre part, Mme B se prévaut de la précarité de sa situation étant alternante, son salaire s'élevant à 936,50 euros, justifie de ses ressources et ses dépenses fixes. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment de la facture Engie et du contrat d'assurance automobile qu'elle ne vit pas seule et qu'elle ne justifie pas des ressources de son compagnon, en dépit de la mesure d'instruction ordonnée par le tribunal d'autant plus que la CAF a tenu compte du montant des ressources de ce dernier pour accorder une remise gracieuse partielle de sa dette. Elle ne permet pas ainsi au juge d'apprécier la précarité de sa situation. Il s'ensuit que sa demande d'annulation de la décision du 7 décembre 2023 et de remise totale de sa dette ne peut qu'être rejetée. 6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée. D É C I D E : Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024. La Présidente-rapporteure,SignéS. MégretLa greffière,SignéF. Daroussi Djanfar La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 2N° 2400177

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