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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2400257

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2400257

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2400257
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 31 janvier 2024, le 4 février 2024 et le 18 mars 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 janvier 2024 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Marne lui a accordé une remise gracieuse partielle de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement, laissant à sa charge un montant de 1 140,75 euros à ce titre.

Elle soutient que :

- elle a été informée que l'erreur résultait d'un dysfonctionnement informatique de la caisse d'allocations familiales de la Marne qui n'a pas pris en compte sa déclaration des ressources perçues au titre de l'année 2022 provenant des services fiscaux avant de lui indiquer qu'elle avait commis une erreur dans sa déclaration en décembre 2022 ;

- sa dette n'a pas été suspendue pendant sa demande de recours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Mach, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

2. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur :() / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de l'aide personnalisée au logement, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Par un courrier du 18 novembre 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Marne a informé Mme A de sa décision de récupérer un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 732 euros qu'elle a perçu de janvier 2023 à novembre 2023. Par décision du 17 janvier 2024, dont Mme A demande l'annulation, elle a accordé à l'intéressée une remise gracieuse partielle de cet indu d'un montant de 380,25 euros, laissant à sa charge un montant de 1 140,75 euros.

5. D'une part, Mme A, qui ne conteste pas la réalité du trop-perçu qui lui est réclamé, se prévaut des dysfonctionnements, notamment informatiques, des services de la caisse d'allocations familiales et des informations différentes qui lui ont été données sur l'origine de l'indu. Il ressort des écritures de la caisse d'allocations familiales, corroborées par les pièces versées au dossier et non sérieusement contestées par l'intéressée, que celle-ci n'a pas informé la caisse d'allocations familiales de sa perception d'une pension alimentaire d'un montant de 6 600 euros au titre de l'année 2022 et que l'administration a constaté, dans le cadre d'une vérification de sa situation, une divergence entre les revenus de Mme A déclarés auprès de la caisse d'allocations familiales de la Marne et ceux détenus par les services fiscaux. Ainsi, il résulte de l'instruction que l'indu mis à la charge de Mme A trouve son origine dans une omission de déclaration par l'intéressée de la perception d'une pension alimentaire. La circonstance alléguée que des informations divergentes lui ont été données sont sans incidence sur l'origine de l'indu. Par ailleurs, et contrairement à ce qu'elle soutient, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des pièces produites postérieures à la décision de remise partielle de sa dette, que les services de la caisse d'allocations familiales de la Marne auraient procédé à des prélèvements sur ses prestations pendant l'examen de sa demande de remise de dette.

6. D'autre part, Mme A n'allègue pas être dans l'impossibilité de rembourser l'indu qui lui est réclamé et n'apporte aucun élément permettant d'apprécier sa situation financière, et notamment ses ressources et ses charges à la date du présent jugement. En outre, il résulte des écritures non contestées de la caisse d'allocations familiales de la Marne que Mme A exerce une activité salariée et perçoit une pension alimentaire mensuelle d'un montant de 550 euros, ainsi que 71 euros d'allocations familiales et 126 euros d'aide personnalisée au logement. Par ailleurs, la caisse d'allocations familiales a déjà tenu compte de sa situation financière pour lui accorder une remise de 25% de sa dette initiale et mettre en place un échéancier mensuel de 203,45 euros pour solder la somme de 746,75 euros restant à sa charge. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante se trouve dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêcherait de rembourser le solde de sa dette et d'honorer les échéances de remboursements de sa dette. Dès lors, il n'y a pas lieu de lui accorder une remise totale de l'indu qui lui est réclamé.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A.-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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