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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2503351

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2503351

mercredi 12 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2503351
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi d'un courrier de M. B... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet de la Marne. Le tribunal a requalifié cette saisine en recours gracieux adressé à l'administration, constatant l'absence de conclusions soumises au juge. Il a rappelé qu'il ne lui appartient pas de connaître d'un tel recours ni d'adresser des injonctions à l'administration. En application des articles R. 222-1, 4°, R. 411-1 et R. 412-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un courrier enregistré le 9 octobre 2025, M. A... B... a transmis au tribunal un courrier qui doit être regardé comme un recours gracieux adressé au préfet de la Marne tendant au réexamen de sa demande en vue d’acquérir la nationalité française à la suite d’une décision du 29 septembre 2025 par laquelle le préfet de la Marne a classé sans suite cette demande.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. / (…) ». ». En vertu de l’article R. 411-1 dudit code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête, doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) ».

2. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité, et que les requêtes doivent comporter l’énoncé des conclusions soumises au juge. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.

3. M. B... a transmis au tribunal une lettre, intitulée « requête d’indulgence pour oubli de document » et qui s’adresse, en fait, au préfet de la Marne, par laquelle il fait état du classement sans suite de sa demande de naturalisation et porte à la connaissance de ce dernier qu’il est prêt à se présenter auprès de ses services avec la pièce manquante à sa demande de naturalisation, en l’occurrence l’original de son acte de naissance étranger.
4. Bien qu’adressé au tribunal administratif, ce courrier, demandant à l’auteur de la décision de revoir sa position compte tenu des éléments produits, ne comporte aucune conclusion soumise au juge au sens de l’article R. 411-1 du code de justice administrative et doit être regardé comme un recours gracieux adressé à l’administration.
5. Or, il n’appartient pas au juge administratif de connaître d’un tel recours. Seule l’autorité administrative ayant pris la décision peut, sur demande du destinataire de cette décision, connaître d’un recours gracieux dirigé contre elle. A supposer que, par ce courrier, l’intéressé ait entendu saisir le tribunal, comme exposé au point 2, il n’appartient pas à cette juridiction d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire œuvre d’administrateur.
6. Par suite, la demande de M. B..., telle que formulée, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application de l’article R. 222-1, 4° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Châlons-en-Champagne, le 12 novembre 2025.

Le président de la 2ème chambre,



signé

D. BABSKI

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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