mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-1903356 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP HÉLÈNE MASSE-DESSEN - GILLES THOUVENIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2019 et un mémoire, enregistré le 7 septembre 2022, M. B A, représenté par la SCP Thouvenin, Coudray et Grevy, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, la décision implicite par laquelle l'Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) du Beau Joly à Mirecourt (88) a rejeté sa demande tendant à la réparation des préjudices subis du fait du refus opposé à sa demande de réintégration, d'autre part, en tant que de besoin, la décision du même objet du 19 septembre 2019 ;
2°) de condamner l'ITEP du Beau Joly à lui verser la somme de 228 247 euros, majorée des intérêts capitalisés à compter de la réception par l'établissement de sa demande préalable ;
3°) de mettre à la charge de l'ITEP du Beau Joly la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la faute
- en méconnaissance de l'alinéa 3 de l'article 37 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988, il ne s'est pas vu proposer 3 postes et l'établissement ne justifie pas qu'aucun poste correspondant à son grade n'était effectivement vacant entre le 5 juillet 2013, date de sa demande de réintégration ;
Sur les préjudices :
- s'il avait été réintégré, il aurait perçu à compter du 5 décembre 2013 une somme totale de 106 247 euros, prenant en compte sa rémunération nette et sa prime de service, intégrant ses avancements d'échelons sur la période, déduction faite des sommes perçues au titre de l'allocation de solidarité spécifique et de l'aide forfaitaire exceptionnelle ;
- il doit également être indemnisé du fait de la minoration de sa pension, soit à concurrence de la somme de 100 000 euros ;
- son préjudice moral doit être évalué à la somme de 7 000 euros ;
- le préjudice consécutif aux troubles dans ses conditions d'existence peut être évalué à 15 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 août et 16 septembre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, l'ITEP du Beau Joly, représenté par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner M. A à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 relatif à certaines positions des fonctionnaires hospitaliers ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boulangé, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lazzarin, substituant Me Tadic, avocat, représentant l'ITEP du Beau Joly.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est moniteur-éducateur à l'Institut thérapeutique éducatif et pédagogique du Beau Joly de Mirecourt. A sa demande, il a été placé en disponibilité pour convenances personnelles à compter du 25 août 2006, pour une durée d'un an, régulièrement renouvelée. Par un courrier du 5 juillet 2013, M. A a sollicité sa réintégration au sein de l'établissement. Sa demande a toutefois été rejetée par une décision du 17 juillet 2013 au motif de l'absence de poste correspondant à sa qualification et le 20 juillet 2013, l'intéressé a été placé en disponibilité d'office à compter du 25 août 2013. Il a réitéré sa demande à plusieurs reprises, le 10 mai 2014, les 8 juin et 10 décembre 2015, 2 mai 2017 et 2 mai 2018, se voyant à chaque fois opposer le même refus. A sa demande, M. A a finalement fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er octobre 2019. Estimant que le refus opposé à sa demande de réintégration et son maintien en disponibilité d'office sont constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de son employeur, M. A a présenté une demande indemnitaire à ce dernier par courrier du 16 juillet 2019, tendant à la réparation des divers préjudices qu'il estime avoir subis. L'ITEP du Beau Joly a rejeté cette demande par courrier du 19 septembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision par laquelle le directeur de l'ITEP du Beau Joly a rejeté la demande indemnitaire préalable présentée par M. A a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande du requérant qui, en formulant les conclusions sus-analysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article 31 du décret du 13 octobre 1988 relatif à certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La mise en disponibilité peut être accordée, sur demande du fonctionnaire et sous réserve des nécessités du service, dans les cas suivants : () 2° Pour convenances personnelles : la durée de la disponibilité ne peut, dans ce cas, excéder trois ans ; la disponibilité est renouvelable, mais ne peut dépasser au total dix années pour l'ensemble de la carrière. ". Aux termes de l'article 37 du même décret : " Deux mois au moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours, le fonctionnaire doit solliciter soit le renouvellement de sa disponibilité soit sa réintégration. Faute d'une telle demande, l'intéressé est rayé des cadres, à la date d'expiration de la période de disponibilité. / Sous réserve des dispositions des troisième et quatrième alinéas ci-dessous, la réintégration est de droit à la première vacance lorsque la disponibilité n'a pas excédé trois ans. Le fonctionnaire qui refuse l'emploi proposé est maintenu en disponibilité. / Le fonctionnaire qui ne peut être réintégré faute de poste vacant est maintenu en disponibilité jusqu'à sa réintégration et au plus tard jusqu'à ce que trois postes lui aient été proposés. / (). ".
4. Si le fonctionnaire hospitalier arrivé au terme d'une période de disponibilité d'une durée supérieure à trois ans ne peut se prévaloir d'un droit de priorité sur les emplois créés ou vacants correspondant à son grade dans l'établissement pour être réintégré dès la première vacance prévu par les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 du décret du 13 octobre 1988 relatif à certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, et ne peut demander à être placé en surnombre, il a toutefois le droit, sous réserve de la vacance d'un emploi correspondant à son grade, d'obtenir sa réintégration dans un délai raisonnable courant du jour à compter duquel il a demandé sa réintégration, compte tenu des vacances d'emploi qui se produisent. La charge de la preuve de l'absence d'emploi vacant justifiant la non-réintégration d'un agent incombe à l'administration.
5. Il ressort des pièces du dossier que les différents refus de réintégration qui ont été opposés à M. A par l'ITEP du Beau Joly, sont fondés sur l'absence de poste vacant correspondant à la qualification de l'intéressé. Pour justifier ses différents refus, l'ITEP du Beau Joly produit le tableau des effectifs des postes de moniteurs-éducateurs, dont il ressort qu'ils ne sont qu'au nombre de trois entre 2010 et 2017, et de deux seulement à compter de 2018 jusque 2022, un des trois postes ayant été transformé en poste d'éducateur de jeunes enfants par délibération du conseil d'administration du 28 avril 2017. Par ailleurs, l'ITEP du Beau Joly justifie l'occupation de ces différents postes par des agents titulaires entre le 5 juillet 2013, date de la première demande de réintégration de M. A et le 1er octobre 2019, date de sa mise à la retraite à sa demande. Par ces éléments, l'ITEP du Beau Joly doit être regardé comme établissant l'absence d'emploi vacant, justifiant la non-réintégration de M. A.
6. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'ITEP du Beau Joly aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne procédant pas à sa réintégration sur un poste de moniteur-éducateur sur la période courant du 5 juillet 2013 à sa mise à la retraite.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ITEP du Beau Joly, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par l'ITEP du Beau Joly au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'ITEP du Beau Joly présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Institut thérapeutique éducatif et pédagogique du Beau Joly.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Boulangé, premier conseiller
M. Durand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
P. Boulangé
Le président,
D. Marti
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1903356
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026