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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2001620

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2001620

jeudi 25 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2001620
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantSELARL LEINSTER WISNIEWSKI MOUTON LAGARRIGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2020, M. B C, représenté par Me Lagarrigue, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy à lui verser la somme totale de 153 095,97 euros, portant intérêts à compter du jour de sa demande préalable, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la faute commise dans le cadre de sa prise en charge dans l'établissement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le défaut de positionnement de son bras gauche lors d'une séance de décubitus ventral réalisée le 14 juin 2017 constitue une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier régional et universitaire de Nancy ;

- il est fondé à demander la réparation intégrale des préjudices qu'il a subis en raison de la faute commise par le centre hospitalier régional universitaire.

Par un mémoire enregistré le 21 juillet 2020, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saumon, conclut à sa mise hors de cause.

Par des mémoires enregistrés le 16 décembre 2020 et le 13 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy de Dôme, représentée par Me Fort, demande au tribunal de condamner le CHRU de Nancy à lui verser la somme de 25 858,72 euros au titre des débours, celle de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, sa condamnation aux dépens, ainsi que la mise à sa charge de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2021, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy conclut à une réduction des prétentions indemnitaires de M. C, au rejet du surplus des conclusions de la requête, et au rejet des demandes de la CPAM du Puy de Dôme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique,

- et les observations de Me Marrion, représentant le CHRU de Nancy.

Considérant ce qui suit :

1. Le 12 juin 2017, M. B C, né le 24 février 1989, est admis aux urgences de Bar-le-Duc pour des difficultés respiratoires. Souffrant d'un syndrome de détresse respiratoire aiguë dans un contexte d'hémorragie intra-alvéolaire fébrile compliquée d'un état de choc, il est rapidement transféré en réanimation médicale au CHRU de Nancy. Le 15 juin 2017, plusieurs heures suivant une séance de décubitus ventral, une neuropathie périphérique du membre supérieur gauche entrainant un déficit moteur est constatée. Conservant des séquelles de la paralysie de son membre supérieur gauche, M. C a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nancy qui, par deux ordonnances des 22 et 27 mars 2019 , a ordonné une expertise et désigné les docteurs Gout et Lazard. Les deux rapports d'expertise ont été déposés le 9 octobre 2019. Par un courrier du 5 février 2020, réceptionné le 7 février 2020 par le CHRU de Nancy, M. C a adressé une demande d'indemnisation préalable. L'absence de réponse du CHRU de Nancy a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. C demande au tribunal la condamnation du CHRU de Nancy à l'indemniser de la totalité des préjudices qu'il estime résulter de la faute commise par le CHRU.

Sur la responsabilité du centre régional hospitalier universitaire de Nancy :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise des docteurs Gout et Lazard que l'état de M. C, qui présentait un syndrome de détresse respiratoire aigu, justifiait qu'il soit positionné en décubitus ventral dans la nuit du 13 au 14 juin 2017. Si cette séance de ventilation en décubitus ventral a permis d'améliorer son état respiratoire, un défaut de positionnement de son bras gauche lors de cet acte de soin, qui n'est pas contesté par le CHRU, a entrainé une paralysie de son plexus brachial gauche constatée dès le 15 juin 2017. Le retournement des patients nécessite la mobilisation d'au moins quatre personnes. Or, après réunions d'expertise, il n'a pas été possible de savoir si quatre personnes qualifiées étaient bien présentes pour procéder à la manipulation, ni de savoir s'il existait une procédure du service de réanimation pour encadrer cette mobilisation en décubitus ventral. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que le CHRU de Nancy a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, en raison d'un défaut de positionnement lors d'une séance de ventilation en décubitus ventral.

Sur la mise en cause de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) :

4. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".

5. Il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise que le dommage causé résulte entièrement de la faute du CHRU de Nancy. Par suite, M. C n'est pas fondé à solliciter une indemnisation au titre de la solidarité nationale.

Sur l'évaluation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

6. En premier lieu, il résulte du rapport d'expertise que M. C justifiait d'un déficit fonctionnel temporaire de 50% pour la période du 15 juin au 21 novembre 2017 et de 25% pour la période du 22 novembre 2017 au 4 octobre 2019. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire total subi, en l'évaluant à la somme de 3 272 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 3 272 euros à M. C.

7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a enduré des souffrances, évaluées à 3,5 sur une échelle de 0 à 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 5 410 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 5 410 euros à M. C.

8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a également subi un préjudice esthétique temporaire, évalué à 1,5 sur une échelle de 0 à 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 402 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 1 402 euros à M. C.

S'agissant des préjudices permanents :

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. C a subi un déficit fonctionnel permanent, qui a été évalué à 15 %. Compte tenu de l'âge de l'intéressé à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à M. C une somme de 22 628 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 22 628 euros à M. C.

10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a subi un préjudice esthétique permanent qui a été évalué à 0,5 sur une échelle de 0 à 7 par l'expert. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 500 euros à M. C.

11. En troisième lieu, M. C se prévaut, sans l'établir, d'un préjudice d'agrément, résultant notamment de l'abandon d'activités sportives et de loisirs exercées habituellement. Par suite, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CHRU de Nancy l'indemnisation du préjudice d'agrément.

12. En quatrième lieu, l'expert a retenu un préjudice sexuel en raison d'une diminution de sensibilité et de douleurs de dysesthésies au tact. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 1 000 euros à M. C.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

13. En premier lieu, si M. C fait valoir que son état de santé a nécessité une aide temporaire de membres de sa famille, à raison d'une heure par jour pour la période du 15 juin au 21 novembre 2017, puis à raison de deux heures par semaine pour la période du 22 novembre 2017 au 4 octobre 2019, il ne résulte pas de l'instruction que son état de santé a effectivement nécessité une assistance à tierce personne. Par suite, il n'y a pas lieu, de condamner le CHRU de Nancy à lui verser une indemnisation à ce titre.

14. En deuxième lieu, d'une part, M. C fait valoir un préjudice lié à la perte de gains professionnels à compter du 21 juin 2017, date de son arrêt de travail. Il résulte de l'instruction que l'arrêt de travail à compter du 21 juin 2017 se justifiait en partie par les suites du choc septique dont a été victime M. C, en raison notamment d'une dénutrition sévère et d'un ictère. Le 2 août 2017, le chef de clinique du service des maladies infectieuses du CHRU de Nancy a constaté que le bilan biologique s'était amélioré. Il résulte ainsi de l'instruction que la date de l'arrêt de travail de M. C imputable à la seule faute du CHRU de Nancy peut être fixée au 2 août 2017.

15. D'autre part, M. C est charpentier couvreur zingueur et a créé son entreprise en 2015. Il percevait au cours des années précédant son hospitalisation un salaire annuel moyen de 11 076 euros. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la perte de salaire est imputable à la faute du CHRU de Nancy à compter du 2 août 2017. Jusqu'à la date du jugement, il s'est écoulé 60 mois et 23 jours soit une perte de gains professionnels qui peut être évaluée à la somme de 56 088 euros. Il résulte également de l'instruction que M. C a perçu des indemnités journalières de maladie d'un montant de 10 231,98 euros ainsi qu'un montant de 14 332 euros au titre des arrérages échus en invalidité. Par ailleurs, M. C a repris son activité professionnelle et a perçu des revenus jusqu'au 31 décembre 2021 s'établissant à la somme de 26 472 euros. M. C a ainsi perçu un montant total de 51 036 euros. Par ailleurs, le requérant n'a produit aucun élément permettant d'établir les revenus issus de son activité professionnelle perçus du 1er janvier 2022 à la date du jugement malgré une demande du tribunal. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme justifiant d'un préjudice de perte de gains professionnels. Par suite, il n'y a pas lieu de condamner le CHRU de Nancy à l'indemniser de ce préjudice.

S'agissant des préjudices permanents :

16. Il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise, que les séquelles conservées par M. C ont un retentissement sur son activité professionnelle, dès lors que sa paralysie a entrainé la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé pour une période de cinq ans. Selon l'expertise, M. C n'est pas inapte à son emploi et n'a pas été obligé de se reconvertir néanmoins il est moins efficace et réalise les travaux plus lentement. Dans ces conditions, le préjudice d'incidence professionnelle sera justement réparé par l'allocation d'une somme de 12 000 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser la somme de 12 000 euros à M. C.

17. Il résulte de tout ce qui précède que le CHRU de Nancy est condamné à verser à M. C la somme totale de 46 212 euros au titre de la réparation de ses différents préjudices.

Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy de Dôme :

18. D'une part, la CPAM du Puy de Dôme justifie avoir exposé la somme de 1 294,74 euros au titre des dépenses de santé, la somme de 9 450,54 euros au titre des indemnités journalières imputables à la faute du CHRU de Nancy ainsi que la somme de 14 332 euros correspondant à la pension d'invalidité versée à M. C. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Nancy la somme de 25 077,28 euros.

19. D'autre part, aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 14 décembre 2021 susvisé : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022 ". Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Nancy à verser à la CPAM du Puy de Dôme l'indemnité prévue par les dispositions précitées pour un montant de 1 114 euros.

En ce qui concerne les dépens de l'instance :

20. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive du CHRU de Nancy les frais d'expertise, qui ont été liquidés et taxés par des ordonnances de la présidente du tribunal administratif de Nancy à la somme totale de 3 035 euros.

Sur les frais d'instance :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Nancy la somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a toutefois pas lieu de faire droit à la demande formée par la CPAM du Puy de Dôme sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à verser à M. B C la somme de 46 212 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy de Dôme une somme de 25 077,28 euros au titre des débours et une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les dépens de l'instance, correspondant aux frais et honoraires d'expertise taxés et liquidés à la somme de 3 035 euros sont mis à la charge définitive du CHRU de Nancy.

Article 4 : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy versera à M. B C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy de Dôme, au centre hospitalier régional universitaire de Nancy et à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 août 2022.

La rapporteure,

C. A

Le président,

D. MartiLe greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2001620

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