jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2001652 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP DUBOIS - MARRION- MOUROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 juillet 2020 et 4 janvier 2022, M. I C, M. G H, Mme B C, M. K C, Mme O C, Mme P C M, Mme A C, M. J C, Mme N C, M. F M, M. E M et Mme Q C, représentés par Me Welzer, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) d'Epinal à verser la somme de 75 551,30 euros, à M. I C, en réparation de l'ensemble des préjudices subis en conséquence du décès de son épouse en raison de la faute commise par le CH d'Epinal ;
2°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 34 672 euros à M. G H, en réparation de ses préjudices ;
3°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 28 246,70 euros à Mme B C, en réparation de ses préjudices ;
4°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 34 994 euros à M. K C, en réparation de ses préjudices ;
5°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 28 246,70 euros à Mme O C ainsi que la somme de 28 246, 70 euros à Mme P C M, en réparation de leurs préjudices ;
6°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 11 344 euros à M. E M, en réparation de ses préjudices ;
7°) de condamner le CH d'Epinal à verser la somme de 10 000 euros à Mme A C, ainsi que 10 000 euros à M. J C, 10 000 euros à Mme N C, 10 000 euros à Mme Q C et 10 000 euros à M. F M, en réparation de leur préjudice d'affection ;
8°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge du CH d'Epinal en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Mme C a chuté d'un brancard en raison d'une faute commise par le CH d'Epinal, elle est devenue tétraplégique et cette chute a entraîné son décès ;
- ils subissent un préjudice matériel et moral dont ils sont fondés à demander la réparation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 décembre 2020 et 1er février 2022, le CH d'Epinal, représenté par Me Dubois, conclut à une réduction des prétentions indemnitaires des consorts C, H et M.
La requête a été communiquée à la caisse d'assurance maladie de Haute-Marne qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 3 février 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marini, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Dubois, représentant le CH d'Epinal.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 novembre 2016, Mme D C est adressée au service des urgences du CH d'Epinal pour une suspicion de thrombose veineuse profonde de la jambe droite et embolie pulmonaire. Le 5 novembre 2016, elle chute d'un brancard. Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2016, elle est transférée au CHRU de Nancy où lui sera diagnostiqué une tétraplégie. Mme C décède en janvier 2018. Les requérants ont adressé une demande préalable d'indemnisation au CH d'Epinal le 28 octobre 2019. L'absence de réponse du CH d'Epinal a fait naître une décision implicite de rejet. Les consorts C, H et M demandent au tribunal de condamner le CH d'Epinal à les indemniser de leurs préjudices personnels.
Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Epinal :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. Le 5 novembre 2016, alors que Mme C était installée sur un brancard aux urgences du CH d'Epinal et interrogée par un médecin, elle a chuté en arrière entre le brancard et le mur. Dans la journée qui suit sa chute, Mme C connaîtra une perte de la sensibilité et de la mobilité des deux membres inférieurs ainsi qu'une perte de la sensibilité des deux mains et une mobilité réduite des deux bras. Elle est transférée au CHRU de Nancy où lui sera diagnostiqué une tétraplégie. Mme C subira une intervention chirurgicale mais sans évolution favorable. Elle sera prise en charge au centre de rééducation fonctionnelle Emile Durkheim à Golbey jusqu'à son décès en janvier 2018. Les requérants soutiennent que le décès de Mme C est lié à sa tétraplégie laquelle est la conséquence de sa chute. Ils soutiennent également que la chute aurait eu lieu après que Mme C se soit évanouie alors que le médecin lui tournait le dos. Néanmoins, il résulte de l'instruction que les circonstances précises et la raison de la chute de Mme C sont indéterminées de même que la cause de son décès. L'état de l'instruction ne permet pas au tribunal de statuer sur la responsabilité du CH d'Epinal dans la chute de Mme C ni sur le lien entre les conséquences de cette chute et le décès de la patiente.
4. Par suite, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise médicale sur ces points et de réserver, jusqu'en fin d'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Avant de statuer sur la requête, il sera procédé à une expertise confiée à un neurologue en présence d'un représentant des ayants droits, du CH d'Epinal et de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne. L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
1°) de prendre connaissance de l'entier dossier médical de Mme D C, décrire son état de santé antérieur à la chute et son état de santé postérieur, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés ;
2°) d'indiquer si l'état de santé de Mme C peut expliquer sa chute, s'il justifiait une surveillance particulière et d'éclairer plus généralement le tribunal sur les circonstances de la chute et l'engagement, éventuel, de la responsabilité du CH d'Epinal ;
3°) d'indiquer la cause du décès de Mme C ainsi que les conséquences de la chute de Mme C sur son état de santé et leur lien potentiel avec son décès ;
4°) de préciser, le cas échéant, si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Mme C une chance d'échapper aux dommages ;
5°) de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles d'éclairer le tribunal.
Article 3 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Après avoir prêté serment, il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires dans le délai fixé par le président du tribunal dans la décision le désignant. Il en notifiera une copie à chacune des parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 5 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 6 : Tous droits, moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. I C, au centre hospitalier d'Epinal, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne et à l'expert.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
C. Marini
Le président,
D. Marti La greffière,
M. L
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026