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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2002958

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2002958

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2002958
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSCP CABINET LIGNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 novembre 2020 et le 27 mai 2021, M. et Mme C, représentés par Me Lignot, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Laheycourt a implicitement rejeté leur réclamation en date du 15 juillet 2020 réceptionnée le 17 juillet 2020 ;

2°) de condamner la commune de Laheycourt à leur verser la somme de 8 164,18 euros à titre d'indemnisation de leur préjudice anormal et spécial, majorée des intérêts au taux légal à compter du 17 juillet 2020, date de la demande précontentieuse, avec capitalisation des intérêts échus à compter de cette même formalité ;

3°) d'enjoindre à la commune de Laheycourt, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de six mois à compter du caractère définitif du jugement à intervenir, de réaliser les travaux décrits dans le rapport d'expertise judiciaire du 17 janvier 2020 ;

4°) de condamner la commune de Laheycourt aux entiers dépens en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Laheycourt une somme de 6 513 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'existence d'un préjudice en lien direct avec l'ouvrage public réalisé à la demande de la commune de Laheycourt est établi ;

- la mauvaise exécution des travaux de voirie a entraîné un préjudice anormal et spécial : la présence de l'ouvrage engendre un trouble qui excède la gêne normale qu'un administré doit accepter dans l'intérêt collectif ;

- ils n'ont eux-mêmes commis aucune faute lors de l'édification de leur habitation ;

- leur préjudice peut être évalué à 7 540 euros au titre du trouble dans les conditions d'existence à raison de 5 euros par jour entre le 1er octobre 2016 et le 17 novembre 2020 et à 624,18 euros au titre des deux constats d'huissier ;

- la commune doit entreprendre les travaux de réfection destinés à mettre fin à ces désordres.

Par des mémoires en défense enregistrés les 22 décembre 2020 et 16 avril 2021, la commune de Laheycourt, représentée par Me Schindler, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal :

- au rejet de la requête de M. et Mme C ;

- à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) à titre subsidiaire :

- à ce que le département de la Meuse soit condamné à la garantir de toutes sommes qui pourraient être mises à sa charge au profit de M. et Mme C ;

- à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département de la Meuse en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, à titre principal, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés et, à titre subsidiaire, que la responsabilité du département de la Meuse est engagée.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 janvier 2021, le département de la Meuse, représenté par Me Coulon, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de l'appel en garantie de la commune de Laheycourt ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet des conclusions des consorts C ;

3°) en tout état de cause, à ce que soit mis à la charge solidaire des consorts C et de la commune de Laheycourt le versement d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, d'une part, à titre principal, que les conclusions d'appel en garantie de la commune sont irrecevables faute pour celle-ci d'en avoir exposé le fondement juridique, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés, d'autre part, que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Vu :

- le rapport d'expertise, déposé au greffe du tribunal administratif de Nancy le 27 janvier 2020 et complété le 20 avril 2020 ;

- l'ordonnance, en date du 29 avril 2020, par laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 2 646,48 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lignot, représentant M. et Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C sont propriétaires d'une maison d'habitation édifiée en 2008 sur la parcelle située E à Laheycourt (Meuse). Au cours de l'année 2016, la commune a fait réaliser par les services techniques du département de la Meuse des travaux de requalification de cette voie, ancien chemin rural, à la suite desquels les requérants ont constaté le ruissellement des eaux pluviales provenant du domaine public dans leur propriété. Par une ordonnance du 26 septembre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a désigné un expert qui a déposé le 17 janvier 2020 un rapport qu'il a complété le 14 avril 2020. Le 15 juillet 2020, M. et Mme C ont adressé une réclamation préalable à la commune de Laheycourt qui a été implicitement rejetée. Par la requête susvisée, les requérants demandent au tribunal de condamner la commune de Laheycourt à réparer le dommage subi pour la somme globale de 8 164,18 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation. La commune appelle en garantie le département de la Meuse des éventuelles condamnations prononcées à son encontre.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande préalable :

2. La décision implicite par laquelle le maire de la commune de Laheycourt a rejeté la demande indemnitaire préalable présentée par M. et Mme C a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande des requérants qui, en formulant les conclusions sus-analysées, ont donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit des intéressés à percevoir la somme qu'ils réclament, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires de M. et Mme C :

En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Laheycourt :

3. En premier lieu, le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.

4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Nancy, que les travaux de requalification de la voie qui dessert la ruelle du D ont été entrepris sans qu'il ait été procédé à un relevé topographique préalable. Ces travaux ont conduit au reprofilage en long et en travers de cette voie, celle-ci étant rehaussée, au droit de l'entrée de la propriété des requérants, d'une hauteur de 20 à 50 centimètres par rapport à la situation avant travaux, et dotée de dispositifs de renvoi d'eau, dont un dos d'âne, inappropriés. Il résulte également de l'instruction que les travaux ainsi réalisés, le rapport d'expertise qualifiant en outre le dénivelé créé entre les niveaux transversaux aval et amont d'" inacceptable en termes de franchissement ", ont eu pour effet de diriger les eaux de ruissellement de la voie publique dans la propriété des requérants. Il résulte des photographies produites que ces eaux stagnent dans la cour des requérants et jusque sur leur terrasse, créant des plaques de verglas en période hivernale, et amènent des graviers et de la boue au niveau de leur seuil. Dans ces conditions, le lien de causalité entre les travaux réalisés en 2016 et les désordres constatés par les requérants est suffisamment établi.

5. En second lieu, il est constant que les requérants ont fait édifier leur habitation en 2008 alors que les travaux de requalification de la voie en litige, qui était jusqu'alors un chemin rural et ne supportait aucun aménagement permettant la récupération des eaux pluviales, ont été réalisés entre avril et septembre 2016. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que des phénomènes de ruissellement des eaux du domaine public vers la propriété des requérants existaient antérieurement à ces travaux ou que le chemin, quand bien même il était alors en terre, présentait des caractéristiques telles que les requérants auraient été en mesure de déduire l'existence d'un tel risque. Dans ces conditions, la commune ne peut sérieusement soutenir que M. et Mme C n'apporteraient pas la preuve d'une modification de la situation antérieure. Par ailleurs, bien que l'expert relève dans son rapport que le niveau du seuil d'entrée de la propriété des requérants a été établi unilatéralement par leurs soins à un niveau altimétrique identique à celui de la chaussée avant travaux alors que la requalification de cette dernière était prévisible, il ne résulte pas de l'instruction que M. et Mme C, lesquels ont édifié leur maison d'habitation huit ans avant les travaux qui ont eu pour effet de modifier le profil de la voie, se seraient exposés en toute connaissance de cause à un risque d'inondation, ni qu'ils auraient commis une faute de nature à exonérer même partiellement la responsabilité de la commune en omettant de respecter une prescription technique relative au niveau du seuil d'entrée par rapport à la voirie existante ou à venir.

En ce qui concerne les préjudices :

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'existence d'un dénivelé entre la voie publique et la propriété des requérants qui, selon les termes du rapport d'expertise judiciaire, ne satisfait pas au bon usage d'un accès privé, et l'accumulation récurrente d'eau et de boue en provenance de la voie publique dans leur propriété ont généré pour M. et Mme C un trouble de jouissance constitutif d'un préjudice dont il sera fait une juste appréciation en en fixant la réparation à 2 000 euros.

7. En second lieu, les requérants, qui produisent les deux factures d'honoraires de l'huissier qu'ils ont sollicité dans le cadre de la procédure engagée contre la commune, respectivement en date du 15 octobre 2018 et du 22 octobre 2020, sont en droit d'être indemnisés à ce titre pour un montant de 624,18 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

8. Il résulte de l'instruction que la commune de Laheycourt a réceptionné la demande de réparation de M. et Mme C le 17 juillet 2020. Dans ces conditions, les requérants ont droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 2 312,09 euros à compter du 17 juillet 2020 et sur la somme de 312,09 euros à compter du 22 octobre 2020, date de la seconde facture d'honoraires de l'huissier.

9. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée par les intéressés dans leur requête enregistrée le 16 novembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande en ce qui concerne la somme de 2 312,09 à compter du 17 juillet 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date. Il y a également lieu de faire droit à cette demande en ce qui concerne la somme de 312,09 euros à compter du 22 octobre 2021 date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts sur cette dernière somme, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Dans le cadre d'une action en responsabilité pour dommages de travaux publics, le juge administratif peut être saisi, en complément de conclusions indemnitaires, de conclusions tendant à ce qu'il enjoigne à la personne publique de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage ou à en pallier les effets.

11. Il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas allégué que les désordres constatés auraient cessé à la date du présent jugement ni que les travaux préconisés par l'expert, à savoir piquetage, délimitation et calage des niveaux, démolition de l'emprise de la chaussée sur 70 m² sur une épaisseur de 0,25/0,40 m, fourniture et pose d'une bordure de type A sur 10 mètres linéaires y compris fondation, terrassement et pose d'un caniveau grille 250 KN d'une longueur de 5 mètres avec raccordement au fossé côté gauche descendant, couche de forme et réglage et pose d'un enrobé 0/10 compris accrochage 70 m², auraient été entrepris par la commune de Laheycourt. Par ailleurs, la commune n'établit ni même ne soutient que la réalisation des travaux nécessaires à la cessation du dommage contreviendrait à un motif d'intérêt général ou porterait atteinte aux droits de tiers. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Laheycourt de faire procéder, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, aux travaux préconisés par l'expert. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur l'appel en garantie formé par la commune de Laheycourt :

12. La fin des rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur, consécutive à la réception sans réserve d'un marché de travaux publics, fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, l'entrepreneur soit ultérieurement appelé en garantie par le maître d'ouvrage pour des dommages dont un tiers demande réparation à ce dernier, alors même que ces dommages n'étaient ni apparents ni connus à la date de la réception. Il n'en irait autrement - réserve étant faite par ailleurs de l'hypothèse où le dommage subi par le tiers trouverait directement son origine dans des désordres affectant l'ouvrage objet du marché et qui seraient de nature à entraîner la mise en jeu de la responsabilité des constructeurs envers le maître d'ouvrage sur le fondement des principes dont s'inspirent les articles 1792 et 2270 du code civil - que dans le cas où la réception n'aurait été acquise à l'entrepreneur qu'à la suite de manœuvres frauduleuses ou dolosives de sa part.

13. Il résulte de l'instruction que les travaux publics réalisés sur la chaussée de la ruelle du D par les services techniques du département de la Meuse pour le compte de la commune de Laheycourt ont donné lieu à une réception sans réserve révélée par le paiement d'une facture du 28 novembre 2016 mettant fin aux relations contractuelles entre la commune et le département. Dans ces conditions, et en application de ce qui a été dit au point précédent, l'appel en garantie formé par la commune de Laheycourt contre le département de la Meuse ne peut être accueilli.

Sur les frais d'expertise :

14. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de la commune de Laheycourt la totalité des frais de l'expertise décidée par l'ordonnance n° 1901592 du 26 septembre 2019 du juge des référés du tribunal et qui ont été liquidés et taxés à la somme de 2 646,48 euros par l'ordonnance de taxation de la présidente du tribunal administratif de Nancy du 29 avril 2020.

Sur les frais de l'instance :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de M. et Mme C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que la commune de Laheycourt et le département de la Meuse demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune le versement d'une somme de 1 500 euros à M. et Mme C sur le fondement de ces mêmes dispositions. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par le département de la Meuse à l'encontre de la commune de Laheycourt doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er :La commune de Laheycourt est condamnée à verser à M. et Mme C une somme de 2 624,18 euros (deux mille six cent vingt-quatre euros et dix-huit centimes) assortie, pour ce qui concerne la somme de 2 312,09 euros, des intérêts au taux légal à compter du 17 juillet 2020 et de leur capitalisation à compter du 17 juillet 2021 et à chaque échéance annuelle et, pour ce qui concerne la somme de 312,09 euros, des intérêts au taux légal à compter du 22 octobre 2020 et de leur capitalisation à compter du 22 octobre 2021 et à chaque échéance annuelle.

Article 2 : Il est prescrit à la commune de Laheycourt de faire procéder aux travaux préconisés par l'expert judiciaire décrits au point 11 ci-dessus, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 646,48 euros (deux mille six cent quarante-six euros et quarante-huit centimes) sont mis à la charge définitive de la commune de Laheycourt.

Article 4 : La commune de Laheycourt versera à M. et Mme C une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme C est rejeté.

Article 6 : Les conclusions d'appel en garantie de la commune de Laheycourt et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Les conclusions du département de la Meuse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C, au département de la Meuse et à la commune de Laheycourt.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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