jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2003176 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | HERHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 décembre 2020 et le 9 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Herhard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 134 628 euros en réparation des préjudices subis par lui ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'administration fiscale a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en se fourvoyant sur l'objet social de la société Consulting Produit Intervention France, ce dernier ne consiste pas dans l'achat-revente de tous types d'emballages et de tous types de conditionnements mais dans la commercialisation, l'installation et la mise en route d'ensembles électromécaniques automatisés ou non, destinés aux entreprises d'exploitation, de production, de stockage, de distillation et de vente d'hydrocarbures ;
- le fait que le dégrèvement soit intervenu pour partie en raison d'un vice de procédure n'est pas de nature à exclure la condition de la faute ; il résulte de l'arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Nancy que les sommes en cause ne peuvent plus être considérées comme une distribution occulte de bénéfice ;
- il a subi un préjudice financier du fait de l'action des services dont il est fondé à solliciter réparation qu'il convient d'évaluer à 134 628 euros ;
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2021, le ministre de l'économie et des finances conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant demande une indemnité correspondant presque exactement au montant des impositions mises à sa charge à la suite du contrôle fiscal de sa société et, selon l'existence d'un recours parallèle fiscal permettant d'aboutir à un résultat identique à l'action indemnitaire engagée, s'oppose à la recevabilité de cette dernière ;
- l'administration fiscale n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ; en application du principe de l'indépendance des procédures le dégrèvement des impositions établies au nom de la société, pour un vice de procédure, n'implique nullement le dégrèvement des redressements mis à la charge du requérant ;
- le préjudice allégué n'est pas établi, ni dans son principe, ni dans son montant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durand, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Florence Milin-Rance, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Consulting Produit Intervention (CPI) France, dont M. A est le gérant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a constaté que des sommes enregistrées au crédit du compte courant d'associé de M. A constituaient des revenus de capitaux mobiliers imposables entre les mains du bénéficiaire. L'administration a assujetti M. A et la société CPI France à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2008 à 2010 et à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de la même période. Par un arrêt du 15 novembre 2018, la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge des redressements à l'impôt sur les sociétés de la société CPI France. Par courrier du 4 août 2020, M. A a saisi l'administration d'une réclamation préalable tendant à la réparation du préjudice subi par lui, du fait des fautes commises par l'administration fiscale à l'occasion des redressements notifiés à la société CPI France.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Une faute commise par l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt est de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice. Un tel préjudice, qui ne saurait résulter du seul paiement de l'impôt, peut être constitué des conséquences matérielles des décisions prises par l'administration et, le cas échéant, des troubles dans ses conditions d'existence dont le contribuable justifie. Le préjudice invoqué ne trouve pas sa cause directe et certaine dans la faute de l'administration si celle-ci établit soit qu'elle aurait pris la même décision d'imposition si elle avait respecté les formalités prescrites ou fait reposer son appréciation sur des éléments qu'elle avait omis de prendre en compte, soit qu'une autre base légale que celle initialement retenue justifie l'imposition. Enfin l'administration peut invoquer le fait du contribuable ou, s'il n'est pas le contribuable, du demandeur d'indemnité comme cause d'atténuation ou d'exonération de sa responsabilité.
3. Il résulte de l'instruction que, pour asseoir les rehaussements notifiés à M. A au titre de l'impôt sur le revenu, le service s'est fondé sur la circonstance que la société CPI France avait comptabilisé en charges des commissions facturées par des intermédiaires, que le paiement correspondant à ces factures avait été effectué par virements sur les comptes personnels de M. A, et qu'ainsi, dès lors que ces avantages sans contrepartie n'apparaissaient pas en tant que tels dans les écritures comptables de la société, ils devaient être imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions précitées de l'article 111-c du code général des impôts. Par un jugement du 8 octobre 2015, le tribunal administratif de Nancy a rejeté la requête formée par l'intéressé qui n'a pas interjeté appel de cette décision.
4. Si M. A soutient que, par un arrêt du 15 novembre 2018, la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge de l'intégralité des sommes mises à la charge de la société CPI France au motif qu'il n'était pas justifié de la compétence de la signataire des avis de mise en recouvrement, en raison du principe d'indépendance des procédures, les éventuelles irrégularités entachant la procédure de vérification de la société CPI France sont sans incidence sur les impositions de M. A. Si l'intéressé soutient par ailleurs que le service s'est fourvoyé sur l'objet de la société CPI France, celui-ci ne consistant pas dans l'achat-revente de tous types d'emballages et de tous types de conditionnements mais dans la commercialisation, l'installation et la mise en route d'ensembles électromécaniques automatisés ou non, destinés aux entreprises d'exploitation, de production, de stockage, de distillation et de vente d'hydrocarbures, cette seule circonstance, à la supposer même établie, n'est pas de nature à constituer une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que M. A n'est pas fondé à engager la responsabilité de l'Etat.
Sur les frais de l'instance et les dépens :
6. D'une part, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent être que rejetées.
7. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003176
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026