jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100376 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 février 2021 et 9 septembre 2022, la SASU Serrurerie service représentée par Me Babel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'établir le décompte général du marché public conclu le 15 février 2013 avec la commune de Dompaire pour la construction de la maison des associations ;
2°) de rejeter la demande d'expertise formulée par la commune de Dompaire ;
3°) de condamner la commune de Dompaire à lui verser la somme de 18 666,86 euros TTC correspondant au paiement du solde du marché ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Dompaire la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en application de l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés de travaux, le projet de décompte général transmis à la commune est devenu, en l'absence de notification de la part de la commune dans les dix jours suivants cette transmission, le décompte général définitif ;
- la mise en demeure a été adressée au maire de la commune, aucune personne responsable du marché n'étant mentionnée dans les documents contractuels ;
- en l'absence de décompte, la commune ne peut se prévaloir des stipulations du CCAG applicables à la contestation du décompte général ;
- les éléments produits par la commune ne permettent pas d'établir l'existence des désordres qu'elle invoque ;
- elle est intervenue pour reprendre les désordres ;
- aucune finition n'était prévue au cahier des clauses techniques particulières s'agissant des connecteurs aluminium du bardage polycarbonate.
Par des mémoires en défense enregistrés les 10 février et 30 septembre 2022, la commune de Dompaire, représentée par Me Géhin, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à l'établissement du décompte général du marché conclu avec la SASU Serrurerie service pour la construction de la maison des associations ;
3°) à ce qu'une expertise soit ordonnée, avec obligation pour l'expert de remettre son rapport dans un délai de six mois à compter de sa décision ;
4°) de mettre à la charge de la SASU Serrurerie service les entiers dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en application des stipulations des articles 50.1.3 et 50.3.2 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés de travaux, faute pour la société d'avoir présenté un mémoire en réclamation et adressé une copie de ce mémoire au maître d'œuvre ;
- la mise en demeure d'établir le décompte, adressée à la commune de Dompaire, et non au représentant du pouvoir adjudicateur, n'est pas valable ;
- dans l'hypothèse où le tribunal considérerait que le courrier du 18 juillet 2016 peut constituer un mémoire en réclamation, l'action devait être introduite par la société dans un délai de six mois à compter de la naissance de la décision implicite de rejet or ce délai était écoulé à la date d'introduction de la requête ;
- les stipulations de l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux dans leur version en vigueur à compter du 1er avril 2014 ne sont pas applicables au présent marché dès lors que celui-ci a été conclu le 27 février 2013 ;
- le procès-verbal de réception n'a pas été signé par le maître d'ouvrage ;
- la société n'est pas intervenue depuis la mise en demeure de reprendre les désordres adressée le 24 mai 2016 ;
- la réserve relative à l'absence de finitions des profilés aluminiums n'a jamais été levée.
Un mémoire a été enregistré pour la société Serrurerie service le 3 janvier 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lasseront, représentant la SASU Serrurerie service.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 15 février 2013, la société Serrurerie service s'est vue attribuer le lot n°304 " menuiseries extérieures " du marché relatif à la construction de la maison des associations de la commune de Dompaire. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 7 janvier 2015. La levée des réserves est intervenue le 28 mai 2015. Le projet de décompte final, faisant apparaître un solde de 18 666,86 euros en faveur de la société, signé par la société Serrurerie service et le maître d'œuvre, a été transmis à la commune le 28 mai 2015. La société Serrurerie service est intervenue pour réparer les désordres sur l'ouvrage le 27 juin 2016 et a demandé à la commune de lui régler le solde du marché par un courrier du 18 juillet 2016. Par un courrier du 23 décembre 2020, la société a mis en demeure la commune de lui transmettre, dans un délai de 10 jours, un décompte général. La commune n'ayant transmis aucun décompte général à la société, cette dernière demande au tribunal d'établir le décompte général du marché.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Le point 3.4.2 figurant à l'article 4 du cahier des clauses administratives particulières signées par les parties a remplacé l'article 13.42 du cahier des clauses administratives générales par les stipulations suivantes : " Le décompte général signé par la personne représentant le pouvoir adjudicateur sera notifié à l'entrepreneur avant la plus tardive des dates ci-après : - quarante-cinq jours après la date de remise du projet de décompte final ; - trente jours après la publication de l'index de référence permettant la révision du solde ; - quarante-cinq jours après la constatation de la levée de la dernière réserve formulée lors de la réception des travaux ". Il est constant que la plus tardive de ces dates est intervenue quarante-cinq jours après la constatation de la levée des réserves. Dans le cas où le maître d'ouvrage n'établit pas le décompte général et définitif, il appartient à l'entrepreneur, avant de saisir le juge, de mettre celui-ci en demeure d'y procéder. Cette mise en demeure doit être regardée comme un mémoire en réclamation au sens de l'article 50.1 du cahier des clauses administratives générales, auquel il n'est pas dérogé. Aux termes des stipulations de l'article 50.1 du cahier des clauses administratives générales dans sa version applicable au contrat et issu de l'arrêté du 8 septembre 2009 : " 50.1. Mémoire en réclamation : 50.1.1. Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. () ".
3. Il résulte de la combinaison des stipulations précitées, d'une part, qu'il appartient à l'entrepreneur, en cas de litige avec la personne responsable du marché, de lui adresser un mémoire en réclamation, d'autre part, d'adresser une copie de sa réclamation au maître d'œuvre.
4. En l'espèce, confrontée à l'absence de notification d'un décompte général par le maître de l'ouvrage, la société Serrurerie service s'est acquittée de son obligation tenant à la présentation d'un mémoire en réclamation en mettant le maître de l'ouvrage en demeure de l'établir par son courrier du 23 décembre 2020. Cette mise en demeure doit être regardée comme un mémoire en réclamation au sens des stipulations précitées. Toutefois, ainsi que le fait valoir la commune de Dompaire en défense, la société n'a pas adressé copie de ce mémoire en réclamation au maître d'œuvre, en méconnaissance d'une formalité substantielle que se sont données les parties. La méconnaissance de cette formalité rend irrecevable la réclamation présentée par la société Serrurerie service.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de présentation d'un mémoire en réclamation présenté selon les formes prévues au contrat, la requête présentée par la société Serrurerie service est, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, irrecevable et ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais du litige :
6. D'une part, la commune de Dompaire n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que la société Serrurerie service demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Serrurerie service la somme que demande la commune de Dompaire sur le fondement des mêmes dispositions.
8. Enfin, l'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Dompaire et tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de la société Serrurerie service.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Serrurerie service est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dompaire sur le fondement des dispositions des articles R. 761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Serrurerie service et à la commune de Dompaire.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
La rapporteure,
L. Fabas
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2100376
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026