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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2100717

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2100717

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2100717
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP JOFFROY - LITAIZE - LIPP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 12 mars, 9 juillet et 26 août 2021, Mme F A, représentée par Me Lipp, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme de 81 564,32 euros en réparation de l'ensemble des préjudices qu'elle a subis en raison de l'accident médical dont elle a été victime lors de sa prise en charge au centre hospitalier (CH) de Toul ;

2°) de condamner l'ONIAM aux dépens et de mettre à sa charge une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a été victime d'un accident médical lors de sa prise en charge au CH de Toul et les critères sont réunis pour lui permettre d'être indemnisée au titre de la solidarité nationale ;

- elle est fondée à demander la réparation intégrale des préjudices subis en raison de cet accident médical.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 mai et 29 juillet 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Roquelle-Meyer, conclut à une réduction des prétentions indemnitaires de Mme A ainsi qu'au rejet des sommes demandées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marini, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Lipp, représentant Mme A.

Une note en délibéré, présentée par l'ONIAM, a été enregistrée le 31 mai 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A souffrait d'une coxarthrose bilatérale sur dysplasie subluxante qui a justifié la pose d'une prothèse de hanche droite. Elle a été hospitalisée le 25 novembre 2014 au centre hospitalier de Toul et a connu des complications post-opératoires dues à l'étirement d'un nerf sciatique qui se sont manifestées par le déficit complet des releveurs du pied, orteils et anesthésie de la face externe du mollet droit. Après une période de rééducation, Mme A a pu regagner son domicile le 28 février 2015. Par une ordonnance en date du 1er juillet 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a ordonné une expertise. Le docteur B a été désigné et a déposé son rapport le 18 novembre 2015. Par une ordonnance en date du 20 mai 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a refusé d'octroyer une provision à Mme A. Par un jugement du 4 mai 2017, le présent tribunal a rejeté la demande de Mme A tendant à la condamnation du CH de Toul à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis et n'a pas appelé l'ONIAM en la cause à défaut de consolidation de l'état de Mme A à la date du jugement. L'état de Mme A étant consolidé le 9 mai 2019, par une ordonnance du 18 mars 2020 le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a désigné le docteur B pour procéder à l'évaluation des préjudices de Mme A. Par une ordonnance en date du 27 avril 2020, la présidente du tribunal administratif de Nancy a octroyé une allocation provisionnelle à valoir sur le montant des frais d'expertise versée par Mme A. Le docteur B a déposé son rapport le 17 juillet 2020. Mme A a présenté une demande d'indemnisation préalable à l'ONIAM réceptionnée le 14 janvier 2021 et rejetée par l'ONIAM le même jour à défaut de saisine de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation ou de la juridiction. Mme A demande au tribunal la condamnation de l'ONIAM à l'indemniser de la totalité des préjudices qu'elle estime résulter de l'accident médical qu'elle a subi lors de sa prise en charge au CH de Toul.

Sur le principe de l'indemnisation :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ()() II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Et aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %./. ()".

3. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM est seul chargé d'indemniser, au titre de la solidarité nationale, les victimes de préjudices résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'expertise en date du 18 novembre 2015 du Dr B, versé dans la présente instance, que lors de la pose de la prothèse de hanche le 25 novembre 2014, une complication est survenue le jour même sous forme d'anesthésie et paralysie par traumatisme du nerf grand sciatique, cette complication n'étant pas due à une blessure directe du nerf mais à un étirement qui a pu se produire soit pendant la préparation des os pour la mise en place de la prothèse soit au moment de la réduction qui nécessite souvent une traction importante lorsqu'il s'agit d'une prothèse à double mobilité. L'expert conclut qu'" au cours de la mise en place d'une prothèse totale de hanche un étirement du nerf sciatique peut provoquer une paralysie. Il s'agit donc d'un accident médical inhabituel, consécutif à cette intervention ". Selon l'expertise du Dr B, le taux de déficit fonctionnel permanent de Mme A, en lien avec cet accident médical, peut-être fixé à 30 %. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'accident médical subi par Mme A présente un caractère inhabituel et que la récupération neurologique est très insuffisante avec une atteinte proximale sur le grand fessier et le muscle biceps de la cuisse droite, et dystale avec paralysie des muscles fibulaires, du jumeau interne, du jambier postérieur et des moteurs des orteils en flexion et en extension. Le muscle jambier antérieur bien qu'ayant connu une récupération n'a pas une force normale. Le pied de Mme A reste déformé ce qui lui a occasionné plusieurs chutes et fractures. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner l'ONIAM à indemniser Mme A des préjudices résultant de l'accident médical qu'elle a subi lors de sa prise en charge par le CH de Toul.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

Sur les préjudices patrimoniaux :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

4. D'une part, Mme A demande le remboursement de ses frais d'acquisition de chaussons orthopédiques en 2015, 2018 et 2020. Il résulte de l'instruction que la marche pieds-nus est impossible pour Mme A et que ses déplacements à son domicile nécessitent le port de chaussons adaptés. Toutefois, si Mme A produit des factures faisant état d'un reste à charge de 70 euros en 2018 et 53,98 euros en 2020, la seule production d'un bon de livraison en 2015 ne permet pas d'établir la réalité d'un reste à charge. De plus, Mme A justifie de l'acquisition d'une pince pick up pour un montant de 9 euros.

5. D'autre part, si Mme A demande également le remboursement de ses frais d'acquisition de chaussures de randonnées, il ne résulte pas de l'instruction que ces dépenses présentent un lien avec l'accident médical subi par Mme A. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser à Mme A la somme totale de 132,98 euros dont 123,98 euros au titre de l'acquisition de chaussons adaptés.

Quant aux frais divers :

6. Mme A sollicite le remboursement à hauteur de 1 800 euros de frais d'expertise qu'elle justifie avoir exposés en règlement des honoraires du Dr C qui l'a assistée lors des expertises. Ces frais ont été exposés de manière utile dans la présente instance. Mme A est donc fondée à en demander le remboursement à l'ONIAM. Mme A justifie également avoir exposé des frais pour une évaluation de la conduite d'un montant de 55 euros ainsi que 66 euros de frais de consultation du Docteur D, médecin agrée auprès de la commission des permis de conduire. Dès lors que ces dépenses présentent un lien avec l'accident médical subi par Mme A, elle est fondée à en demander le remboursement à l'ONIAM. Mme A justifie également avoir exposé des frais de téléphonie d'un montant de 14,56 euros et des frais de pensions pour ses chiens d'un montant de 606,39 euros lors de son séjour à l'institut régional de rééducation. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les frais de paysagiste présentent un lien avec l'accident médical subi par Mme A. Mme A justifie également avoir exposé des frais de déplacements pour l'expertise, pour se rendre chez le médecin qui l'a assistée, à l'auto-école pour son évaluation, à l'institut régional de rééducation pour ses consultations, à Nancy pour ses examens médicaux et pour l'achat de chaussures orthopédiques et au CH de Toul pour ses consultations. Mme A est fondée à solliciter le remboursement de ces déplacements à hauteur de 1 875 kilomètres. Il y a lieu d'appliquer le barème fiscal applicable à un véhicule d'une puissance de 6 cv, soit 0,568 euros en 2015, 2016, 2017 et 2018, et 0,574 en 2020 et de retenir une indemnité totale de 1 066 euros. Toutefois, si Mme A sollicite le remboursement de ses frais de déplacement pour acquérir un nouveau véhicule à Auxerre, il ne résulte pas de l'instruction que ce déplacement présente un lien avec l'accident médical subi par Mme A. Par ailleurs, les frais exposés pour le déplacement chez le kinésithérapeute ne sont pas établis par la production d'une facture qui ne mentionne pas l'adresse du déplacement et il n'est pas établi que Mme A a exposé un reste à charge pour cette facture. De la même façon, si Mme A produit une facture pour des frais hospitaliers, il n'est pas établi que Mme A a exposé un reste à charge. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser à Mme A la somme totale euros de 3 608 euros au titre des frais divers.

Quant à l'assistance par une tierce personne :

7. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme A a nécessité une assistance à tierce personne, à raison de quatre heures par semaine, du 27 février au 31 mars 2015, deux heures par semaine du 1er au 30 avril 2015 soit 28 heures. Mme A justifie avoir exposé une somme de 205,38 euros auprès de l'association ADMR Toulois Nord pour 20 heures d'assistance ménagère. Sur la base d'un taux horaire de 13 euros sur la période, Mme A a également droit à une indemnisation de 104 euros au titre des 8 heures d'assistance à tierce personne effectués par les aidants familiaux. Dans ces conditions, la somme de 309,38 euros doit être mise à la charge de l'ONIAM au titre de l'assistance par une tierce personne.

Sur les préjudices extra-patrimoniaux :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

8. Il résulte du rapport d'expertise que Mme A justifiait d'un déficit fonctionnel temporaire total du 1er décembre 2014 au 27 février 2015 puis de 50% pour la période du 28 février au 31 mai 2015 et enfin 30% pour la période du 1er juin 2015 au 8 mai 2019. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire total subi, en l'évaluant à la somme de 7 328 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 7 328 euros à Mme A.

En ce qui concerne les préjudices permanents :

Sur les préjudices patrimoniaux :

Quant aux dépenses de santé futures :

9. Mme A sollicite l'indemnisation de ses frais de renouvellement de ses chaussures orthopédiques. Mme A justifiant d'un renouvellement tous les trois ans pour un montant de 18 euros par an à compter de la date du jugement et après application d'un taux de capitalisation de 15,088 compte tenu de l'âge de Mme A en 2023 (74 ans), elle est fondée à demander le remboursement de la somme de 272 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 272 euros à Mme A.

Quant aux frais d'adaptation du logement :

10. Il résulte de l'instruction que Mme A ne pouvait plus prendre de douche dès lors qu'elle ne pouvait plus enjamber sa baignoire. Son état de santé a donc nécessité la pose d'une nouvelle douche. Si Mme A produit une facture pour l'aménagement de sa salle de bains celle-ci concerne la réfection totale de la salle de bains. Compte tenu de la facture produite, Mme A justifie de l'aménagement de sa douche pour un montant de 2 243 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 2 243 euros à Mme A.

Quant aux frais d'adaptation du véhicule :

11. Il résulte de l'instruction que la conduite d'un véhicule par Mme A nécessite une adaptation du véhicule avec une boîte automatique et une inversion de pédales. Mme A produit une facture pour un montant de 583,15 euros dont elle demande le remboursement. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 583,15 euros à Mme A.

Sur les préjudices extra-patrimoniaux :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

12. Il résulte du rapport d'expertise que Mme A présentait un déficit fonctionnel permanent évalué à 30 %. Compte tenu du barème ONIAM et de l'âge de Mme A à la date de la consolidation (70 ans), il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 41 299 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 41 299 euros à Mme A.

Quant au préjudice esthétique :

13. Il résulte de l'instruction que Mme A a également subi un préjudice esthétique temporaire, évalué à 2 sur une échelle de 7 et un préjudice esthétique permanent évalué à 2 sur une échelle de 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 126 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 2 126 euros à Mme A.

Quant aux souffrances endurées :

14. Il résulte de l'instruction que Mme A a enduré des souffrances, évaluées à 4 sur une échelle de 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 7 201 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser la somme de 7 201 euros à Mme A.

Quant au préjudice d'agrément :

15. Il résulte de l'instruction que Mme A justifie sa participation à des concours canins pour lesquels elle doit aujourd'hui concourir dans la catégorie " handicapé ". Toutefois, la requérante ne justifie pas l'exercice d'activités sportives en club. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice d'agrément en lui allouant la somme de 1 000 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser à Mme A la somme de 1 000 euros.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices de Mme A doivent être évalués à la somme totale de 66 102,46 euros. Ainsi, il y a lieu de condamner l'ONIAM à lui verser la somme de 66 102,46 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi.

Sur les frais d'expertise :

17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre définitivement à la charge de l'ONIAM les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 1 100 euros par l'ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Nancy en date du 4 septembre 2020.

Sur les frais de l'instance :

18. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est condamné à verser à Mme A une somme de 66 102,46 euros au titre de la solidarité nationale.

Article 2 : Les frais d'expertise d'un montant de 1 100 euros sont définitivement mis à la charge de l'ONIAM.

Article 3 : L'ONIAM versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

La rapporteure

C. Marini

Le président,

D. Marti

La greffière,

M. E

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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