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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2101333

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2101333

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2101333
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP BENOIT OLSZOWIAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 mai 2021 et le 20 juin 2022, M. B C, représenté par Me Olszowiak, demande au tribunal de :

1°) condamner le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel à lui verser une somme de 160 895,95 euros en réparation de ses préjudices ;

2°) mettre à la charge du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier est engagée dès lors qu'il a contracté une infection nosocomiale à l'occasion de l'intervention chirurgicale du 15 décembre 2015 ;

- le centre hospitalier n'est fondé à solliciter un partage de responsabilité au motif que le chirurgien qui l'a opéré aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité personnelle ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 2 068,25 euros au titre de ses dépenses de santé passées ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 990 euros au titre des frais d'expertise et une somme de 1 910 euros au titre de ses frais de déplacement ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 38 760,70 euros en réparation de ses pertes de gains professionnels actuels ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 30 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 13 289 euros au titre de ses pertes de gains professionnels futurs ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 2 878 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 8 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 21 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 10 000 euros au titre de son préjudice d'agrément ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 30 000 euros au titre de son préjudice sexuel ;

- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de son préjudice esthétique.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Roquelle-Meyer conclut :

1°) à sa mise hors de cause ;

2°) au rejet de la requête au titre des frais irrépétibles et des dépens en ce qu'elle serait dirigée contre lui.

Il soutient que les conditions de mise en œuvre de la solidarité nationale ne sont pas réunies dès lors que le déficit fonctionnel permanent imputable à l'infection nosocomiale n'est que de 12%.

Par un mémoire enregistré le 18 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Marne conclut :

1°) à la condamnation du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel à lui verser une somme de 6 706,53 euros au tire des prestations qu'elle a versées et une somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'ordonnance du 24 janvier 1996 ;

2°) à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le montant des prestations versées en rapport avec les soins liés à l'infection nosocomiale contractée par M. C s'élève à la somme de 6 706,53 euros ;

Par des mémoires en défense enregistrés le 13 septembre 2021 et le 8 juillet 2022, le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, conclut :

1°) à l'évaluation des préjudices subis par M. C à une somme qui ne saurait excéder 3 068,20 euros ;

2°) à la fixation à un montant qui ne saurait excéder 1 200 euros, la somme qui pourrait être mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- les fautes commise par le chirurgien qui a opéré M. C, dans le cadre de son activité libérale, constituent une cause étrangère de nature à fonder une exclusion partielle de responsabilité ;

- la preuve de l'existence des dépenses de santé n'est pas rapportée ;

- M. C ne saurait être indemnisé du montant des frais d'expertise dès lors que ces derniers ont été mis à la charge de l'établissement de santé et que l'allocation provisionnelle a été prise en charge par le Trésor public ;

- la preuve de l'existence des frais de déplacement n'est pas rapportée ;

- le requérant ne justifie pas de l'existence de pertes de gains professionnels actuels ;

- aucune incidence professionnelle en lien avec l'infection nosocomiale ne peut être retenue ;

- l'impossibilité dans laquelle Monsieur C se trouve d'exercer son activité professionnelle précédente résulte de la hernie inguinale, et non de l'infection qui s'est déclarée par la suite ;

- l'indemnité due au titre du déficit fonctionnel temporaire doit être évaluée à 668,20 euros ;

- l'indemnité due au titre des souffrances endurées doit être évaluée à 1 750 euros ;

- aucun déficit fonctionnel permanent, en lien avec l'infection nosocomiale contractée puis totalement guérie, ne saurait donc être retenu ;

- le préjudice d'agrément allégué n'est pas en lien avec l'infection nosocomiale ;

- l'indemnité due au titre du préjudice sexuel doit être évaluée à 400 euros ;

- l'indemnité due au titre du préjudice esthétique permanent doit être évaluée à 250 euros.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55% par une décision du 30 septembre 2019.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,

- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Prioux, représentant le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, qui souffrait d'une hernie inguinale droite depuis le mois d'août 2015, a été pris en charge par un chirurgien du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, dans le cadre de son secteur privé, le 15 décembre 2015, pour la mise en place d'une plaque. Cette intervention s'est compliquée d'un hématome infecté et d'une plaie suintante nécessitant plusieurs hospitalisations et interventions chirurgicales au sein du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, le 22 décembre 2015, puis au sein du centre hospitalier de l'Ouest Vosgien et, enfin au sein de la polyclinique de Gentilly. Les soins de l'intéressé se sont terminés le 7 décembre 2018. M. C a saisi le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel d'une demande préalable tendant à la réparation de ses préjudices, le 10 février 2021 qui est restée sans réponse.

Sur la responsabilité du centre hospitalier :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ".

3. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise établi par le Dr A que M. C a été pris en charge par un chirurgien du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, dans le cadre de son secteur privé, le 15 décembre 2015, pour la mise en place d'une plaque. Le 22 décembre suivant, l'intéressé a dû être hospitalisé en raison de la survenue d'un hématome surinfecté post opératoire. Le germe en cause a été identifié comme étant un staphylocoque auréus multisensible. Aucun foyer infectieux n'étant relevé avant l'intervention et au regard du délai séparant l'infection de la réalisation du geste chirurgical, l'expert conclut que l'infection développée sur la plaie opératoire constitue un aléa thérapeutique constitutif d'une infection nosocomiale à partir d'un geste cutané banal, ce qui n'est pas contesté par les parties. Si le centre hospitalier fait valoir que le praticien hospitalier qui a opéré M. C dans le cadre de son activité libérale a commis une faute d'une part dans le choix de la technique retenue et d'autre part en n'informant pas son patient suffisamment quant aux risques présentés par l'intervention, de telles circonstances, à les supposer établies, ne constituent pas une cause étrangère au sens de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, de nature à exonérer l'établissement de santé de sa responsabilité dès lors qu'elle ne répond pas simultanément aux trois critères d'extériorité, d'imprévisibilité et d'irrésistibilité. Dans ces conditions, la responsabilité du centre hospitalier se trouve engagée à l'égard de M. C à raison de l'intégralité des préjudices résultant directement de l'infection nosocomiale dont il a souffert.

Sur l'engagement de la solidarité nationale :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Et aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. ()". Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM est seul chargé d'indemniser, au titre de la solidarité nationale, les victimes de préjudices résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique.

5. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.

6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise établi par le Dr A que M. C souffre d'un déficit fonctionnel permanent de 12% inférieur au seuil de 25% posé par des dispositions précitées. Par suite, les conditions d'une prise en charge du dommage par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ne sont pas remplies.

Sur la réparation des préjudices de M. C :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

Sur les dépenses de santé :

7. Le requérant sollicite le versement d'une somme de 2 068,25 euros au titre de ses dépenses de santé passées. Pour établir la réalité de ce préjudice, M. C produit la copie de son dossier de surendettement et du tableau répertoriant les dettes qu'il détient notamment à l'encontre de plusieurs établissements de santé. Toutefois, ce document, établi par les seuls soins du requérant, dont la plupart des mentions ne sont ni datées ni corroborées par des pièces justificatives, ne permet ni d'établir que M. C a effectivement procédé au règlement de ces frais ni le lien avec le dommage qu'il a subi. Par suite, les conclusions présentées au titre de ce chef de préjudice doivent être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

8. Si le requérant sollicite le remboursement des frais d'expertise, il résulte de l'instruction que ces frais ont été mis à la charge du centre hospitalier, par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Nancy du 12 novembre 2020.

Sur les frais de déplacement :

9. M. C sollicite le remboursement des frais de déplacement qu'il a exposés pour se rendre à diverses consultations médicales. Pour justifier de la réalité de ses frais, il produit un simple tableau établi par ses soins qui ne précise pas la date des trajets effectués et qui ne permet dès lors pas d'établir le lien avec le dommage subi par le requérant. Par suite, les conclusions présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les pertes de gains professionnels :

10. M. C sollicite le versement d'une somme de 38 760,70 euros au titre de ses pertes de gains entre la date de l'intervention chirurgicale et la date de la consolidation. S'agissant de l'année 2016, il résulte de l'instruction que la plaie du requérant était cicatrisée dès le mois de janvier et il ne résulte ni du rapport d'expertise, ni des autres pièces du dossier que M. C, qui a repris le travail en avril-mai, était dans l'incapacité de travailler en raison des suites de son intervention chirurgicale. S'agissant des années 2017 et 2018, il résulte du rapport d'expertise que M. C s'est présenté en avril 2017 aux urgences, puis à nouveau en mai et en juin. Il a subi une intervention en juillet 2017 pour l'exérèse de son hématome et s'est représenté cinq fois aux urgences jusqu'en février 2018. Ce même mois, son médecin traitant relève une collection sous cutanée et une zone très inflammatoire et douloureuse. La cicatrice présente un écoulement constant jusqu'au retrait de la plaque en novembre 2018 et la cicatrisation et la consolidation sont acquises le 7 décembre 2018. Ces différentes consultations et interventions étaient de nature à empêcher le requérant de travailler.

11. Il résulte de l'instruction que M. C n'a déclaré aucune rémunération salariale au titre des années 2017 et 2018. L'intéressé avait perçu une rémunération salariale de 13 963 euros en 2013, 12 121 euros en 2014, 11 549 euros en 2015 et 6 167 euros en 2016, soit une rémunération annuelle moyenne de 10 950 euros. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par M. C en le fixant à 21 900 euros.

Sur l'incidence professionnelle et les pertes de gains professionnels futurs

12. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. C a repris son travail le 27 juillet 2019 et présente une large aptitude au travail Par conséquent, la perte de gains professionnels futurs alléguée par le requérant, au motif qu'il a repris son travail en intérim, n'est pas établie.

13. D'autre part, il résulte du rapport d'expertise que, si M. C ne peut plus effectuer certains travaux de force mobilisant la paroi abdominale, ces efforts lui auraient en tout état de cause été interdits, mais dans une moindre mesure, en l'absence de faute médicale. L'expert ajoute que l'intéressé présente des troubles urinaires intermittents. Compte tenu du taux d'incapacité de M. C, soit 12% et de son âge au moment de la consolidation, soit 52 ans, il convient d'accorder la somme de 5 000 euros à M. C, au titre de l'incidence professionnelle.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

Sur le déficit fonctionnel temporaire

14. Il résulte de l'instruction que M. C a subi un déficit fonctionnel temporaire de 100 % du 22 décembre au 24 décembre 2015, du 11 juillet au 12 juillet 2017 et du 5 novembre au 7 novembre 2018. L'expert ajoute que l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire de 50% du 25 au 28 décembre 2015, de 15% du 12 avril au 10 juillet 2017, du 13 juillet 2017 au 4 novembre 2018 et du 8 novembre 2018 au 7 décembre 2018. Enfin, M. C a subi un déficit fonctionnel temporaire de 10% du 29 décembre 2015 au 25 janvier 2016. Par suite, sur la base d'un tarif journalier de 14 euros, il sera fait une juste appréciation du préjudice du requérant en le fixant à 1 500 euros.

Sur le déficit fonctionnel permanent :

10.Il résulte de l'instruction que M. C, âgé de cinquante-deux ans est atteint d'un déficit fonctionnel permanent de 12%. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 14 000 euros.

Sur les souffrances endurées :

15. Il résulte du rapport d'expertise que l'expert a évalué les souffrances endurées par le requérant à trois sur une échelle de sept. Il sera dès lors fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 4 000 euros.

Sur le préjudice esthétique :

16. Il résulte du rapport d'expertise que l'expert a évalué de M. C à 0,5 sur une échelle de sept. Il sera aussi fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 500 euros.

Sur le préjudice d'agrément :

17. M. C fait valoir qu'il pratiquait régulièrement le vélo. Néanmoins, en l'absence de justificatif prouvant la pratique régulière de ce sport, l'indemnisation sollicitée au titre du préjudice d'agrément doit être écarté.

Sur le préjudice sexuel :

18. Il résulte du rapport d'expertise que M. C souffre d'un indéniable préjudice sexuel. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 1 000 euros.

Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne :

19. La CPAM de la Haute-Marne justifie des débours d'un montant de 6 706,53 euros exposés pour les soins prodigués à M. C du 22 décembre 2015 au 8 novembre 2018. Il y a par suite lieu de mettre cette somme à la charge du centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

20. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de cette indemnité est de 1 162 euros.

21. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 1 162 euros à verser au profit de la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.

Sur les frais de l'instance :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier le paiement à M. C d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

23. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la CPAM de Haute-Marne doivent être rejetées.

24. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel versera à M. C une somme de 47 900 en réparation de ses préjudices.

Article 2 : Le centre hospitalier de Verdun versera à la CPAM de la Haute-Marne une somme de 6 706,53 euros au titre des débours qu'elle a exposés et une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité de gestion.

Article 3 : Le centre hospitalier de Verdun versera à M. C une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au centre hospitalier de Verdun Saint-Mihiel, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à Me Olszowiak.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Wolff, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

Le rapporteur,

F. Durand

Le président,

D. MartiLa greffière,

M. D

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2101333

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