jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101352 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SOCIÉTÉ D'AVOCATS NORMANDIE JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 11 mai 2021, la société Lopez Bois, représentée par Me Sadot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises grevant le local professionnel situé au lieudit " Les Poncelles " à Vilosnes-Haraumont au titre des années 2019 et 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme qui sera précisée à l'issue de l'instance, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- la valeur locative retenue se retrouve erronée, démesurée au regard et du prix de revient du terrain, et de l'absence d'aménagements effectués ;
- les terrains litigieux ne sont pas bâtis et sont utilisés pour le stockage des grumes de bois ; les dispositions du 5° de l'article 1381 du code général des impôts ne lui sont pas applicables ;
- subsidiairement, il convient de modifier la catégorie d'imposition du bien ; le terrain est comparable à la catégorie " IND 2 ", correspondant aux " Opérations d'extraction pour lesquelles le rôle de l'outillage et de la force motrice est prépondérant " ; il convient de substituer le tarif de 0,5 euros par mètre carré à celui de 11,70 euros retenu par l'administration ;
- plus subsidiairement, le coefficient de neutralisation n'a pas été appliqué ; au lieu de minorer la valeur locative, le coefficient appliqué le majore selon une proportion de 1,61 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Lopez Bois exerce une activité de commerce de gros de bois et de matériaux de construction et entrepose à ce titre des grumes sur des terrains, situés au lieudit " Les Poncelles " à Vilosnes-Haraumont, qui lui servent de dépôt à ciel ouvert. Après le rejet partiel de sa réclamation, la société requérante demande la décharge de la cotisation foncière des entreprises sur ces terrains au titre des années 2019 et 2020.
Sur les conclusions aux finx de décharge :
2. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période ". Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 5° à l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux () ".
3. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l'utilisation par la société Lopez Bois de terrains, même non aménagés et à ciel ouvert, en vue du stockage des grumes les rend passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Contrairement à ce que soutient la société requérante, cette utilisation est de nature industrielle et commerciale et ne saurait être regardée comme une utilisation agricole. Par suite la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a assujetti les terrains litigieux à la cotisation foncière des entreprises.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 310 Q de l'annexe 2 au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : () Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : Catégorie 1 : lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel () Sous-groupe IX : carrières et établissements industriels non évalués selon la méthode comptable : Catégorie 1 : établissements industriels nécessitant un outillage important autres que les carrières et assimilés. Catégorie 2 : carrières et établissements assimilables ".
5. Il résulte de ces dispositions que la classification des locaux professionnels en vue de la détermination de leur valeur locative établit une distinction entre les lieux de dépôts ou de stockage tels que des lieux de dépôts à ciel ouvert et les carrières et établissements assimilables. Dans ces conditions, la société Lopez Bois n'est pas fondée à demander la réduction de la cotisation foncière des entreprises grevant les terrains qu'elle utilise à des fins de stockage de grumes à ciel ouvert par l'application du tarif applicable aux propriétés bâties relevant du sous-groupe carrières et établissements industriels non évalués selon la méthode comptable dès lors que, compte tenu de leur utilisation, les terrains en litige relèvent de la catégorie " lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement catégorie 1 lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel ".
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 1518 A quinquies du code général des impôts : " I. - 1. En vue de l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe d'habitation et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la valeur locative des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498 est corrigée par un coefficient de neutralisation. / Ce coefficient est égal, pour chaque taxe et chaque collectivité territoriale, au rapport entre, d'une part, la somme des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 des propriétés bâties mentionnées au même I de l'article 1498 imposables au titre de cette année dans son ressort territorial, à l'exception de celles mentionnées au 2 du présent I, et, d'autre part, la somme des valeurs locatives révisées de ces mêmes propriétés à la date de référence du 1er janvier 2013 () ".
7. Il résulte du mémoire en défense que l'administration a pratiqué un coefficient de 1,61 dès lors que, s'agissant de la commune de Vilosnes-Haraumont, au 1er janvier 2017, la somme des valeurs locatives était de 161 et la somme des valeurs locatives révisées de 100. La société requérante ne produit aucun élément de nature à remettre en cause le calcul ainsi fait par l'administration. Par suite, la société Lopez Bois n'est pas fondée à demander la réduction de la cotisation foncière des entreprises grevant les terrains qu'elle utilise au motif qu'elle se serait vu appliquer un coefficient de neutralisation erroné.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Lopez Bois est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Lopez Bois et au directeur départemental des finances publiques de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 31 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLe greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°210135
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026