jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101782 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LE BONNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2021 et des mémoires enregistrés le 27 avril 2022 et le 31 janvier 2023, Mme E D, représentée par Me Le Bonnois, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Remiremont à lui verser une somme de 660 612,13 euros à titre principal et de 330 046,58 euros à titre subsidiaire, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'elle a subis, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de la demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise afin d'évaluer l'étendue de ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Remiremont la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Remiremont est engagée en raison d'une prise en charge inadaptée de la fistule anale compliquée d'un abcès péri-anal qu'elle présentait, d'une absence de tout examen ou diagnostic préalables à l'intervention pratiquée et d'un défaut d'information et de consentement en amont de l'opération ;
- elle est fondée à demander la réparation intégrale des préjudices qu'elle a subis.
Par des mémoires en défense enregistrés le 15 mars 2022, le 6 février 2023 et le 16 février 2023, le centre hospitalier de Remiremont, représenté par Me Marrion, demande au tribunal de réduire les prétentions indemnitaires de Mme D et de rejeter le surplus de ses conclusions.
Le centre hospitalier fait valoir qu'il ne conteste pas sa responsabilité au profit de Mme D et que les prétentions indemnitaires de la requérante doivent être ramenées à de plus justes proportions.
La requête a été communiquée, le 21 juin 2021, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique,
- les observations de Me Varrasse, représentant Mme D,
- et les observations de Me Marrion, représentant le centre hospitalier de Remiremont.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 août 2016, Mme D est opérée au centre hospitalier de Remiremont pour une fistule anale compliquée d'un abcès. Le 19 août 2016, compte tenu de douleurs pelviennes et d'incontinence, elle fait de nouveau l'objet d'une intervention chirurgicale pour la prise en charge d'une fistule au niveau de la plaie. Par la suite, deux endoscopies réalisées le 15 septembre 2016 et le 12 janvier 2017, révèlent un defect du sphincter externe et interne. Le 13 septembre 2017, Mme D est de nouveau opérée pour une réparation sphinctérienne, puis à nouveau le 6 octobre 2017 pour une thrombose hémorroïdaire œdémateuse à l'hôpital des Diaconesses à Paris. Elle conserve néanmoins une incontinence aux gaz quasi-incontrôlable et aux matières intermittente qui a provoqué une dépression réactionnelle. Mme D a saisi le 28 juin 2019 la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux qui a fait procéder à une expertise contradictoire par le Pr B, dont le rapport a été déposé le 17 octobre 2019. La commission a émis un avis le 10 septembre 2019 par lequel elle a conclu à la responsabilité du centre hospitalier de Remiremont et à ce qu'il répare l'intégralité des préjudices subis. Le 26 février 2020, la société hospitalière d'assurances mutuelles, assureur du centre hospitalier de Remiremont, a présenté à Mme D une offre d'indemnisation, qu'elle a déclinée. Le 28 avril 2021, Mme D a adressé, par l'intermédiaire de son conseil, une demande d'indemnisation préalable au centre hospitalier de Remiremont qui a été rejetée par la société hospitalière d'assurances mutuelles. Mme D demande au tribunal de condamner le centre hospitalier à l'indemniser des préjudices qu'elle a subis à raison des fautes commises par lui.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Remiremont :
S'agissant de la faute :
2. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. () ". Aux termes de l'article L. 1111-4 du même code : " Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment ". Aux termes de l'article L 1142-1 du même code : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'avant de programmer l'intervention du 13 août 2016, aucun examen préalable de la lésion, tels qu'une échographie, un scanner ou une imagerie par résonance médicale, n'a été réalisé. En outre, lors de cette opération, le chirurgien ayant diagnostiqué l'abcès a indiqué avoir découvert une masse de cinq centimètres, qu'il a estimé être une lésion tumorale et a procédé à son excision élargie avec sacrifice sphinctérien, sans confirmer en amont ce diagnostic, rare chez une patiente de 32 ans. L'examen bactériologique de cette masse concluait d'ailleurs, le 22 août 2016, à un abcès. Enfin, les pièces du dossier ne permettent pas d'établir qu'une information conforme aux dispositions précitées, en particulier sur la possibilité de la présence d'une tumeur et de son excision, a été délivrée à Mme D préalablement à l'intervention chirurgicale. L'ablation des muscles sphincter a en outre été décidée au moment de la réalisation de l'intervention, alors que Mme D était sous anesthésie générale, et n'a donc pu donner son consentement à une telle opération. Dans ces conditions, compte tenu de l'absence de diagnostic préalable, du choix thérapeutique erroné, du défaut d'information et de consentement, le centre hospitalier de Remiremont a commis plusieurs fautes susceptibles d'engager sa responsabilité, ce que ni ce dernier ni son assureur ne contestent d'ailleurs.
S'agissant du lien de causalité :
4. Il résulte de l'instruction que Mme D, qui n'avait pas d'antécédents médicaux et était âgée de 32 ans au moment de l'intervention du 13 août 2016, a connu, à la suite de celle-ci, des douleurs et a souffert d'incontinence anale, sans amélioration malgré les séances de kinésithérapie effectuées. Si la réparation sphinctérienne réalisée le 13 septembre 2017 a limité les douleurs et a réduit l'incontinence, celle-ci reste importante avec une fuite de gaz quasi-incontrôlable et de matières de façon intermittente. Selon le rapport d'expertise du Pr B, le sacrifice sphinctérien, qui n'était pas justifié en l'absence de diagnostic avéré de lésion tumorale, a entraîné, de façon prévisible, l'incontinence anale et une telle atteinte corporelle a également provoqué une dépression réactionnelle. Par suite, la réparation des préjudices en résultant doit être mise à la charge du centre hospitalier de Remiremont.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant des préjudices personnels :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
5. En premier lieu, il résulte du rapport d'expertise que Mme D justifiait d'un déficit fonctionnel temporaire total en lien avec sa période d'hospitalisation du 17 au 23 août 2016, du 12 au 21 septembre 2017 et le 6 octobre 2017, soit pour une durée de 18 jours. Toutefois, compte tenu de la durée prévisible d'arrêt de travail, en moyenne de 2 semaines, et de cicatrisation, généralement de 6 à 8 semaines, à la suite d'une intervention chirurgicale pour une fistule anale compliquée d'un abcès, le déficit fonctionnel temporaire sur cette période ne peut être imputé aux fautes commises.
6. En second lieu, si Mme D soutient qu'elle a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 50% pour la période du 24 août 2016 au 11 septembre 2017 et du 22 septembre 2017 au 31 décembre 2017, elle n'apporte aucun élément de nature à le justifier. Aussi, et conformément au rapport d'expertise du Pr B, le taux de déficit fonctionnel temporaire sera évalué à 30% pour chacune des périodes mentionnées ci-dessus. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
Quant aux souffrances endurées :
7. Il résulte de l'instruction que Mme D a enduré des souffrances, évaluées par le rapport d'expertise du Pr B à 3 sur une échelle de 1 à 7. Compte tenu des trois interventions chirurgicales réalisées et de ses troubles d'incontinence anale, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 4 162 euros.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
8. Mme D soutient que son déficit fonctionnel permanent doit être fixé à 42% se décomposant en un taux de 30% pour l'incontinence anale et de 12% pour les troubles psychiatriques. Elle s'appuie sur les expertises réalisées, à sa demande, par le Dr A, psychiatre, et par le Dr C, chirurgien digestif, et tient compte de l'absence d'amélioration possible de son état de santé. Toutefois, il résulte des termes mêmes du rapport d'expertise, que le Pr B a relevé l'existence d'un symptôme dépressif et la nécessité d'un traitement antidépresseur pour évaluer le taux de déficit fonctionnel permanent à 20%. Á l'inverse, il ne résulte pas de l'instruction que le Pr B ait fixé ce taux au regard de l'éventualité, mentionnée dans le rapport, selon laquelle il était permis d'espérer, compte tenu de l'âge, de la rééducation périnéale et des précautions diététiques, une amélioration de l'incontinence. Compte tenu du barème ONIAM et de l'âge de 33 ans de Mme D à la date de la consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 36 603 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Remiremont à verser la somme de 36 603 euros à Mme D.
Quant au préjudice esthétique :
9. Il résulte de l'instruction que, depuis l'intervention du 13 août 2016, Mme D doit porter quotidiennement des protections hygiéniques compte tenu de son incontinence anale ce qui, outre le risque de souillure, modifie son apparence et contraint nécessairement ses choix vestimentaires. Dans ces conditions, et sans qu'il y ait lieu de distinguer un préjudice temporaire d'un préjudice permanent dès lors qu'ils apparaissent identiques en l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique subi en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
10. Il n'est pas établi que Mme D a subi un préjudice d'agrément dès lors que son état l'aurait empêchée d'exercer une activité de loisir déterminée. Par suite, il n'y a pas lieu de condamner le centre hospitalier de Remiremont à l'indemniser de ce chef de préjudice.
Quant au préjudice sexuel :
11. Il résulte de l'instruction que l'incontinence anale ainsi que l'état dépressif dont souffrent Mme D sont à l'origine d'un préjudice d'ordre sexuel. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à hauteur de 2 000 euros.
Quant au préjudice d'impréparation :
12. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du Pr B, qu'aucune information n'a été délivrée à Mme D sur la nature de l'intervention pratiquée et sur les risques inhérents à cette dernière et que son consentement n'a pas été recueilli, alors qu'elle souffre aujourd'hui d'incontinence. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de la souffrance morale de Mme D attachée à son préjudice d'impréparation en mettant à la charge du centre hospitalier de Remiremont une somme de 4 000 euros.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant aux frais divers :
13. En premier lieu, Mme D justifie avoir exposé 43,15 euros au titre des frais de copie de son dossier médical. Il y a donc lieu de lui accorder cette somme.
14. En second lieu, Mme D demande le remboursement des sommes de 600 euros et de 150 euros qu'elle justifie avoir exposées en règlement des honoraires du Dr A et du Dr C, qui ont réalisé des expertises en date respectivement du 26 juin 2020 et du 5 février 2021. Toutefois, ces rapports n'ont pas été utiles dans la présente instance. Par suite, Mme D n'est pas fondée à en demander le remboursement.
Quant à la perte de revenus :
15. En premier lieu, Mme D demande la condamnation du centre hospitalier de Remiremont à lui verser une somme de 8 485 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels en tenant compte d'une limitation d'activité professionnelle de 25%, correspondant à la différence entre les revenus qu'elle aurait perçus au titre de l'année 2018 si elle avait pu travailler à 100% et les revenus effectivement déclarés au titre de l'année 2016 et de l'année 2015. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier des avis d'imposition fournis, que Mme D, qui n'apporte au demeurant aucun justificatif de son activité, non contestée, de professeure particulière de mathématiques, a déclaré des revenus de 1 583 euros en 2015, date de début de son activité professionnelle, de 4 680 euros en 2016 et en 2017. Les revenus perçus par Mme D avant l'intervention sont donc inférieurs à ceux qu'elle a perçus après celle-ci. Par suite, Mme D n'établit pas avoir subi une perte de revenus durant cette période et n'est pas fondée à demander la réparation de ce poste de préjudice.
16. En second lieu, Mme D soutient qu'elle subit une perte de gains professionnels futurs correspondant à une diminution d'activité de 25% pour les années 2018, 2019 et 2020. Puis, à partir de 2021, elle estime, à titre principal, qu'elle a perdu une chance de 80% de percevoir le Smic jusqu'à l'âge estimé de sa retraite à 64 ans et, à titre subsidiaire, qu'elle devra réduire son activité de 25% jusqu'à l'âge estimé de sa retraite. Elle demande de ce chef le versement d'une somme de 381 807,98 euros, à titre principal et de 51 242,43 euros, à titre subsidiaire. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier des avis d'imposition produits au titre des années 2019, 2020, 2021 et 2022, que les revenus déclarés de Mme D, respectivement de 7 138 euros, de 6 075 euros, de 6 790 euros et de 6 720 euros pour ces années sont supérieurs à ceux qu'elle a déclarés pour les années antérieures : 1 583 euros en 2015, 4 860 en 2016 et 4 860 euros en 2017. En outre, Mme D ne produit aucun autre élément de nature à justifier cette perte de revenus. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la réparation de ce poste de préjudice.
Quant à l'incidence professionnelle :
17. Mme D soutient qu'en raison du dommage subi, elle n'a pu reprendre ses études de mathématiques afin d'évoluer professionnellement dans sa carrière de professeure, qu'elle ne peut travailler selon un rythme horaire classique et que, compte tenu de ses séquelles, elle ne peut enseigner devant une classe. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle dispose des diplômes pour devenir enseignante, ni qu'elle est engagée dans un projet pour le devenir. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de condamner le centre hospitalier de Remiremont à l'indemniser de ce chef de préjudice.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de procéder à une nouvelle expertise, que les préjudices de Mme D doivent être évalués à la somme de 50 808,15 euros. Ainsi, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Remiremont à lui verser la somme 50 808,15 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
19. Mme D a droit aux intérêts au taux légal sur les sommes que le centre hospitalier de Remiremont est condamné à lui verser à compter du 29 avril 2021, date de réception de la demande préalable.
20. Mme D a demandé la capitalisation de ces intérêts dans sa requête introductive d'instance du 18 juin 2021. Á cette date, les intérêts n'étaient pas dus pour au moins une année entière. Il y a lieu par conséquent de faire droit à cette demande à compter du 29 avril 2022 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les dépens :
21. L'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme D présentées à ce titre doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
22. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le centre hospitalier de Remiremont versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Remiremont est condamné à verser à Mme D la somme de 50 808,15 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 29 avril 2021 et capitalisation des intérêts à compter du 29 avril 2022.
Article 2 : Le centre hospitalier de Remiremont versera une somme de 1 500 euros à Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme D est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, au centre hospitalier de Remiremont et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience publique du 12 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 210178
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026