mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2102135 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | THIRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 21 juillet 2021 et les 3 et 14 mars 2022, la société Mutuelle du Mans Assurances (MMA), représentée par Me Thiry, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner solidairement le département de Meurthe-et-Moselle et la société Paris Nord Assurances Services (PNAS) à lui verser la somme de 120 304,04 euros ;
2°) d'attraire à la cause la société Areas Dommages en qualité d'assureur du département de Meurthe-et-Moselle ;
3°) de mettre à la charge solidaire du département de Meurthe-et-Moselle et de la société PNAS les entiers dépens ainsi qu'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du département de Meurthe-et-Moselle est engagée pour défaut d'entretien en raison de l'absence de signalisation de l'accotement dangereux, à l'origine de l'accident dont a été victime le conducteur d'un tracteur appartenant à la société Amédée Fornoni Travaux Ferroviaires, le 6 juin 2019, alors qu'il circulait sur la route départementale 110 entre les communes de Saint-Mard et de Damelevières ;
- aucune imprudence ne peut être reprochée au conducteur de ce véhicule ;
- elle a été contrainte, en qualité d'assureur de la société Amédée Fornoni Travaux Ferroviaires, de rembourser les dégâts causés par le véhicule de cette société aux infrastructures de la société Enedis, à hauteur de 14 287,09 euros, et de prendre en charge le remboursement de la valeur du véhicule accidenté à hauteur de 106 016,95 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 8 février 2022, le 11 février et les 11 et 14 avril 2023, le département de Meurthe-et-Moselle et la société PNAS, représentés par Me Phelip, demandent au tribunal de rejeter la requête de la société MMA, de mettre hors de cause la société PNAS et de mettre à la charge de la société MMA une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la société PNAS n'est qu'un courtier en assurance et ne saurait être tenue, en cette qualité, de garantir le département des condamnations qui seraient éventuellement prononcées à son encontre ;
- la requête est irrecevable faute de liaison du contentieux ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 juin 2019, vers 9h30, le conducteur d'un tracteur appartenant à la société Amédée Fornoni Travaux Ferroviaires et assuré par la société Mutuelle du Mans Assurances (MMA) a été victime d'un accident alors qu'il circulait sur la route départementale 110 entre les communes de Saint-Mard et Damelevières (Meurthe-et-Moselle). Par un courrier du 23 juillet 2019, la société MMA a informé le département de Meurthe-et-Moselle de son " intention " de rechercher la responsabilité de la collectivité à raison de l'absence de signalisation d'un accotement dangereux et lui a demandé de lui transmettre les coordonnées de son assureur. Par des courriers en dates des 2 mars et 10 avril 2020, la société MMA a demandé à la société Paris Nord Assurances Services (PNAS), courtier en assurances du département de Meurthe-et-Moselle, le paiement d'une somme de 121 433,62 euros correspondant à la valeur du véhicule accidenté et de sa remorque et aux frais de remorquage du tracteur. Par la requête susvisée, la société MMA demande au tribunal de condamner solidairement le département de Meurthe-et-Moselle et la société PNAS à lui payer la somme de 120 304,04 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il appartient à l'usager victime d'un dommage survenu sur une voie, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Les accotements des voies publiques ne sont pas normalement destinés à la circulation et l'administration n'est, dès lors, pas tenue de signaler aux usagers les dangers qu'ils courent en les empruntant. Seuls le mauvais état et l'étroitesse de la route ou des circonstances particulières peuvent, à titre exceptionnel, justifier qu'il y soit empiété, avec toutes les précautions utiles.
4. Il résulte de l'instruction que le 6 juin 2019, M. A B, conducteur d'un tracteur et d'une remorque appartenant à la société Amédée Fornoni Travaux Ferroviaires et assuré par la société Mutuelle du Mans Assurances (MMA), s'est déporté sur l'accotement de la route départementale 110 alors qu'il circulait en direction de Damelevières. L'ensemble routier s'est renversé sur le côté droit et a percuté un poteau électrique appartenant à la société Enedis. Selon l'attestation du conducteur du véhicule, ce dernier se serait déporté sur l'accotement de la voie en raison du croisement avec un autre véhicule l'obligeant à serrer sur le bord de la route. La société MMA fait valoir que l'accident est consécutif à l'absence de signalisation du caractère dangereux de cet accotement. Toutefois, aucune pièce du dossier autre que l'attestation peu circonstanciée de M. B ne permet d'établir que le véhicule conduit par ce dernier se serait déporté sur la droite pour croiser un véhicule en sens inverse. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment des photographies produites que la largeur de la chaussée était suffisante pour permettre le croisement de deux véhicules, même de fort gabarit, sans que l'un d'eux soit contraint d'empiéter sur l'accotement, lequel n'est pas normalement destiné à la circulation. Ainsi, en admettant que le tracteur assuré par la société requérante se soit déporté sur la droite pour croiser un véhicule venant en sens inverse et même si aucune signalisation ne mentionnait le caractère dangereux de l'accotement, l'accident dont a été victime le conducteur de ce véhicule a pour seule cause la faute de conduite qu'il a commise et non le défaut d'entretien normal de la voie.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les conclusions tendant à la mise hors de cause de la société PNAS et sur celles tendant à ce que la société Areas Dommages, assureur du département de Meurthe-et-Moselle, soit attrait à la cause, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le département de Meurthe-et-Moselle et par la société PNAS, que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par la société MMA doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département de Meurthe-et-Moselle et de la société PNAS, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la société MMA demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société MMA le versement d'une somme de 750 euros au département de Meurthe-et-Moselle ainsi que d'une somme de 750 euros à la société PNAS.
7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées à ce titre par la société MMA ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société MMA est rejetée.
Article 2 : La société MMA versera une somme de 750 (sept cent cinquante) euros au département de Meurthe-et-Moselle ainsi qu'une somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la société PNAS.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par le département de Meurthe-et-Moselle et la société PNAS au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Mutuelles du Mans Assurances, au département de Meurthe-et-Moselle et à la société Paris Nord Assurances Services.
Copie en sera adressée, pour information, à la société Areas Dommages.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
R. C Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026