lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2102823 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2021, Mme C A conteste la contrainte émise le 12 juillet 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle en vue du recouvrement de la somme de 411,12 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période allant 1er mars 2020 au 31 mai 2020 et demande la remise de sa dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- l'indu qui lui est réclamé résulte d'une erreur commise par la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale.
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été bénéficiaire de la prime d'activité du mois de septembre au mois de novembre 2019 puis du mois de mars au mois de mai 2020. A la suite d'un contrôle de sa situation, ayant conduit à la prise en compte des montants exacts de ses ressources, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle lui a notifié, par une décision du 13 juillet 2020, un indu d'un montant de 507,48 euros correspondant à un trop-perçu de prime d'activité au titre de la période allant du 1er mars 2020 au 31 mai 2020. Compte-tenu des précisions apportées par Mme A, un rappel d'un montant de 96,36 euros a été mis en déduction de sa créance. Mme A a formé un recours auprès de la commission de recours amiable en demandant la remise gracieuse de sa dette qui a été refusée par une décision du 12 janvier 2021. Après avoir mis en demeure l'intéressée de procéder au remboursement de ce montant, la CAF de Meurthe-et-Moselle a émis une contrainte le 12 juillet 2021 en vue du recouvrement de la somme de 411,12 euros. Par sa requête, Mme A forme opposition à cette contrainte et doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder la remise de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article L. 845-3 du même code prévoit que : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. En premier lieu, la circonstance que l'erreur à l'origine de l'indu dont le remboursement est réclamé à Mme A serait exclusivement imputable à la CAF de Meurthe-et-Moselle est sans incidence sur le bien-fondé de cet indu et sur l'obligation de remboursement qui s'impose à l'intéressée. Par suite, en se bornant à soutenir que la CAF de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur ayant entrainé l'indu dont le remboursement lui est réclamé, Mme A ne remet pas utilement en cause le bien-fondé de cet indu.
4. En second lieu, Mme A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. Malgré une demande du tribunal en ce sens, elle ne produit toutefois ni estimation, ni justificatif de ses ressources et de ses charges de nature à établir qu'elle se trouverait dans l'impossibilité de faire face à ce remboursement selon l'échéancier de 49 euros par mois qui lui a été proposé par la CAF de Meurthe-et-Moselle. Dans ces conditions, elle n'établit pas que la contrainte litigieuse devrait être annulée ni qu'une remise de sa dette devrait lui être accordée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
J. B
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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