vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103247 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 8 novembre 2021 et 19 janvier 2024, M. C A B et Mme D F épouse A B, représentés par Me Tassigny, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Nicolas-de-Port à leur verser la somme de 4 595 euros en réparation du préjudice subi du fait de la réalisation de travaux de remplacement inutile d'une conduite d'eau ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nicolas-de-Port la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la commune de Saint-Nicolas-de-Port a commis une faute en leur préconisant le 6 décembre 2018, de faire remplacer leur canalisation d'eau en raison de ce qu'une surconsommation d'eau avait été détectée ;
- les travaux réalisés le 19 décembre 2018 n'ont pas permis de constater de fuite au niveau de la canalisation pas plus que les contrôles effectués le 4 décembre 2019 sur les tuyaux intérieurs au domicile ;
- le coût des travaux de dépose et remplacement de la canalisation d'eau inutilement réalisés s'élève à 2 825,90 euros ; ces travaux ont conduit à une détérioration de la cour récemment rénovée de leur immeuble pour un montant de 6 600 euros ;
- le reste à charge des travaux s'élève à 1 295 euros et le dédommagement dû à la dégradation de leur cour est estimé à 3 300 euros, soit un préjudice total de 4 595 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la commune de Saint-Nicolas-de-Port, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / () ".
2. Aux termes de l'article L. 2224-7 du code général des collectivités territoriales : " I.- Tout service assurant tout ou partie de la production, du transport, du stockage et de la distribution d'eau destinée à la consommation humaine est un service d'eau potable. / () ". Aux termes de l'article L. 2224-11 du même code : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ".
3. D'une part, le service public de distribution de l'eau est en principe, par son objet, un service public industriel et commercial. Il en va ainsi même si, s'agissant de son organisation et de son financement, ce service est géré en régie par une commune, sans disposer d'un budget annexe, et si le prix facturé à l'usager ne couvre que partiellement le coût du service. D'autre part, eu égard aux rapports de droit privé nés du contrat d'abonnement qui lie le service public industriel et commercial de distribution d'eau potable à l'usager, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître des dommages causés à ce dernier à l'occasion de la fourniture de la prestation due par le service.
4. Les époux E soutiennent qu'en l'absence de toute fuite sur les canalisations et la tuyauterie situées en amont du compteur d'eau, le remplacement de la conduite d'eau privative auquel ils ont procédé le 19 décembre 2018 était inutile et a en outre créé des dommages à leur bien. Ils en imputent la responsabilité au service des eaux de la commune de Saint-Nicolas-de-Port qui aurait signalé à tort, à la suite d'une relève du compteur d'eau, une surconsommation d'eau et préconisé en conséquence de tels travaux.
5. Il résulte de l'instruction que la conduite objet de la réclamation des requérants est une canalisation située après compteur qui a pour seule fonction de desservir leur habitation. Les préjudices qui découlent des travaux de remplacement de cette canalisation se rattachent par conséquent à l'exécution du contrat de distribution d'eau potable liant la commune de Saint-Nicolas-de-Port, exploitant en régie un service de distribution d'eau, et les requérants en tant qu'usagers de son service des eaux. Dans ces conditions, l'action engagée relève de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire. La requête de M. et Mme A B doit, par suite, en application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Nicolas-de-Port, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme A B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Nicolas-de-Port présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. et Mme A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Nicolas-de-Port présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, à Mme D F épouse A B et à la commune de Saint-Nicolas-de-Port.
Copie en sera adressée, pour information, à la communauté de communes du Sel et du Vermois.
Fait à Nancy, le 13 décembre 2024.
La magistrate désignée,
G. Grandjean
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026