jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103464 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS AUDIT CONSEIL DEFENSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2021 et un mémoire enregistré le 4 octobre 2023, la société les Constructeurs vosgiens, représentée par Me Cuny, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Pierre-Percée à lui verser la somme de 103 983,06 euros toutes taxes comprises (TTC) correspondant aux travaux supplémentaires réalisés, aux frais liés à l'allongement de la durée du chantier dans le cadre de l'exécution du lot n° 3 " gros œuvre " du marché, assortie des intérêts moratoires ;
2°) de condamner la commune de Pierre-Percée à lui verser la somme de 2 273,31 euros correspondant aux intérêts moratoires dus en raison des retards de paiement des factures émises entre le 26 avril 2017 et le 18 novembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pierre-Percée la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a respecté la procédure prévue par l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicables au marché public de travaux en présentant à la suite de la notification du décompte général le 23 mars 2021, une réclamation le 27 avril 2021, reçue le 29 avril 2021 ; la commune n'apporte pas la preuve de la notification d'un nouveau décompte général le 9 novembre 2021 ; le décompte général produit en défense est relatif au lot n° 1 ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 1 813 euros hors taxes (HT) correspondant au montant des travaux supplémentaires de sécurisation du chantier qu'elle a effectués à la suite de la défaillance de l'entreprise titulaire du lot n° 2 " démolition " ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 5 918,68 euros HT correspondant au montant des mètres supplémentaires de réseaux qu'elle a réalisés ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 26 192,50 euros HT correspondant au montant des travaux supplémentaires de gros œuvre qu'elle a effectués, à savoir les arases en pointe de pignon, les appuis fenêtres, les seuils de porte, les modifications d'ouverture et les acrotères ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 70 058,88 euros HT correspondant au montant des frais liés à l'allongement de la durée du chantier pendant plus de deux ans ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 2 273,31 euros correspondant au montant des intérêts moratoires dus en raison des retards de paiement des factures émises entre le 26 avril 2017 et le 18 novembre 2019 ;
- elle est fondée à réclamer la restitution des pénalités de retard appliquées pour un montant de 12 300 euros dès lors que la commune ne pouvait lui appliquer une retenue provisoire de 11 400 euros pour le mois de juin 2018, qu'aucun retard antérieur à la notification de la fin des travaux de démolition ne peut lui être imputable et que la validation des travaux visés par l'avenant n° 3 est intervenue tardivement en raison de l'inertie de la commune, le 25 juin 2018.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 janvier 2022 et le 11 octobre 2023, la commune de Pierre-Percée, représentée par Me Coulon, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société les constructeurs vosgiens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute de comporter des moyens ;
- la requête est irrecevable dès lors que le décompte général du 9 novembre 2021, notifié à la société requérante, est, faute de mémoire en réclamation présenté en temps utile, réputé accepté et est devenu définitif en application des stipulations combinées des articles 13.4.3, 13.4.5 et 50.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- la requête est irrecevable dès lors que la saisine du juge doit intervenir après la procédure régissant la présentation d'un mémoire en réclamation prévue à l'article 50.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- quand bien même un décompte général a été transmis à la société requérante le 23 mars 2021, la requête sera également rejetée comme irrecevable en raison de sa tardiveté conformément à l'article 50.3 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux.
Les parties ont été informées, le 7 septembre 2023, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par une ordonnance de clôture de l'instruction, sans information préalable, à compter du dernier trimestre 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée le 27 novembre 2023.
Les parties ont été invitées, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des pièces en vue de compléter l'instruction.
Par un mémoire enregistré le 9 avril 2024, la commune de Pierre-Percée a répondu à la mesure supplémentaire d'instruction.
Par un mémoire enregistré le 10 avril 2024, la société les constructeurs vosgiens a répondu à la mesure supplémentaire d'instruction.
L'instruction a été rouverte par une ordonnance du 15 mai 2024.
Des pièces, présentées pour la commune de Pierre-Percée, enregistrées le 15 mai 2024, ont été communiquées.
Des pièces, présentées pour la société les constructeurs vosgiens, enregistrées le 24 mai 2024, ont été communiquées.
Par deux nouveaux mémoires en défense, enregistrés les 13 et 14 juin 2024, la commune de Pierre-Percée, représentée par Me Coulon, maintient ses conclusions tendant au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la société les constructeurs vosgiens une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- la requête est irrecevable dès lors que le décompte général du 9 novembre 2021, notifié à la société requérante, est, faute de preuve de réception d'un mémoire en réclamation en temps utile, réputé accepté et est devenu définitif en application des stipulations combinées des articles 13.4.3, 13.4.5 et 50.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- quand bien même un décompte général a été transmis à la société requérante le 23 mars 2021, la requête sera également rejetée comme irrecevable en raison de sa tardiveté conformément à l'article 50.3 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- la requête est irrecevable dès lors que la saisine du juge doit intervenir après la procédure régissant la présentation d'un mémoire en réclamation prévue à l'article 50.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- concernant les frais de mise en sécurité, le mémoire en réclamation ne comporte pas l'exposé précis et détaillé des chefs de la contestation ;
- la société requérante n'est pas fondée à réclamer le paiement des frais liés à la mise en sécurité du site compte tenu de l'absence d'ordre de service et dès lors que ces travaux de sécurisation sont au nombre des prestations contractuellement prévues ;
- elle n'est pas fondée à réclamer le paiement des mètres linéaires supplémentaires réalisés compte tenu de l'absence d'ordre de service et dans la mesure où ces travaux supplémentaires ne sont pas indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art ;
- elle n'est pas fondée à réclamer le paiement des travaux supplémentaires de gros œuvre compte tenu du caractère forfaitaire du prix du marché et dans la mesure où ces travaux n'ont pas été réalisés à sa demande et ne constituent pas des prestations supplémentaires ;
- elle n'est pas fondée à réclamer le paiement des frais engendrés par le retard du chantier faute de démontrer que cet allongement résulte de sujétions imprévues bouleversant l'économie du contrat ou d'une faute qui lui serait imputable ;
- elle n'est pas fondée à réclamer le paiement d'intérêts moratoires correspondant à des factures, sans établir avoir transmis les factures suivant les modalités formelles prévues par le CCAP et sans démontrer la réalité des retards de paiement ;
- elle n'est pas fondée à réclamer la restitution du montant correspondant aux pénalités de retard appliquées.
Par un mémoire enregistré le 21 juin 2024, la société requérante conclut aux mêmes fins que précédemment.
Elle soutient que :
- l'absence de signature du maire sur le décompte général qui lui a été notifié le 23 mars 2021 ne fait pas obstacle à regarder ce document comme un décompte général ;
- elle avait annexé au courrier du 9 décembre 2021 son mémoire en réclamation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis,
- les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cuny, représentant la société les Constructeurs vosgiens.
La commune de Pierre-Percée n'était ni présente ni représentée.
Une note en délibéré présentée pour la société les Constructeurs vosgiens a été enregistrée le 18 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 janvier 2017, la société les Constructeurs vosgiens (LCV), venant aux droits de la société Brignon BTP, a été désignée par la commune de Pierre-Percée attributaire du lot n° 3 " gros œuvre " du marché public de travaux relatif à la création d'un centre d'accueil et d'un point d'information liés aux activités du lac de Pierre-Percée, ainsi que d'un centre d'hébergement et de remise en forme à Pierre-Percée, et portant aménagement des abords. La réception des travaux a été prononcée, avec réserves, le 5 janvier 2021. Par la présente requête, la société LCV demande au tribunal de condamner la commune de Pierre-Percée à lui verser, d'une part, la somme de 103 983,06 euros TTC correspondant aux travaux supplémentaires réalisés et aux frais liés à l'allongement de la durée du chantier et, d'autre part, la somme de 2 273,31 euros correspondant aux intérêts moratoires dus en raison des retards de paiement de factures émises entre le 26 avril 2017 et le 18 novembre 2019.
2. Aux termes de l'article 13 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) travaux dans sa rédaction applicable au marché en litige et issue de l'arrêté du 8 septembre 2009, tel que modifié par l'arrêté du 3 mars 2014 : " () / 13.3. Demande de paiement finale : / 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. () / Le titulaire est lié par les indications figurant au projet de décompte final. () / 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus. / 13.3.3. Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final. / En cas de rectification du projet de décompte final, le paiement est effectué sur la base provisoire des sommes admises par le maître d'œuvre. () / 13.4. Décompte général. -Solde : / 13.4.1. Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général () / Le maître d'œuvre transmet le projet de décompte général au représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai compatible avec les délais de l'article 13.4.2. / 13.4.2. Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / -trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / -trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire. () / 13.4.3. Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. / Si la signature du décompte général est donnée sans réserve par le titulaire, il devient le décompte général et définitif du marché. La date de sa notification au pouvoir adjudicateur constitue le départ du délai de paiement. / Ce décompte lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. / En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le représentant du pouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à compter de la date de réception de la notification du décompte général assorti des réserves émises par le titulaire ou de la date de réception des motifs pour lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décompte final. Après résolution du désaccord, il procède, le cas échéant, au paiement d'un complément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à compter de la date de la demande présentée par le titulaire. / Ce désaccord est réglé dans les conditions mentionnées à l'article 50 du présent CCAG. / () / 13.4.5. Dans le cas où le titulaire n'a pas renvoyé le décompte général signé au représentant du pouvoir adjudicateur dans le délai de trente jours fixé à l'article 13.4.3, ou encore dans le cas où, l'ayant renvoyé dans ce délai, il n'a pas motivé son refus ou n'a pas exposé en détail les motifs de ses réserves, en précisant le montant de ses réclamations comme indiqué à l'article 50.1.1, le décompte général notifié par le représentant du pouvoir adjudicateur est réputé être accepté par lui ; il devient alors le décompte général et définitif du marché. / () ". L'article 3-2.5 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) commun aux lots du marché déroge à l'article 13.4.4 du CCAG travaux en stipulant : " () Si le RPA n'a pas notifié le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2 du CCAG, par dérogation au 13.4.4 du CCAG, le titulaire met en demeure le RPA d'y procéder avec copie au maître d'œuvre. L'absence de notification au titulaire du décompte général, signé par le RPA dans un délai de 15 jours à compter de la réception de cette mise en demeure, autorise le titulaire à saisir le tribunal administratif. () "
3. De plus, aux termes de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) travaux dans sa rédaction applicable au marché en litige et issue de l'arrêté du 8 septembre 2009, tel que modifié par l'arrêté du 3 mars 2014 : " () / 50.1. Mémoire en réclamation : / 50.1.1. Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. / 50.1.2. Après avis du maître d'œuvre, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire sa décision motivée dans un délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation. / 50.1.3. L'absence de notification d'une décision dans ce délai équivaut à un rejet de la demande du titulaire. / 50.2. Lorsque le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas donné suite ou n'a pas donné une suite favorable à une demande du titulaire, le règlement définitif du différend relève des procédures fixées aux articles 50.3 à 50.6. / 50.3. Procédure contentieuse : / 50.3.1. A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation. / 50.3.2. Pour les réclamations auxquelles a donné lieu le décompte général du marché, le titulaire dispose d'un délai de six mois, à compter de la notification de la décision prise par le représentant du pouvoir adjudicateur en application de l'article 50.1.2, ou de la décision implicite de rejet conformément à l'article 50.1.3, pour porter ses réclamations devant le tribunal administratif compétent. / 50.3.3. Passé ce délai, il est considéré comme ayant accepté cette décision et toute réclamation est irrecevable. / () ".
4. Il résulte de l'instruction que la commune de Pierre-Percée a notifié à la société LCV, le 23 mars 2021, le décompte général du lot n° 3 du marché comprenant en annexe le décompte final, l'état du solde et la récapitulation des acomptes mensuels et du solde. Bien qu'il n'ait pas été signé par ses soins conformément à l'article 13.4.2 du CCAG travaux, ce document présente le caractère d'un décompte. Le 23 avril 2021, la société les Constructeurs vosgiens lui a alors adressé un mémoire en réclamation. Sa demande a été implicitement rejetée par la commune de Pierre-Percée en l'absence de notification d'une décision dans le délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation. Le 9 novembre 2021, la commune de Pierre-Percée a notifié à la société LCV un nouveau décompte général, revêtu cette fois-ci de sa signature, avant l'expiration du délai de six mois mentionné à l'article 50.3.2. du CCAG travaux, soit avant le 24 novembre 2021, étant précisé que le tribunal n'a pas été saisi d'une contestation du premier décompte avant l'expiration de ce délai.
5. Alors que les stipulations de l'article 50.3.1. du CCAG travaux exigent une réclamation antérieure à la date de la saisine du juge, la démarche entreprise le 23 avril 2021 par la société requérante ne pouvait la dispenser de former, après la notification de ce nouveau décompte le 9 novembre 2021, une réclamation avant de saisir le tribunal, qui seule est de nature à faire obstacle à ce que ce décompte devienne définitif, et dans laquelle il lui appartenait de reprendre de manière détaillée, si elle entend les maintenir, celles de ses demandes qui n'auraient pas été acceptées dans ce décompte. Or, la seconde réclamation de la société les Constructeurs vosgiens, à supposer que la commune de Pierre-Percée l'ait reçue le 9 décembre 2021, est intervenue postérieurement à la saisine du tribunal le 26 novembre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la méconnaissance de la procédure prévue à l'article 50 du cahier des clauses administratives générales travaux doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à qu'il soit mis à la charge de la commune de Pierre-Percée, qui n'a pas la qualité de partie perdante, le versement de la somme que la société LCV demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société LCV la somme que la commune de Pierre-Percée demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société les Constructeurs vosgiens est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pierre-Percée tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société les Constructeurs vosgiens et à la commune de Pierre-Percée.
Délibéré après l'audience publique du 17 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye, présidente,
M. Bastian, conseiller,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La rapporteure,
L. Philis
La présidente,
A. Samson-Dye
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026